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Cette actualité a été publiée le 10/11/2010 à 23h26 par Tanka.


LES ANIMAUX TROP SOUVENT MALTRAITÉS

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Les animaux trop souvent maltraités

"L'enfer n'existe pas pour les animaux, ils y sont déjà..." Cette sentence de Victor Hugo ne se serait malheureusement pas démentie depuis un siècle, si l'on en croit Alexandrine Civard-Racinais qui vient d'écrire un Dictionnaire horrifié de la souffrance animale*.

D'emblée, elle déclare qu'elle n'est pas une passionaria de la cause animale, ni une végétarienne prosélyte. Bref, elle refuse autant la caricature que le sort subi par un grand nombre de nos "amis" les bêtes. Son seul but : nous faire ouvrir les yeux sur une "situation troublante", à travers des exemples pratiques.

A4 est le premier "mot" de ce dictionnaire. C'est le format le plus fréquent d'une feuille de papier. "Posez-la sur votre bureau et tentez d'y faire tenir une poule." Car c'est pratiquement l'espace dont disposent ces volailles quand elles sont élevées en batterie. Soit trois fois moins que celui nécessaire pour battre des ailes.

En France, parmi les 48 millions de poules destinées à la production d'oeufs, 38,4 millions passent leur courte vie en cage. À partir de 2012, dans toute l'Union européenne, les cages de batterie conventionnelles seront remplacées par des cages "enrichies" (perchoir, litière, nid artificiel) mais leur superficie n'aura gagné que l'équivalent d'un post-it...

Expérimentation animale

À l'entrée "génétique", Alexandrine Civard-Racinais rappelle que la sélection génétique vise à améliorer les propriétés de la race, non pour accroître le bien-être de ses représentants mais pour augmenter la rentabilité de l'élevage. Même l'Inra l'admet.

Selon cet institut de recherche, la combinaison d'une sélection génétique et d'une intensification des conditions d'élevage peut avoir des conséquences sur le métabolisme, la reproduction et/ou la santé des animaux. C'est ainsi que les vaches produisant le plus de lait souffrent plus souvent de mammite, de pathologies respiratoires, de difficulté au vêlage ou encore de boiterie que les autres.

Le mot "matériel" sert à cet auteur à rappeler que les animaux utilisés à des fins expérimentales ou scientifiques doivent avoir été élevés dans ce but. Soit des millions de vertébrés - rongeurs essentiellement mais aussi chiens, chats, grenouilles, poissons ou primates - produits pour servir de "matériel" scientifique à des chercheurs jusqu'à ce que mort s'ensuive. Dans notre pays, 3,2 millions d'animaux ont été utilisés à des fins expérimentales en 2004, dont 1,5 million de souris et 400.000 rats.

Hasard du calendrier ou pas, c'est le même jour et chez le même éditeur qu'est publié le livre de Dominique Lestel, L'animal est l'avenir de l'homme**. Cet ouvrage, de lecture un peu plus ardue, montre que la vie partagée avec l'animal constitue un enjeu politique, philosophique et éthique majeur de notre temps.

Dans cet essai engagé, l'auteur, qui construit depuis quinze ans une "anthropologie philosophique", analyse notamment les problèmes posés par l'expérimentation. Et il plaide pour le développement d'une "bioéthique réciproque". En clair, selon lui, si nous pouvons prendre beaucoup à l'animal, nous devons aussi lui donner beaucoup.

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Auteur : Anne Jeanblanc

Source : www.lepoint.fr