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Cette actualité a été publiée le 11/06/2010 à 18h30 par Tanka.


LES CADRES ONT DU MAL À PASSER AUX CITADINES

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Les cadres ont du mal à passer aux citadines

Pour réduire leur facture et leurs émissions de CO2, les entreprises poussent leurs salariés à adopter des voitures plus petites et moins polluantes. Y compris pour leurs cadres. La pilule a encore du mal à passer.

Voir les cadres rouler en Smart ou en Clio ? L'idée fait sourire Philippe Brendel, le président de l'Observatoire des véhicules d'entreprise (OVE). « La voiture reste un élément social. Si vous proposez à un cadre de troquer sa BMW, sa Mégane ou sa C4 contre une citadine, il y a peu de chance que cela fonctionne. D'autant que s'il a une famille, ce sera problématique pour ses déplacements du week-end. » A moins, effectivement, de s'adresser à des cadres qui travaillent dans la high-tech ou la communication, qui font peu de kilomètres et qui veulent véhiculer une image décalée.

La plupart des modèles qui leur sont attribués sont aujourd'hui encore des berlines et des monospaces. Il existe pourtant des solutions pour les faire passer à des petites voitures moins polluantes.

Depuis début avril, Candia fait le test avec les membres de sa direction des ventes. L'entreprise laitière compte 90 commerciaux, qui parcourent, chaque année, plus de 2 millions de kilomètres. « Pour que cela fonctionne, il fallait qu'ils n'y perdent pas au change », remarque Bruno Bauduin, directeur national des ventes. Désormais, en plus des traditionnels monospaces, qui consomment autour de 130 g de CO2 par kilomètre, Candia propose donc à ses cadres commerciaux trois modèles de Golf (standard, break et de type Scénic), moins polluantes (entre 109 g et 111 g de CO2), ainsi qu'une Prius. Mais il a fallu renforcer les options.

« Si les collaborateurs les choisissent, nous prenons en charge financièrement les mêmes avantages que ceux équipant le monospace, comme le GPS, le radar de recul ou les phares antibrouillard. » L'entreprise paie donc la location un peu plus cher mais s'y retrouve, puisque ces voitures consomment moins et supportent une TVS (taxe sur les véhicules de société) moins élevée. Au total, l'économie dégagée est de l'ordre de 10 %. Jusqu'à présent, 50 % des salariés à l'embauche ou renouvelant leur véhicule ont opté pour ces modèles. « Les jeunes cadres en particulier, réceptifs à cette démarche, car sensibles à l'écocitoyenneté », observe Bruno Bauduin.
L'exemple par le haut

Une nouvelle formule à laquelle de plus en plus d'entreprises réfléchissent est de proposer une voiture, plus petite, la semaine, et une autre, plus familiale, les week-ends et les vacances. Depuis fin mars, Citroën propose ainsi un « business pass » : les entreprises louent une compacte (C3, DS3...) et pour 99 euros de plus par mois, le salarié peut, 24 jours par an, choisir le véhicule qu'il souhaite chez Avis (monospace, berline...).

« C'est un moyen hybride d'utiliser la voiture », remarque Arnaud de Lamothe, responsable de Citroën Business. C'est aussi une manière, pour les sociétés, là encore, de diminuer leur facture : par rapport à la location d'une voiture plus spacieuse à l'année, l'économie est de 70 à 86 euros par mois et par salarié. Les limites sont le nombre de jours octroyés pour la Berline qui ne couvre pas tous les week-ends et vacances et les risques d'indisponibilités, les cadres demandant les voitures plus spacieuses au même moment. Citroën négocie pourtant avec une trentaine d'entreprises intéressées par ce dispositif.

Pour que les cadres et cadres sup passent un jour à la citadine, il faudra probablement que le haut de la hiérarchie donne l'exemple. Comme chez AGF Allianz, où les véhicules des membres du comité de direction vont être remplacés progressivement par des modèles émettant moins de 130 g de CO2 par kilomètre.

Pour en savoir plus sur la situation planétaire

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Auteur : C. M.

Source : www.lesechos.fr