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Cette actualité a été publiée le 27/10/2009 à 18h17 par Tanka.


LES GLACIERS, VECTEURS DE POLLUTION

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Les glaciers, vecteurs de pollution

Information recueillie par Tanka.

La hausse du niveau des océans pourrait ne pas être la seule conséquence fâcheuse provoquée par la fonte des glaciers, elle-même causée par le réchauffement climatique planétaire.

Des recherches menées dans les Alpes suisses montrent que la fonte des glaciers qui s'y trouvent pourrait décharger dans l'atmosphère les polluants s'accumulant dans la glace depuis des décennies.

Il sera alors possible que des substances chimiques interdites depuis des années et qui ne sont plus produites industriellement refassent surface.

Pour en arriver à cette conclusion, des chercheurs de l'École polytechnique fédérale de Zurich ont analysé les couches de sédiments du lac Oberaarsee. Ils ont ainsi pu reconstituer le dépôt de substances organiques difficilement dégradables dans la glace au cours des 60 dernières années.

La notion de polluants historiques

Les chercheurs estiment que l'accélération de la fonte des glaciers entraînera la réapparition de ces substances, que l'on appelle « polluants historiques », dans les régions des Alpes.

La présence de ces polluants est dangereuse, notamment car la neige fond au printemps et l'eau de fonte est utilisée pour la consommation par les citoyens ou les industries. Les animaux domestiques et sauvages pourraient également être affectés par ces substances dangereuses.

Notre étude présente les impacts désastreux sur l'environnement de ces polluants libérés dans des environnements vierges.

Quand les glaciers fondent, les substances chimiques qui ont été entraînées par des courants atmosphériques il y a des années, déposées sur le manteau neigeux et emmagasinées dans la glace, sont emportées dans les eaux de ruissellement vers le lac glaciaire le plus proche. Elles se déposent ensuite au fond du lac avec la matière en suspension de la fonte et s'accumulent dans les sédiments.

Les géologues ont cherché divers polluants, notamment des polluants difficilement dégradables dans l'environnement, des pesticides organochlorés et des parfums synthétiques aux arômes de musc. Ils ont pu lire les couches de sédiments dans le fond du barrage du lac Oberaarsee comme des cernes d'arbres, strate par strate, et remonter jusqu'à 1953, année où le barrage a été édifié.

Ils ont ainsi observé les polluants produits dans les années 1960 et 1970, mais également constaté la réduction de substances chimiques après leur interdiction. Le plus alarmant est que, depuis les années 1990, les quantités de substances chimiques augmentent. Selon les chercheurs, l'une des raisons qui expliquent ce phénomène est que le lac est principalement alimenté par le glacier Oberaar, qui s'est rétracté de plus de 120 m au cours des dix dernières années et qui a ainsi pu libérer des substances toxiques emmagasinées.

Ces échantillons ont ensuite été comparés à ceux de lacs situés plus bas. Les sédiments prélevés dans ces lacs n'indiquaient pas d'augmentation des polluants historiques à la fin des années 1990.

Les résultats confirment l'hypothèse selon laquelle l'augmentation de la quantité de polluants dans le lac Oberaar s'expliquait par la fonte des glaciers.

Les chercheurs estiment que d'autres recherches doivent être réalisées sur l'association de la dynamique des glaciers et du cycle des polluants.

Le détail de ces travaux est publié dans la revue Environmental Science and Technology.