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Cette actualité a été publiée le 11/06/2010 à 21h01 par Tanka.


LES COURANTS DE L'ATLANTIQUE PRÉCIPITENT LA FONTE DES GLACIERS ALPINS

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Les courants de l'Atlantique précipitent la fonte des glaciers alpins

Les glaciers alpins, qui se réduisent déjà inexorablement sous l'effet du réchauffement climatique, voient leur fonte accélérée par des variations de courants marins dans l'Atlantique, selon une étude de chercheurs suisses.

En compilant quelque 10.000 données enregistrées pendant plus de cent ans sur une trentaine de glaciers suisses, ainsi que des photos et des relevés topographiques, des chercheurs de l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich (ETH) ont constaté que des courants dans l'Atlantique Nord -- l'AMO, oscillation multidécennale de l'Atlantique -- contribuaient à la fonte des glaciers.

L'AMO est une variation cyclique à grande échelle du courant atmosphérique et océanique dans l'Atlantique Nord qui augmente et baisse alternativement la température de surface de l'océan.

"Les glaciers ne réagissent pas seulement au réchauffement climatique mondial (provoqué par l'augmentation des gaz à effet de serre), mais aussi à des variations naturelles des températures" dans l'Atlantique, a expliqué à l'AFP le professeur Martin Funk, qui a dirigé cette étude.

"La moitié des variations de la taille des glaciers est due au réchauffement climatique et l'autre moitié provient des courants dans l'Atlantique", précise M. Funk, chef du service de glaciologie de l'institut zurichois.

Les chercheurs de l'ETH ne veulent pas pour autant minimiser le rôle de l'homme dans ce phénomène. L'impact du réchauffement climatique est "indéniable" selon M. Funk.

L'auteur principal de l'étude, Matthias Huss, est peu optimiste sur l'avenir des glaciers, voués à une lente mais certaine disparition: "le recul des glaciers est inexorable et régulier depuis 1850 en raison de l'activité humaine".

"Mais les courants marins viennent renforcer cette tendance. Ce phénomène est actuellement à son maximum", précipitant les quelque 1.500 glaciers suisses vers la disparition, souligne-t-il.

Comme le phénomène de l'AMO est cyclique, il devrait s'atténuer dans les années qui viennent, ralentissant d'autant la fonte des glaciers.

Mais ce ralentissement ne devrait pas pour autant sauver les glaciers, nuance M. Huss.

"La réaction des glaciers de montagne au changement climatique est déterminant pour l'estimation de la montée des niveaux des océans, la gestion des ressources d'eau potable et l'anticipation de catastrophes naturelles engendrées par le recul des glaciers", prévient-il dans l'étude.

"C'est très mal parti pour les glaciers alpins, surtout avec les prévisions d'une hausse des températures entre 2 et 6 degrés celsius durant le 21e siècle", soupire M. Huss.

Selon ses estimations, la majorité des petits glaciers suisses aura disparu dans 40 ans, mais "les plus grands devraient tenir jusqu'en 2100". Les glaciers remplissant notamment un rôle de réservoir d'eau potable, leur disparition risque de provoquer des phénomènes de sécheresse dans les vallées.

"Les glaciers suisses perdent 1 km3 de glace par an et il reste environ 60 km3. Faites le calcul", lance le professeur Funk.

Selon les deux chercheurs helvétiques, leurs estimations concernent surtout les glaciers alpins et ne peuvent que difficilement se transposer à d'autres glaciers dans le monde.

Un rapport de l'ONU a averti que la plupart des montagnes du monde entier risquaient de perdre leurs glaciers d'ici la fin du siècle si le réchauffement climatique se poursuit au train actuel.

Pour en savoir plus sur la situation planétaire

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Source : www.rtlinfo.be