Les agrocarburants, c'est pas bientôt fini? - L'atelier

Accueil

Cette actualité a été publiée le 25/12/2009 à 23h30 par Michel WALTER.


LES AGROCARBURANTS, C'EST PAS BIENTÔT FINI?

  • Google+
  • FaceBook
  • Twitter
  • Linked in
  • Tumblr
  • Google+  FaceBook   Twitter
  • LinkedIn  Tumblr
SOMMAIRE de Demain l'Homme - Accès aux derniers articles quotidiens du module principal WikiSurTerre
Les agrocarburants, c'est pas bientôt fini?

Information transmise par Michel

par clement bourdin (L'Express)

A en croire nos responsables politiques, les agrocarburants seraient les carburants écologiques par excellence. Pourtant ils sont contestés depuis des années. Produits à partir d'éthanol (alcool tiré de la canne à sucre, du blé, de la betterave) pour l'essence et de méthanol (issu d'huiles végétales) pour le biodiesel, ils sont censés réduire les émissions de gaz à effet de serre par rapport aux carburants classiques.

Un intérêt limité

Pour être intéressants par rapport aux produits pétroliers de référence (essence et diesel), encore faut-il que ces agrocarburants rejettent moins de gaz à effet de serre lors de leur combustion, mais aussi lors de leur fabrication. Les études de l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) annoncent une réduction de ces émissions d'environ 50%. Des chiffres contestés par des associations comme Réseau action climat (RAC) ou Eden (Energie durable en Normandie), ce qui a récemment donné lieu à une vive polémique (relayée sur Rue89) à propos d'un rapport en ligne retiré "en catimini" par l'Ademe.

"Les chiffres annoncés ne sont pas conformes à la réalité", affirme Pierre Perbos, administrateur et membre du bureau exécutif du RAC, que j'ai interrogé. Selon lui, ils ne prennent pas en compte le changement d'affectation des sols. Exemple, l'huile de colza. Aujourd'hui, plus de 80% de la production passe dans la filière agrocarburant. Cette huile n'étant plus dans le secteur alimentaire, il faut la remplacer. Résultat, on importe de l'huile de palme, ce qui multiplie presque par deux les rejets de gaz à effet de serre par rapport au diesel! Et renforce encore la déforestation dans les pays où elle est produite.

A cela il faut rajouter les coproduits (drêches pour le blé, tourteaux pour le colza) restant après extraction de l'huile. Les industriels tentent de les utiliser de manière écolo en les mettant sur le marché de l'alimentation animale. Ils reportent ainsi un fort bilan carbone, ce qui fait baisser artificiellement celui de leurs agrocarburants. "Les coproduits permettent de nourrir les ruminants, mais leur conditionnement demande beaucoup plus d'énergie que les aliments classiques. Tant que cela ne sera pas pris en compte, les agrocarburants paraîtront plus propres que les carburants classiques, ce qui n'est pas le cas", me confie Patrick Sadones, chargé des agrocarburants à Eden (Energie durable en Normandie).

La machine est lancée, comment l'arrêter?

En prenant tous ces paramètres en compte, on s'aperçoit que les agrocarburants ne sont pas forcément une bonne alternative aux carburants traditionnels. Pourtant, le gouvernement continue de les favoriser par une défiscalisation spécifique. "Il s'agit plutôt d'une subvention de l'Etat, explique Pierre Perbos. Cela coûte entre 700 et 800 millions d'euros par an, aux frais du contribuable."

Le problème, c'est que la machine est lancée. "Le champ est libre pour les 4 ou 5 ans à venir", regrette Pierre Perbos. Si le bilan environnemental des agrocarburants est vraiment aussi mauvais, qui aura le courage politique de stopper leur production? La question ne semble malheureusement pas à l'ordre du jour...

 

Pour en savoir plus sur la situation planétaire

 

........