Les biocarburants provoquent des famines - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 10/03/2010 à 20h46 par Michel WALTER.


LES BIOCARBURANTS PROVOQUENT DES FAMINES

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Les biocarburants provoquent des famines

L'essence rapportant plus que les vivres, de plus en plus de firmes se mettent aux plantes « énergétiques » produisant des « biocarburants ».

Ce qui accroît la pauvreté et le nombre des champs de plantes transgéniques. Dont le pollen va polluer les semences non transgéniques. Les firmes concluent de puissantes alliances et achètent des instituts universitaires entiers. Et pourtant ce qui à l'avenir peut assurer nos déplacements, ce n'est pas l'agriculture, mais une voiture électrique efficace.

« Tout cela n'a rien à voir avec les énergies renouvelables, mais sert à prolonger l'économie pétrolière » déclare l'Américain Eric Holt-Gimenez du « Food First Institute ».

« Des investissements mondiaux massifs dans le biodiesel et le bioéthanol résolvent certains problèmes – mais ceux de l'industrie agroalimentaire et des transgènes, des banques et des politiciens » selon l'ex-collaborateur de la Banque mondiale.

Par exemple, les petites raffineries d'éthanol créées par des agriculteurs ont été achetées par Archer Daniel Midland, l'une des plus grosses firmes agro-alimentaires mondiales.

D'énormes raffineries d'éthanol jaillissent du sol, pour le plus grand bonheur des instituts financiers. Quant aux politiciens, plus besoin de préparer les électeurs à réduire leur consommation : on parle désormais d'un « OPEP de l'éthanol » sud-américain.

C'est surtout l'industrie du génie génétique qui se frotte les mains à la vue du débat sur le climat : elle escompte que les plantes énergétiques rencontreront beaucoup moins de résistance que l'autorisation d'alimentation humaine ou animale génétiquement modifiées.

Ce que Monsanto et Cie oublient toutefois de préciser, c'est que les plantes énergétiques transgéniques se dispersent tout autant que les plantes transgéniques vi vrières.

On pourrait ainsi faire entrer la pollution transgé nique des plantes vivrières par la petite porte, et permettre une percée définitive des manipulations génétiques. Sans compter que les carburants sont produits à partir des trois plantes les plus manipulées génétiquement, et de loin : le colza, le maïs et le soja.

Un recours illimité aux manipulations transgéniques et aux traitements chimiques ouvre des perspectives de profit presque sans précédent.

Et il y a longtemps que la politique peut compter sur l'industrie : l'UE veut couvrir d'ici à 2020 10% de ses besoins en carburants avec des « biocarburants », le Brésil espère que l'éthanol issu de ses plantations de betteraves sucrières concurrencera l'OPEP, et dans des pays tels que la Malaisie la forêt pluviale recule au profit des plantations de palmiers à huile dont les fruits doivent remplacer le diesel.

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Déportation et mort

Tandis que les agrocarburants rendent plus riches encore les quelques-uns qui le sont déjà, ils plongent massivement dans la misère les pays pauvres : par centaines de milliers de petits propriétaires brésiliens ou colombiens ont déjà été chassés pour faire place à de gigantesques plantations de canne à sucre ou de soja.

En 2006, rien qu'au Brésil, environ 40 000 familles ont été chassées ou déplacées par force hors de leurs terres, selon la Pastorale chrétienne oecuménique (CPT).

Le boom de l'éthanol y aurait contribué. Le quotidien britannique « The Guardian » fait état de 200 000 travailleurs immigrés, véritables « esclaves de l'éthanol » qui à travers le pays travaillent dans les plantations de canne à sucre pour 100 dollars par mois8.

Ceux qui se refusent à vendre leur terre peuvent être en danger de mort. En juin 2007, le journal britannique « Sunday Times » rapportait l'assassinat du Colombien Innocence Dias, victime des paramilitaires.

Aujourd'hui poussent sur ses terres les palmiers à huile de la firme Urapalma, produc trice de biocarburants. « Dias est mort parce que le monde devient écologique », commentait le journal britannique.

Devant cette évolution, la résistance s'accentue : par dizaines, des organisations allemandes de protection de l'environnement et d'aide au développement ont exigé de leurs représentants, dans une lettre à la Commission à l'environnement du Bundestag, « de ne favoriser en aucun cas l'industrie agroénergétique, mais de se battre pour de véritables économies d'énergie. »

Dans un article paru dans le « Correio Braziliense », Frei Betto, le théologien de la libération brésilien bien connu, s'est montré choqué de l'euphorie nationale et internationale déchaînée par les biocarburants, car il les considère comme des « carburants de la mort ».

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Extrait de livre de Klaus Faissner : Cyclones et incendies ravageurs. Mort du génie génétique

Info transmise par Mich

Deviens traqueur de graisse de palme!