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Cette actualité a été publiée le 09/01/2012 à 14h38 par Tanka.


LE VIGNERON BIO RUINÉ PAR UNE POLLUTION CHIMIQUE

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Le vigneron bio ruiné par une pollution chimique

 
En Anjou, Yves Freulon boit le calice jusqu'à la lie.

Après la fermeture de son domaine en 2008, il se retrouve au tribunal pour un litige sur son indemnisation.

L'histoire

Les fines bulles pétillent dans la flûte, entraînant dans leur sillage des arômes délicats. Yves Freulon, 65 ans, évoque sa passion pour « le travail de la cave, l'alchimie du vin ». Jusqu'à son dernier souffle, cet homme sera un vigneron dans l'âme. Mais il n'est plus vigneron. Cette bouteille de crémant de Loire, dégustée dans un caveau à l'abandon, symbolise les derniers vestiges du domaine du Dreuillé, à Champ-sur-Layon, en Anjou, où Yves, pionnier de l'agriculture biologique, s'est installé avec son épouse Thérèse, en 1971.

La poussière s'accumule sur le comptoir en chêne. Les diplômes de prix remportés aux concours des vins, à Mâcon, jaunissent sous leur cadre. « Il ne me reste plus rien », se ferme-t-il, les poings serrés. Cultivé sans produit chimique depuis 1964, le domaine de Dreuillé a été liquidé le 31 décembre 2008. « Abattu en plein vol comme une perdrix » par une pollution aux pesticides.

Associé avec son père, Sébastien, qui incarnait dans la famille Freulon la quatrième génération de vignerons, a quitté le métier, écoeuré. Les vignes sont vendues. Thérèse est privée de son emploi. Yves anticipe son départ à la retraite. Ultime soubresaut d'une longue descente aux enfers : jeudi, Yves est assigné en référé, au tribunal d'Angers, pour un litige sur l'indemnisation obtenue.

Logo « AB » suspendu

Jusque-là prospère grâce à une clientèle fidèle, le destin du domaine de Dreuillé bascule le 4 mai 2003. Ce dimanche, emporté par le vent, un puissant débroussaillant, pulvérisé par un agriculteur voisin, se répand sur les vignes bio de la famille Freulon. Huit hectares, soit la moitié du vignoble, sont touchés : « Feuilles brûlées, racornies, recroquevillées, criblées », constate, photos à l'appui, l'huissier de justice.

Le domaine de Dreuillé ne s'en relèvera pas. Malgré les indemnités versées par l'agriculteur pollueur, condamné par le tribunal correctionnel d'Angers. Pertes de récolte, suspension de la certification bio, perte de confiance de la clientèle, marathon judiciaire amènent inexorablement l'entreprise viticole vers la liquidation.

Jeudi, Yves se retrouve à nouveau au palais de justice. Son voisin agriculteur lui réclame le remboursement d'un trop perçu de 43 000 €. « C'est le dernier clou sur le cercueil », commente Yves. Le regard décidé, il est conscient de l'enjeu de son combat : « En refusant l'arrangement à l'amiable proposé par l'assureur, nous avons ouvert la boîte de Pandore.

De nombreux cas de pollutions par dérive de pesticides touchent les abeilles des apiculteurs, les cultures des agriculteurs bio ou conventionnels, les haies des particuliers... »
 

Un article de Xavier BONNARDEL, publié par Ouest France
 

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Auteur : Xavier BONNARDEL

Source : www.ouest-france.fr