Les fonds spéculatifs s'attaquent à l'agriculture - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 29/06/2009 à 11h59 par Alain Desilets.


LES FONDS SPÉCULATIFS S'ATTAQUENT À L'AGRICULTURE

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Les fonds spéculatifs s'attaquent à l'agriculture

Les fonds spéculatifs commencent à s'intéresser au foncier. Du Brésil à l'Indonésie, de Madagascar à l'Ukraine, ils accaparent des millions d'hectares, aux côtés de multinationales ou d'États fortunés en manque de terrains à cultiver. La course à l'accaparement des terres semble lancée. Les petits paysans expropriés et les communautés autochtones réprimées sont les premiers à en subir les conséquences. Et demain ?

Par Nadia Djabali, BastaMag, 13 mars 2009

Un nouveau problème alarme les organisations paysannes et non gouvernementales : la course à l'acquisition de vastes surfaces de terres cultivables lancée par des États, des multinationales et, depuis quelques mois, des fonds spéculatifs. L'ONG Grain (pour Genetic Resources Action International), basée à Barcelone, a ainsi mis en place une veille mondiale quotidienne et un blog recensant les articles de presse publiés sur ce sujet.

Rentabilité de 400%

Des millions d'hectares sont actuellement achetés ou loués dans les pays pauvres par des gouvernements, des multinationales et des investisseurs privés. Conséquence de ce vaste mouvement : les terres fertiles sont privatisées et concentrées au main d'un seul propriétaire, avec à la clé l'expulsion des petits exploitants agricoles et la disparition de leurs moyens de subsistance. L'heure est grave, surtout lorsque l'on sait qu'au niveau mondial, la faim est la principale cause de mortalité et qu'elle est liée principalement aux difficultés d'accès à la terre. Mi-septembre 2008, le directeur général de la FAO, le Sénégalais Jacques Diouf a annoncé que 920 millions de personnes souffraient de la faim contre 850 millions avant la flambée des prix. 70% sont des paysans. Dans le même temps, l'aide alimentaire internationale est tombée en 2008 à son niveau le plus bas depuis 40 ans.

Gouvernements, grandes entreprises et fonds spéculatifs n'ont pas les mêmes objectifs. Les premiers - Chine, Corée du Sud, Japon, Inde, Arabie Saoudite, Émirats Arabes Unis, pour les principaux - souhaitent assurer une sécurité alimentaire pour leur population en se lançant dans la production céréalière et de viande plutôt que de recourir aux importations dépendantes des fluctuations des cours mondiaux. Les multinationales et les fonds spéculatifs, crise financière aidant, ont déserté les marchés dérivés pour se tourner vers ce nouvel eldorado. « Dans de nombreux endroits du monde, les prix alimentaires sont élevés et les prix des terres faibles, explique l'ONG Grain. On peut donc clairement gagner de l'argent en prenant le contrôle des meilleurs sols, proches des ressources en eaux. » L'horizon de placement est de 10 ans en moyenne avec bien sûr l'obligation d'exploiter les terres et de construire les silos et les routes nécessaires à l'exportation des récoltes. Les retours sur investissements sont évalués entre 10 et 40 % par an pour les fermes situées en Europe et peuvent atteindre 400 % en Afrique. Ce sont les gouvernements qui, dans un premier temps, négocient les accords de « coopération agricole » avec les pays pourvoyeurs de terres. C'est le secteur privé qui sera chargé de leur mise en oeuvre.

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Zoom

« La terre est devenue une ressource rare. Le changement climatique entraîne une désertification à un rythme accéléré. Des centaines de milliers d'hectares de terres arables vont disparaître dans les prochaines années, expliquait au quotidien en ligne Mediapart, Olivier de Schutter, rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l'alimentation. D'autre part, la terre cultivée est épuisée, conséquence d'une agriculture intensive et d'un recours systématique aux engrais chimiques. Parallèlement, la demande de matières premières agricoles progresse, en raison de l'accroissement de la population mondiale, mais aussi de la modification des habitudes alimentaires. » Ce qui est rare étant cher, cela se traduit pour les prévisionnistes des marchés par une augmentation des prix des denrées, par un fructueux placement et par une pression accentuée pour obtenir plus de terres agricoles.

Article communiqué par BastaMag

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