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Les dangers des résidus de médicaments dans l'eau restent encore mal connus - Demain l'Homme

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Cette actualité a été publiée le 25/02/2010 à 12h35 par Tanka.

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Les dangers des résidus de médicaments dans l'eau restent encore mal connus

"Il faudrait boire un milliard de litres d'eau du Rhin pour absorber l'équivalent d'un comprimé d'aspirine." De la Seine, de la Tamise ou de n'importe quel fleuve. L'équation a été posée lors du symposium international sur "les perturbateurs endocriniens et les résidus de substances pharmaceutiques dans les milieux aquatiques", organisé, mi-février, à Berlin, par le Centre de compétence sur l'eau de la ville. Le propos se veut rassurant. Il ne reflète que partiellement la réalité.

Les milieux aquatiques sont souillés par de multiples micropolluants que les stations d'épuration classiques, conçues pour traiter les matières carbonées, azotées et phosphorées, n'éliminent qu'imparfaitement. On y trouve, notamment, des perturbateurs endocriniens, comme des détergents, des pesticides, des hormones naturelles... On y trouve, aussi, des médicaments rejetés par les industries pharmaceutiques, les élevages industriels, les hôpitaux... Ces déchets ne sont, en général, présents qu'à l'état de traces, en concentration de l'ordre du microgramme ou du nanogramme par litre. Très inférieure, donc, aux dosages des prescriptions médicales. Mais les effets de faibles doses absorbées sur une longue période sont inconnus. Tout aussi inconnues sont les interactions d'une combinaison de molécules associant, pêle-mêle, antidépresseurs, anticancéreux, anti-inflammatoires, analgésiques ou hormones.

"L'évaluation du risque est très difficile. Il faut prendre en compte la persistance dans l'eau de chaque molécule, sa bioaccumulation et sa toxicité", souligne Claude Casellas, de l'université Montpellier-1. Exemple de cette complexité : la carbamazépine, médicament prescrit contre l'épilepsie, se retrouve, à la sortie des stations d'épuration, à des teneurs plus élevées que celle de la molécule initiale.

Pour la plupart des experts réunis à Berlin, "la consommation de l'eau du robinet présente un risque sanitaire négligeable". Les traitements de potabilisation actuels laissent pourtant de côté les résidus pharmaceutiques et les perturbateurs endocriniens (à l'exception des pesticides). Mais ceux-ci, avant d'arriver dans les réseaux d'eau potable, sont filtrés par le milieu naturel et dilués dans les nappes phréatiques, et ne subsistent donc qu'en quantités infimes.

Toutefois, des études font suspecter un lien de cause à effet entre certains perturbateurs endocriniens et une baisse de la fertilité masculine. "Même s'il n'y a pas de risque à boire l'eau du robinet, des mesures de prévention s'imposent, d'autant que la consommation de médicaments va augmenter avec le vieillissement de la population", insiste Martin Jekel, professeur à l'Université technique de Berlin.

Le problème est davantage économique que technique. Les stations d'épuration actuelles associent décantation et traitement biologique par boues activées. Des procédés plus sophistiqués existent : filtration par des membranes ultrafines, adsorption sur charbon actif... Les tests montrent qu'ils réduisent de façon significative les microcontaminations.

Mais ces systèmes, dont quelques dizaines sont expérimentés en Europe, sont coûteux. Ils peuvent doubler le prix d'un réseau d'épuration. D'où l'accent mis par les experts sur la prévention des pollutions à la source, à la sortie des industries ou des hôpitaux. Et sur la sensibilisation du public, encore trop enclin à se débarrasser des médicaments périmés dans les toilettes.

Par Pierre Le Hir - Source : lemonde.fr

Information recueillie par Tanka

 

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Commentaires des internautes

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Commentaire laissé par Lo le 25/02/2010 à 14h01

En Bretagne, l'eau du robinet est fortement déconseillée à la consommation à cause de son taux de nitrates... quand, à Paris, on dit que "le château Lapompe a déjà été bu dix fois"!

L'eau du robinet nous est présentée comme plus écologique parce qu'elle ne crée pas de déchets d'emballage à l'inverse de l'eau en bouteille (recyclables quand même, plastique ou verre). Elle a en outre l'avantage d'être une eau vivante, courante, ce qui est une qualité importante.

Mais dans cette eau du robinet parée de toutes les vertus économicologiques par les agences gouvernementales, il n'en demeure pas moins des traces d'une armada de polluants chimiques et hormonaux, à des doses infinitésimales certes, mais se combinant et parfois s'accumulant dans notre organisme. Et au vu de la pollution des rivières et nappes phréatiques, la qualité sanitaire de l'eau du robinet ne risque pas de s'améliorer. Le réseau de distribution est aussi encore en grande partie constitué de tuyaux en plomb...

Les analyses sont très variables d'un endroit à l'autre -même à Paris intra muros, l'approvisionnement est différent selon les secteurs. L'eau du robinet contient cependant presque toujours une bonne dose de chlore contre les bactéries. Le chlore est volatile: si l'on verse l'eau du robinet dans des carafes ouvertes, il s'évapore en quelques heures: bon à savoir pour l'arrosage des plantes et l'eau de boisson, de préparation de café, thé, soupe, etc.

De nombreux systèmes de filtration de l'eau du robinet existent aujourd'hui, de la simple carafe filtrante au système perfectionné d'osmose inverse, en passant par des filtreurs à bricoler soi-même avec du sable et du charbon comme le font les ONG en Afrique pour aider les familles à assainir leur eau de boisson.

Purifier l'eau du robinet apparaît aujourd'hui comme une mesure élémentaire de prudence, même si les autorités affirment que les risques sanitaires sont négligeables. Elles ne vont certainement pas désavouer l'eau qu'elles nous vendent!