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Cette actualité a été publiée le 12/12/2010 à 18h29 par Tanka.


LES FRUITS OUBLIÉS REMIS AU GOÛT DU JOUR

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Les fruits oubliés remis au goût du jour

Raphaël Colicci, qui possède une collection de 1 080 variétés de fruitiers à Saint-Privat, milite pour sauver ce patrimoine arboricole

Qui se souvient encore du goût de l'amande pistache de Clermont-l'Hérault, de la prune jaune de Pézenas ou de la pêche rouge du Languedoc ? Raphaël Colicci, inlassable militant de la biodiversité et défenseur d'une agriculture locale, a entrepris de sauver de l'oubli ce patrimoine.

L'ex-président de la confiserie de Saint-Jean-de-la-Blaquière cultive une collection de 1 080 variétés de fruitiers sur ses terres ocre de Saint-Privat. Il en présentera quelque 280 échantillons, demain, au conseil général. Le menu servi au restaurant de la collectivité déclinera ces produits à peine récoltés.

Cette initiative, loin d'être anecdotique, permet de faire d'une pierre deux coups. Outre la préservation de la biodiversité, l'objectif principal est de restituer ce patrimoine fruitier régional en zone rurale.

Raphaël Colicci a été le témoin de la disparition progressive de l'agriculture sur les contreforts héraultais. Espèces végétales et savoir-faire compris. Lui n'est pas resté inactif... mais nul n'est prophète en son pays. Cet ancien kiné, adepte de l'unicisme, métamorphose ses terres acides, grâce à la biodynamie, en jardin d'Eden. Sa propriété n'a rien d'un musée, c'est un outil au service du territoire. Journalistes, jeunes agriculteurs, chercheurs, professeurs... défilent dans son petit paradis du Lodévois. « Le but est de créer des emplois en zone rurale.

On a perdu 80 % de la biodiversité fruitière à cause des grands trusts qui produisent les mêmes fruits dans le monde entier. On plante la même chose sur tout le pourtour méditerranéen : c'est un drame ! » Sans parler des méthodes culturales à coup d'engrais et de pesticides... « Il faut nourrir les gens, pas les empoisonner. »

Voilà pourquoi Raphaël Colicci ressort les variétés anciennes de l'oubli. Un travail de longue haleine mené sur internet et sur le terrain. Il interroge inlassablement les vieux paysans et amateurs éclairés qui lui confient des greffons. Il développe aussi une gamme de fruitiers tropicaux qui résiste au gel (-20°). Dattes, mandarines, grenade, feijoa... poussent à volonté sur ce sol pauvre nourri aux déchets organiques. L'intérêt : la diversification mais aussi leurs propriétés.

Ces fruits sont plébiscités par les médecins pour leurs vertus curatives. Il étudie, en partenariat avec la chambre d'agriculture et le conseil général, la possibilité de développer une filière kaki et grenade. « 99 % de la production est importée. »

Loin d'être un doux rêveur, Raphaël Colicci a bien les pieds sur terre pour faire revivre le terroir.

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Auteur : Cathy SOUN

Source : www.midilibre.com