Les bactéries de l'Arctique, indice de la vie sur Mars? - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 05/11/2010 à 13h52 par Fred.

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Les bactéries de l'Arctique, indice de la vie sur Mars?


Des microbiologistes canadiens s'intéressant à une source d'eau salée dans les régions glacées de l'Arctique y ont trouvé des bactéries qui pourraient nous renseigner sur l'existence de vie sur Mars.

Des bactéries mangeuses de méthane ont été découvertes de manière inattendue à la source de Lost Hammer, sur l'île Axel Heiberg, dans le Nunavut.

M. Lyle Whyte, un microbiologiste de l'Université McGill qui pilote le projet, qualifie la source de Lost Hammer d'environnement le plus froid et salin qu'il ait jamais rencontré.

Il y a découvert deux types de bactéries qui se nourrissent du méthane et ne respirent pas d'oxygène, puisqu'il n'y en a pas dans l'eau de la source.

Mais que cela a-t-il à voir avec la vie sur Mars?

Selon Dale Andersen, un scientifique de l'Institut SETI, en Californie, cette découverte laisse croire que des bactéries analogues pourraient exister sur la planète rouge.

En effet, les conditions qu'on observe sur Mars ressemblent à celles de l'Arctique canadien à maints égards.

Des données récentes recueillies par la NASA indiquent qu'il existe des poches de méthane et d'eau gelée sur Mars, et que les températures y approchent celles relevées dans la source de Lost Hammer.

Si des bactéries peuvent proliférer dans de telles conditions sur Terre, il pourrait donc en aller autant sur Mars.

Le microbiologiste Charles Greer, du CNRC, évoque de toutes autres raisons pour expliquer l'intérêt que lui inspire cette découverte. Des raisons beaucoup plus terre à terre.

Son travail, dans le cadre du projet de Lost Hammer, consistait à identifier le type et à définir les attributs de microorganismes qui prolifèrent dans les environnements uniques et les conditions extrêmes.

Ses recherches au CNRC se concentrent principalement sur le rôle des microorganismes dans la restauration des sols et des eaux contaminés.

Cependant, il est également conscient de celui que les bactéries mangeuses de méthane pourraient jouer en atténuant l'impact du changement climatique.

« À mesure que la température augmente, le pergélisol fond dans le Nord. Si le sol en venait à se saturer d'eau, le carbone prisonnier du pergélisol devrait libérer du méthane au lieu du dioxyde de carbone, explique M. Greer.

Or, le méthane est un gaz à effet de serre beaucoup plus puissant que le dioxyde de carbone, car il retient la chaleur davantage. »

MM. Whyte et Greer aimeraient tous deux en découvrir plus sur les microorganismes qui peuplent le pergélisol et les couches supérieures du sol, sur leur activité aux températures inférieures au point de congélation, et sur l'accroissement éventuel de cette activité quand la température augmentera.

« Les microorganismes qui consomment le méthane pourraient jouer un rôle particulier en réduisant les émissions de méthane et leur incidence sur le changement climatique, surtout si nous arrivons à en accentuer l'activité », conclut M. Greer.

Les résultats de ces travaux ont été publiés dans le numéro de mai 2010 de l'International Society for Microbial Ecology Journal.

Le projet a bénéficié de l'appui de plusieurs organisations parmi lesquelles

l'Agence spatiale canadienne, la NASA, le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, le Programme du plateau continental polaire, la station de recherche sur l'Arctique de l'Université McGill, le ministère des Affaires indiennes et du Nord et le Fonds québécois de la recherche sur la nature et les technologies.

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Source : www.nrc-cnrc.gc.ca

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