Les animaux maltraités n'auront pas leur avocat dans les cantons suisses - #WikiSurTerre

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Cette actualité a été publiée le 09/03/2010 à 16h52 par Tanka.


LES ANIMAUX MALTRAITÉS N'AURONT PAS LEUR AVOCAT DANS LES CANTONS SUISSES

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Les animaux maltraités n'auront pas leur avocat dans les cantons suisses

GENEVE - Les Suisses ont rejeté dimanche par référendum la mise en place d'avocats chargés de défendre les animaux maltraités devant les tribunaux dans toute la Confédération, estimant que la loi pionnière en vigueur assurait déjà la protection de leurs vaches, chiens et poissons rouges.

Le non est ainsi ressorti massivement dans la totalité des cantons, à 70,5% contre 29,5% de oui au terme d'une campagne très émotionnelle dans un pays où les animaux sont parmi les mieux protégés au monde.

A l'origine du vote, la Protection suisse des animaux (PSA) souhaitait renforcer l'application de la législation en obligeant tous les cantons à créer un poste d'avocat pour les animaux. Cette fonction existe depuis 1992, mais dans le seul canton de Zurich (nord).

Les Suisses, dont la passion pour les animaux leur coûte quelque 670 millions de francs (460 millions d'euros) par an selon une étude allemande, ont finalement suivi les recommandations de leur gouvernement et des partis de droite.

Pour ces derniers, la loi en vigueur depuis 2008 est largement suffisante pour garantir la protection des bêtes, de petite ou de grande taille.

Particulièrement stricte et détaillée, elle stipule par exemple que les propriétaires de poissons rouges ne peuvent les jeter vivants dans les cuvettes des toilettes ou que les animaux "sociaux", tels les hamsters ou les perruches, doivent impérativement être accompagnés d'un partenaire.

Prévoyant également la superficie de l'espace vital d'une souris, elle contraint les cantons à ouvrir des procédures pénales en cas de plainte de maltraitance.

"Ce vote montre que la loi sur les animaux fonctionne bien", s'est félicitée la présidente de la Confédération, Doris Leuthard.

"Nous sommes très satisfaits de constater que, finalement, c'est la raison qui l'a emporté sur l'émotion et la compassion", a renchéri le représentant des magistrats de Fribourg, Jean-Luc Mooser, alors que l'une des principales craintes des opposants était un engorgement des tribunaux par des affaires de chats martyrs.

De fait, un tiers des 700 plaintes pour maltraitance envers des animaux ont été ouvertes en 2008 à Zurich où exerce le seul avocat de la Confédération.

Outre un plébiscite à la législation existante, l'argument financier a semble-t-il également joué chez les votants en pleine crise économique, l'avocat pour les animaux étant rémunéré par les cantons.

Du côté de ceux qui étaient à l'origine du vote, accusés d'anthropomorphisme, la déception le disputait à l'étonnement.

"Les gens réagissent souvent avec scepticisme à la nouveauté", a expliqué le directeur de PSA, Hansueli Huber à l'agence suisse ATS.

"On n'imaginait pas un refus aussi net", a également reconnu la députée des Verts Adèle Thorenz Goumaz estimant qu'il y avait eu une mauvaise interprétation de l'initiative.

"Il ne s'agissait pas de modifier la loi ou de la rendre encore plus exigeante" mais "de mieux l'appliquer", a-t-elle expliqué.

Alors que la peine maximale est de trois ans de prison et 20.000 francs d'amende (13.600 euros), la moyenne des amendes pour mauvais traitements atteignait 439 francs en 2008 (300 euros).

Les Suisses "ont peut-être aussi trouvé que l'engagement était exagéré", a admis le seul avocat pour animaux du pays Antoine Götschel qui se console en faisant valoir que la campagne a permis de montrer "ce qui marche et ce qui ne marche pas" dans la loi.

"Même les adversaires ont reconnu qu'il existait des problèmes dans certains cantons. Les politiques doivent désormais agir... des améliorations sont nécessaires", a martelé M. Huber.

Source : lexpress.fr

Information recueillie par Anny

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