Les cultures OGM et non-OGM peuvent-elles coexister ? - #WikiSurTerre

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Cette actualité a été publiée le 14/10/2009 à 15h45 par Tanka.


LES CULTURES OGM ET NON-OGM PEUVENT-ELLES COEXISTER ?

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Les cultures OGM et non-OGM peuvent-elles coexister ?

Information recueillie par Tanka.

Serons-nous en mesure d'assurer la coexistence entre productions OGM et non OGM ? Sur cette question cruciale, Yves Bertheau, directeur de recherche à l'Inra, fournit des éléments de réponses.

Débat en ligne du lundi 12 octobre avec YVES BERTHEAU, directeur de recherche à l'Inra, membre du comité scientifique du Haut conseil des biotechnologies et du comité de pilotage du réseau ENGL

QUESTION DE Samourai32 - Les OGM se résument-ils au Maïs et au Soja dont on entend couramment parler ? Le nombre d'espèces concernées est-il aujourd'hui très limité ou bien s'étend-il à toutes les plantes que nous consommons ?

RÉPONSE DE YVES BERTHEAU : On entend en effet surtout parler du maïs et du soja dont l'Union Européenne est grosse importatrice ; en particulier pour l'alimentation animale. Mais le colza est aussi un élément majeur des échanges commerciaux internationaux. Virtuellement, toutes les plantes sont susceptibles d'être génétiquement modifiées. Ce qui prévaut pour un fabricant d'OGM est l'importance économique de la culture. Les plus importantes actuellement, hormis celles déjà citées, sont le coton, le riz et la betterave à sucre. Le blé, déjà prêt à la commercialisation, fait l'objet d'une forte opposition des exportateurs Américains et Canadiens qui craignent de perdre des marchés à l'export. Aubergines, papayes, arbres, etc.. sont déjà soit cultivés, soit prêts à l'être.

QUESTION DE Septik - La question de la coexistence est directement liée à la contamination en champs des cultures non-OGM par les cultures OGM. Mais cette soi-disant contamination a t-elle été prouvée ? Certains se bornant a empêcher de manière brutale les essais en plein champ, qu'en savons nous finalement ?

RÉPONSE DE YVES BERTHEAU La coexistence ne se résume pas aux OGM présents de manière inattendue dans un champ mais à la coexistence des filières donc de la semence aux produits dans les rayonnages. Les premières contaminations en champ ont été observées en 2000 en France avec la destruction de centaines d'hectares de soja et de colza. Le maïs contaminé étant redirigé vers l'alimentation animale. Depuis, de nombreux OGM non autorisés ont été retrouvés soit dans les importations de maïs, soja etc... soit dans les semences. En ce qui concerne la coexistence au champ, donc avec des OGM autorisés à la culture dans l'UE, elle dépend avant tout de la biologie de la plante. Le soja qui s'autoféconde majoritairement est peu sensible aux contaminations par le pollen de champs extérieurs. Le maïs, au contraire, et encore plus le colza, sont des plantes fécondées par du pollen d'autres plantes et sont donc plus sensibles à l'environnement OGM ou non. D'une manière générale, la fécondation d'un champ à un autre est un phénomène naturel qui est pris en compte actuellement pour certaines productions comme les semences, le maïs WAXY destiné à la production d'amidon, etc.., c'est à dire des filières de productions spécialisées. Elle n'acquiert un impact particulier qu'en raison de l'impact médiatique des OGM.

QUESTION DE Def - Qu'appelle-t-on coexistence, exactement ?

RÉPONSE DE YVES BERTHEAU Au sens de la Commission Européenne, la coexistence s'entend comme la capacité laissée à chaque producteur, agriculteur,de choisir son type de production : conventionnel, OGM ou "bio". A partir de cette définition, les pouvoirs publics se sont préoccupés de la coexistence entre filières, donc de la semence jusqu'aux produits dans les rayonnages, de façon à permettre aux consommateurs d'exercer leur liberté de choix comme le prévoit, de facto, initialement l'étiquetage ("contient du maïs génétiquement modifié") En effet, cette liberté de choix ne peut s'exercer que si il existe des produits étiquetés ou non étiquetés. Le seuil de dispense d'étiquetage, uniquement en cas de "présence fortuite ou techniquement inévitable" est de 0,9% par ingrédient. Les laboratoires de contrôle appliquent cette règle en déterminant la quantité relative OGM/non OGM par espèce végétale à partir de l'ADN : maïs... On ne peut, en effet, pas distinguer l'amidon issu d'OGM de l'amidon issu de non OGM, de même pour les huiles etc..

QUESTION DE CarolineD - Y a t-il une vrai traçabilité des OGM à l'heure actuelle ? En d'autres termes, savons-nous vraiment ce que contiennent nos aliments ?

RÉPONSE DE YVES BERTHEAU Oui, il y a une traçabilité obligatoire d'une manière générale dans l'UE (règlement 178/02) qui est renforcée dans le cadre des OGM (exemple règlement 1830/03). La première traçabilité est documentaire avec conservation durant 5 ans de l'ensemble des documents permettant de retracer l'origine et le devenir d'un produit. La deuxième "traçabilité" est analytique avec premièrement un autocontrôle des entreprises, suivi de vérifications par les services de l'Etat.

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