Les grandes cultures ont du mal à passer au bio - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 10/07/2011 à 01h13 par Kannie.


LES GRANDES CULTURES ONT DU MAL À PASSER AU BIO

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Les grandes cultures ont du mal à passer au bio

 

Si le sud de la France atteint les objectifs du Grenelle de l'environnement, le nord est nettement à la traîne.

Les ministres de l'Agriculture et de l'Écologie, Bruno Le Maire et Nathalie Kosciusko-Morizet, ont visité vendredi une exploitation agricole bio sur les terres de cette dernière, dans l'Essonne. Ils ont ainsi donné un coup de projecteur sur un mode de production qui reste encore modeste en France.

Malgré une dynamique très positive avec un quasi-doublement du nombre d'exploitations (23 000 aujourd'hui contre un peu plus de 13 000 en 2008), l'agriculture biologique ne représente qu'à peine 3 % des terres agricoles. Soit la moitié de l'objectif fixé par le Grenelle de l'environnement pour 2012. En outre, il existe de très fortes disparités suivant les régions. «L'Ile-de-France dépasse à peine le 1 % des surfaces exploitées alors qu'elle concentre le plus grand bassin de consommation, fait remarquer Julien Adda, porte-parole de la Fédération nationale de l'agriculture biologique (Fnab). Tandis que d'autres régions comme Paca, Languedoc-Roussillon ou Rhône-Alpes dépassent les 5 %.»

Principale raison de cet écart important : le type de productions. Le sud de la France concentre beaucoup d'exploitations de fruits et légumes mais aussi d'oeufs. Il est techniquement plus aisé de passer de l'agriculture conventionnelle à un système bio dans ces domaines. En outre, la demande des consommateurs est plus forte pour ces produits bio. Ces trois secteurs représentent à eux seuls le quart du marché bio en France, qui s'est élevé à 3,4 milliards d'euros l'an dernier. Sans oublier le vignoble qui totalise 40 % des conversions bio actuelles, activité poussée par le dynamisme du marché -le vin bio représente plus 10 % du marché.

Hausse des importations de produits bio

Résultat, plus de 10 % des terres agricoles de Paca sont bio, dix fois plus que dans le bassin parisien, la Champagne ou la Picardie. Dans ces terres fertiles aux grandes cultures, les paysans ont du mal à se mettre à l'heure de l'agriculture biologique. Trois freins à cela. Techniquement, «l'ennemi numéro un du céréalier est le désherbage», reconnaît François Prieur, agriculteur bio en limite du bassin beauceron. Économiquement, les cours élevés actuels des céréales n'incitent pas le paysan à changer ses habitudes, d'autant que les rendements sont 30 % inférieurs par rapport à un système utilisant des produits chimiques.

Ainsi, si la carotte ou la courgette bio peuvent être trois fois mieux valorisées, les pertes de rendement pour les grandes cultures ne sont compensées ni par les aides européennes ni par les économies sur les engrais chimiques.

Enfin, le frein psychologique est fort du côté des organisations professionnelles qui peinent à mettre en place une véritable filière bio avec en amont des conseillers techniques auprès des agriculteurs.

Et pourtant, l'enjeu est de taille : «C'est la grande culture qui fera développer le bio demain car c'est là que les besoins sont les plus importants et que l'on peut multiplier par cinq ou six sans problème les surfaces cultivées», résume Dominique Marrion, président de la Fnab.

Alors que l'offre peine à décoller, la demande, elle, s'envole. La part du bio n'atteint certes encore que 2 % des dépenses alimentaires des ménages. Mais le marché a progressé de 32 % en 2 ans et la restauration collective a triplé ses achats bio. Résultat, les importations représentent un peu plus du tiers des produits bio consommés en France.
 

Un article de Eric De La Chesnais, publié par Le Figaro

 

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Auteur : Eric De La Chesnais

Source : www.lefigaro.fr

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