Les « esclaves » des plantations d'huile de palme du Cameroun - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 14/12/2010 à 14h59 par Fred.

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Les « esclaves » des plantations d'huile de palme du Cameroun


Quatre ONG, Sherpa, l'association caritative de l'église catholique allemande Misereor, le Centre pour l'environnement et le développement (CED, Cameroun) et la Fondation camerounaise d'actions rationalisées et de formation sur l'environnement (Focarpe) ont publié mardi un rapport alarmant sur la gestion de la Socapalm, une société camerounaise de production d'huile de palme, privatisée il y a dix ans.

Dans la plainte déposée le même jour auprès de l'OCDE, ces associations accusent les repreneurs de la structure dont le groupe Bolloré fait partie, de ne pas respecter le droit du travail et la protection de l'environnement.

Lors d'une rencontre avec la presse à Paris, mardi, les auteurs de la plainte ont expliqué leur démarche.

(...)

Privatisée au début des années 2000 sous l'impulsion du FMI et de la Banque mondiale qui avaient imposé au Cameroun un difficile programme d'ajustement structurel, cette société qui produit de l'huile de palme devait, via une gestion plus saine, améliorer le sort de ses employés et des populations riveraines des plantations.

Des missions auxquelles les repreneurs de l'entreprise publique ont échoué de façon cuisante, selon les associations.

« Aucun engagement n'a été respecté. De sorte que la cohabitation entre la Socapalm et les populations vivant à la périphérie des plantations est devenue très tendue », déclare d'emblée Samuel Nguiffo.

Au moment de la création des plantations gérées par la Socapalm, l'Etat camerounais avait concédé de petites parcelles de terres aux populations, pour qu'elles puissent créer leurs propres palmeraies.

Il leur apportait un appui technique, sous formes d'intrants comme les engrais et les outils de travail.

La Socapalm achetait ensuite leur production, ce qui leur assurait un revenu.

Les repreneurs de la société ont été chargés de poursuivre cette collaboration, ce qu'ils n'ont pas fait dans le meilleur intérêt des petits producteurs, qui ont vu leurs revenus baisser.

Plus grave, ils auraient, par l'entremise de leurs agents de sécurité de la société Africa security du français Patrick Turpin, commis des exactions à l'encontre des petits exploitants de palmeraies.

(...)

Tentative d'expropriation

L'entreprise privée Socapalm irait plus loin dans le mépris des populations des abords de ses plantations.

Elle tenterait de les faire déguerpir, en évoquant des clauses de la convention de cession de la société qu'elles ignorent.

(...) A l'en croire, à part ces exactions, les populations voisines de la Socapalm n'ont en rien bénéficié des retombées de la privatisation. Pas d'électrification. Pas d'aménagement des routes.

« La Socapalm utilise même les routes aménagées par les communautés sans rien payer en retour », déplore-t-il.

La question de l'eau se pose encore avec plus d'acuité. Aucune adduction d'eau potable n'a été réalisée.

(...) De leur côté, ceux qui trouvent du travail travaillent dans des conditions proches de l'esclavage.

« Pour se rendre dans les plantations, ils sont parqués dans des camions comme du bétail. Ils vivent dans des camps de fortune, à la limite du supportable.

Les toilettes, par exemple, sont de simples trous creusés dans le sol qu'on referme une fois que c'est plein.

La Socapalm s'active à contourner la législation sur le travail. Pour ce faire, elle utilise tous azimuts la sous-traitance.

Les sous-traitants ne respectent pas le code du travail vis-à-vis de leurs employés. Et la Socapalm se dédouane en disant qu'elle n'est pas responsable de ses sous-traitants », indique Ndoumbé Nkotto.

(...)

La Socapalm en chiffres

Surface concédée : 78 529 hectares

Surface exploitée : 29 998 hectares

Production : 132 tonnes/heure

Importance : 42% du marché de l'huile brute

Salariés : 1314

Ouvriers des compagnies sous-traitantes : 2500 à 3000

Populations dépendantes de l'entreprise : 30 000

Pour Me Bourdin, le groupe Bolloré, qui participe au capital de la société, trahit ses engagements internationaux.

(...)

La médiation de l'OCDE sollicitée

Il ne reste donc que la pression médiatique et la tentative de dialogue.

C'est le but visé par les quatre ONG, qui ont déposé une plainte intitulée « circonstance spécifique » auprès de points de contacts nationaux de l'OCDE en France, en Belgique et au Luxembourg.

(...)

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Auteur : afrik.com

Source : www.cameroononline.org

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