Les changements climatiques vont-ils faire reverdir le Sahara ? - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 16/09/2009 à 13h58 par Jacques.


LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES VONT-ILS FAIRE REVERDIR LE SAHARA ?

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Les changements climatiques vont-ils faire reverdir le Sahara ?

Information sélectionnée par Jacques

La désertification, la sécheresse et le désespoir, c'est ce que les changements climatiques réservent à la plupart de l'Afrique. C'est du moins ce que l'on croit.

Une preuve naissante est en train de proposer un scénario très différent, dans lequel l'augmentation des températures pourrait profiter à des millions d'Africains dans les parties les plus sèches du continent. En effet, les scientifiques voient désormais des signes montrant que le désert du Sahara et les régions environnantes deviennent verts à cause de l'augmentation des précipitations.

Si elles sont soutenues, ces pluies pouraient revitaliser des régions ravagées par la sécheresse ce qui les rendraient de nouveaux aptes à l'agriculture.

Cette tendance à la disparition du désert est confortée par des modèles climatiques, qui prédisent le retour à des conditions qui avaient transformé le Sahara en une luxuriante savanne quelques 12 000 ans plus tôt.

Des pousses vertes

Les pousses vertes de la « guérison » se voient de mieux en mieux sur les images satellites, y compris dans la région du Sahel, une zone semi-désertique qui borde le Sahara au sud et qui s'étend sur 3 860 kilomètres.

Les images prises entre 1982 et 2002 révèlent une repousse importante dans tout le Sahel, selon une nouvelle étude parue dans le journal Biogeosciences. L'étude suggère une augmentation importante de la végétation dans des régions comprenant le centre du Tchad et l'ouest du Soudan.

La transition s'opère peut-être parce que l'air plus chaud peut contenir davantage d'humidité, ce qui par conséquent créé plus de pluie, a déclaré Martin Claussen de l'Institut Météorologique Max Planck à Hambourg en Allemagne, qui n'était pas impliqué dans la nouvelle étude. « La capacité de l'air à contenir de l'eau est ce qu'il y a de plus important, a dit Claussen.

Pas le moindre scorpion

Alors que les images satellites ne peuvent distinguer les plantes temporaires comme l'herbe qui vont et viennent en fonction de la pluie, les enquêtes de terrain laissent à penser que le récent changement de la végétation est fermement enraciné.

A l'est du Sahara, dans la région du sud ouest de l'Egypte et du nord du Soudan, de nouveaux arbres, comme des acacias, se développent, selon Stefan Kropelin, un climatologue de l'Unité de Recherche Africaine de l'Université de Cologne en Allemagne. « Des arbustes apparaissent et deviennt de gros arbustes. C'est complètement différent par rapport à la pousse d'un peu plus d'herbe, a déclaré Kropelin, qui a étudié la région pendant 20 ans.

En 2008 Kropelin, extérieur à la nouvelle recherche par satellite, a visité l'ouest du Sahara, un territoire controversé contrôlé par le Maroc. « Les nomades de là-bas m'ont dit qu'il n'y avait jamais eu autant de chutes de pluie que ces dernières années, a raconté Kopelin. Ils n'avaient jamais vu autant de zones de pâturage. Avant, il n'y avait pas le moindre scorpion, pas le moindre brin d'herbe. Maintenant il y a des gens qui font paître leurs chameaux dans des régions qui n'avaient pas été utilisées depuis des centaines voire des milliers d'années. On voit des oiseaux, des autruches, des gazelles revenir, et même certaines espèces d'amphibiens reviennent. La tendance s'est poursuivie sur plus de 20 ans. Elle est indéniable. »

Un futur incertain

Une explosion de la croissance des plantes a été prédite par certains modèles climatiques. Par exemple, en 2005, une équipe menée par Reindert Haarsma de l'Institut Météorologique Royal Hollandais de De Bilt aux Pays Bas, avait prévu des chutes de pluie significatives dans le futur au Sahel. L'étude parue dans Geophysical Research Letters prédisait que les précipitations de juillet à septembre, la saison des pluies, augmenteraient jusqu'à 2 millimètres par jour d'ici 2080.

Les données du satellite montrent « qu'effectivement au cours de la dernière décennie, le Sahel est devenu plus vert », a déclaré Haarsma.

Malgré tout, certains climatologues ne sont pas d'accord quant aux répercussions des changements climatiques sur le Sahel : certaines études pressentent une diminution des précipitations. « Ce problème est encore plutôt incertain » a déclaré Haarsma

Claussen de Max Planck a déclaré que l'Afrique du Nord est la région où les désaccords sont les plus grands parmi ceux qui établissent les modèles du changement clilmatique. Prévoir comment le réchauffement climatique affectera la région est compliqué à cause de sa vaste étendue et de l'influence imprévisible des vents de hautes altitudes qui dispersent les pluies de la mousson, a ajouté Claussen.

« La moitié des modèles suivent une tendance plus humide, et l'autre moitié une tendance plus sèche. »