Les abeilles ont besoin d'un plan d'urgence - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 14/04/2010 à 16h21 par frederic.

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Les abeilles ont besoin d'un plan d'urgence

Alors qu'apiculteurs et agriculteurs s'affrontent sur la responsabilité des insecticides dans la disparition des pollinisateurs, le Sénat adopte un plan de préservation.

Un plan d'urgence, rien de moins !

Le Sénat a adopté un amendement prévoyant la mise en place, dès cette année, de mesures en faveur de la préservation des abeilles. Si l'amendement est maintenu lors de l'examen en seconde lecture de la loi du Grenelle de l'environnement par l'Assemblée nationale, les abeilles bénéficieront de mesures sans précédent. Et il est temps !

La population des ruches françaises et européennes s'est effondrée, menaçant gravement la production apicole et la pollinisation indispensable pour de nombreuses variétés de plantes, de fruits et de légumes : selon l'Inra, la production de 84% des espèces cultivées en Europe dépend directement des pollinisateurs, qui sont à plus de 90% des abeilles domestiques et sauvages.

Première mesure : l'apiculture devra se structurer sous la bannière d'une interprofession et d'un institut scientifique et technique, chargé de réorganiser le réseau d'épidémiologie et de surveillance. Même si les sénateurs jugent prématuré de décider qui en assurera la direction, et avec quel degré d'indépendance...

Cette décision rejoint le voeu de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) qui a publié en février un nouveau rapport sur la mortalité d'Apis mellifera.

Deuxième mesure : le Sénat, comme l'Afssa, prône un approfondissement des travaux de recherche appliquée sur les effets de l'ensemble des substances chimiques connues sur les abeilles.

Il a cependant rejeté la proposition de débuter l'expertise «par les neurotoxiques systémiques», ces insecticides qui enrobent les semences, pénètrent la plante et sont véhiculés par la sève, au motif que «de nombreux autres facteurs ont une influence tout aussi importante».

Dommage, car lever le doute sur ces semences apparaît bien comme une priorité !

La controverse, qui fait rage entre écologistes, scientifiques, apiculteurs et fabricants de produits phytosanitaires, se poursuit en effet devant les tribunaux.

Les apiculteurs viennent ainsi d'engager un recours contre l'autorisation d'utilisation du Cruiser dans l'Hexagone, alors que ce neurotoxique systémique vient d'être interdit en Allemagne.

Cela fait quinze ans que les apiculteurs accusent des substances similaires, l'imidaclopride (principe actif de l'insecticide Gaucho) et le fipronil (principe actif de l'insecticide Régent) de provoquer des mortalités massives de butineuses.

Le Régent a été récemment mis hors de cause par la justice, au grand dam des apiculteurs qui ont fait appel. Selon l'Union nationale des apiculteurs de France, l'interdiction du Régent et du Gaucho depuis 2004 aurait freiné le phénomène.

Dans ce contexte, la thèse du film "Disparition des abeilles : la fin d'un mystère", qui défend l'hypothèse de la persistance de cocktails toxiques dans l'environnement durant plusieurs mois, prend une réelle acuité.

On ne connaît pas grand-chose des effets des produits chimiques dispersés et mélangés dans la nature et l'on peine à savoir s'ils affaiblissent les abeilles, permettant ainsi à leurs parasites de proliférer.

Pour certains scientifiques et apiculteurs, le responsable serait plutôt à chercher du côté des parasites de l'abeille comme le varroa et les loques américaines et européennes qui envahissent les ruchers, ou encore le champignon Nosema cerenae.

D'autres s'inquiètent de l'alimentation des abeilles : l'agriculture intensive impose le même type de plantes sur de grands espaces fleurissant au même moment, ne laissant qu'un «plat unique» aux butineuses.

Le récent rapport de l'Afssa ne tranche pas abruptement entre toutes ces hypothèses.

Une issue au conflit actuel est en tout cas ardemment souhaitée. Apiculteurs et agriculteurs s'opposent alors que leurs intérêts sont communs. Dans une étude à paraître, Nicola Gallai, du Laboratoire d'économie théorique appliquée (Lameta), à Montpellier, a calculé que les pollinisateurs contribuaient chaque année en moyenne à 9% de la production agricole française, soit une valeur de 2 milliards d'euros !

Par Loïc Chauveau

Source : sciencesetavenir.fr

Information recueillie par Frédéric

 

Pour en savoir plus sur la situation planétaire

 

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