Les blés anciens renaissent à Berrwiller - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 26/07/2011 à 18h55 par geof.

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Les blés anciens renaissent à Berrwiller

 
À Berrwiller, Fernand Krust, agriculteur biodynamique depuis 32 ans, a mis en place, avec l'association « Kerna ùn Sohma », le plus grand conservatoire de blés anciens d'Alsace. Il y a semé 45 variétés sur des parcelles d'un mètre carré.

Qui connaît encore le rouge d'Alsace ou le rouge d'Altkirch ? Ces blés ont nourri des générations d'Alsaciens jusque dans les années 1950. Ces jours-ci, ils se coupent à la faucille au conservatoire de « Kerna ùn Sohma ».

Des épis violets et des noirs, des jaunes d'or et des rouges, avec ou sans barbes, qui ondulent au vent, brillent au soleil : « Magnifique ! » Les visiteurs s'émerveillent devant la « parcelle à bouquets », à l'entrée du conservatoire de blés anciens de Berrwiller. Une dizaine de variétés y poussent en mélange, avec les coquelicots et les matricaires. « Vous pourrez vous servir en repartant », annonce Fernand Krust, agriculteur biodynamiste du Domaine de Bertschwiller. En revanche, pas question de cueillir dans les 50 microparcelles ensemencées selon un protocole bien défini.

45 variétés anciennes y ont été semées, chacune dans un mètre carré dûment identifié. Un superbe patchwork végétal, esthétique, poétique. Un petit musée des « blés de pays », de toutes provenances, d'Alsace, de Lorraine, d'Autriche, de Bordeaux...

Ce jeune conservatoire de l'association Kerna ùn Sohma (Graines et semences) n'a pas pour vocation d'entretenir une image passéiste de l'agriculture, mais de fournir aux paysans d'aujourd'hui des semences adaptées à leurs besoins. De faire vivre dans la terre, et non dans les frigos des banques de germoplasmes, les semences qui ont échappé aux « bricolages des gros semenciers ».

« En agriculture bio, impossible d'utiliser les semences modernes. Elles ont besoin d'engrais et de pesticides, explique Fernand Krust. Leur farine ne se prête pas à la confection de pain au levain. Leur qualité est technologique, conçue pour l'industrie agroalimentaire. En 40 ans, les teneurs de gluten ont été multipliées d'un facteur 5 à 7. D'où la hausse des allergies spontanées au gluten. »

Aujourd'hui, Fernand Krust et d'autres paysans en quête de blés de bonne qualité nutritive, se lancent, de Berrwiller à Saverne en passant par Duppigheim, dans la culture de la biodiversité. « Avec le changement climatique, l'augmentation du prix des pesticides et la raréfaction du pétrole, l'agriculture a besoin de ces semences anciennes qui s'adaptent elles-mêmes au terroir. Pour en faire des variétés modernes acclimatées. »

Ces paysans, souvent meuniers et boulangers, cherchent à retrouver le savoir-faire de leurs ancêtres, l'art de sélectionner et croiser les variétés. Ils travaillent avec le réseau Semences paysannes, visitent d'autres conservatoires, rencontrent d'autres sélectionneurs, producteurs de semences et de plants dans diverses régions, en Suisse, en Allemagne. Les petits carrés de leur conservatoire sont moissonnés ces jours-ci à la faucille et mis en gerbe. Les grains seront mis à disposition des paysans et jardiniers pour faire des essais : « On ne vend pas de semences, on réapprend à faire. Pour ne pas dépendre des multinationales de l'agrochimie. »

Ces paysans producteurs et transformateurs deviennent ainsi chercheurs et sélectionneurs. « Cela exige du temps, de l'observation, du travail, de l'amour. » Et de la combativité contre les lois qui, sous la pression des industriels, interdisent la vente des semences de ferme et imposent aux paysans qui ressèment une partie de leur propre récolte de payer une « contribution volontaire obligatoire » pour participer au financement de la recherche des grandes firmes. Une recherche axée sur la génétique, les biotechnologies, les OGM. Une orientation qui n'est pas celle des agriculteurs bio, convaincus que « pour nourrir l'humanité, il faut d'abord respecter la terre, l'eau, l'air, les plantes, les animaux. Et les semences, bases de la vie. »

 

Un article de Élisabeth Schulthess, publié par L'Alsace

 

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Auteur : Élisabeth Schulthess

Source : www.lalsace.fr

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