Les espèces invasives - #WikiSurTerre

Retour : Accueil

Cette actualité a été publiée le 30/09/2009 à 16h44 par Tanka.


LES ESPÈCES INVASIVES

  • Google+
  • FaceBook
  • Twitter
  • LinkedIn
Les espèces invasives

Information recueillie par Tanka.

Les transferts d'espèces d'une région du monde à une autre peuvent être bénéfiques, y compris pour les communautés humaines. Il suffit de voir la provenance des plantes et des animaux qui nous apportent nourriture et compagnie... Mais il y a un revers à cette médaille : les invasions biologiques d'espèces dites non indigènes ou exogènes sont désormais considérées comme une des plus grandes menaces pour la santé écologique et économique de la planète.

Dans un grand nombre d'écosystèmes terrestres et aquatiques, en effet, l'introduction fortuite ou intentionnelle d'espèces non indigènes a perturbé les interactions entre les communautés biologiques locales, provoquant des changements considérables et souvent imprévus dans l'écosystème d'accueil ainsi que d'importantes pertes financières et culturelles. Les espèces exogènes peuvent être les vecteurs de nouvelles maladies, modifier la biodiversité et les paysages culturels, réduire la valeur que possèdent la terre et l'eau dans les activités humaines, entre autres conséquences socio-économiques.

Invasions et introductions

Les espèces invasives se présentent sous toutes sortes de formes et de tailles. On les retrouve dans les groupes taxonomiques importants comme les virus, les champignons, les algues, les mousses, les fougères, les plantes supérieures, les insectes et autres invertébrés, les poissons, les amphibiens, les reptiles, les oiseaux et les mammifères.

Parfois, des espèces exogènes ont été intentionnellement importées, comme c'est le cas pour la vigne kudzu, introduite pour combattre l'érosion des sols aux États-Unis, ou pour le poisson gibier destiné à la pêche sportive. De nombreuses espèces, importées uniquement pour l'agriculture, l'horticulture ou les aquariums, se sont par la suite déplacées vers des « paysages naturels » et ont parfois eu un impact écologique et économique important. Certaines cultures et certains arbres se sont échappés des plantations et sont devenus nuisibles ; les plantes exotiques ornementales utilisées dans l'aménagement paysager se disséminent souvent dans les friches environnantes ; et certaines espèces aquatiques apparaissent lorsqu'on se débarrasse dans les cours d'eau de poissons d'aquarium ou de poissons appâts.

En 1859, ce sont 12 couples de lapins qui ont été introduits pour la chasse en Australie. En dix ans, ils se sont multipliés à une telle vitesse qu'abattre ou capturer deux millions d'entre eux chaque année n'avait aucun effet visible sur leur population. Il s'est agi, pour les mammifères, de la propagation la plus rapide que l'on ait vue dans le monde. Les conséquences ont été désastreuses. On soupçonne même le lapin d'être le facteur principal de l'extinction ou de la baisse importante des populations animales indigènes en Australie (depuis l'arrivée des Européens au XVIIIe siècle, un huitième des espèces mammifères ont disparu). Cependant, depuis le milieu des années 90, la population, touchée par la maladie hémorragique du lapin, a connu une forte baisse dans de nombreuses régions du pays.

On recense de nombreuses autres invasions accidentelles et imprévues. Un exemple frappant, cité par l'Évaluation des écosystèmes pour le millénaire des Nations unies, a pour décor la mer des Antilles : une tempête de poussière venue du Sahara a en effet traversé l'Atlantique en charriant avec elle de nouvelles bactéries pathogènes qui ont été en partie responsables des maladies qui ont touché les récifs de corail ces vingt dernières années. Le développement des échanges commerciaux à l'échelle planétaire est également considéré comme une cause indirecte de l'accroissement des invasions biologiques.

Toutes les nouvelles espèces ne sont pas capables de s'intégrer dans leur environnement d'accueil. Il faut pour cela qu'elles possèdent certains avantages sur les espèces indigènes, avantages souvent accrus lorsqu'elles s'installent dans des niches écologiques. Elles prospèrent alors sans difficulté car, contrairement aux espèces indigènes, elles sont hors de leur environnement naturel et leur croissance n'est entravée par aucun prédateur, parasite, maladie ou rival.

Sensibilité à l'envahisseur

Tous les types d'écosystèmes ne semblent pas réagir de la même façon face à une invasion biologique. D'après le Global Biodiversity Assessment (page 449) , les îles ainsi que les écosystèmes possédant peu d'espèces constitutives comme les forêts boréales seraient plus sensibles aux invasions que les biomes riches en espèces tels que les forêts tropicales. Toutefois, certains écologistes rappellent qu'il existe des écosystèmes extrêmement diversifiés qui subissent malgré tout une forte invasion. Selon eux, ce sont au contraire les écosystèmes possédant de nombreuses espèces diverses qui sont les plus vulnérables aux invasions.

Pour lire la suite de cet article, cliquer sur "Lien utile"