Le trompe-l'oeil fluorescent d'Ostreococcus - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 12/05/2010 à 15h19 par Frederic.


LE TROMPE-L'OEIL FLUORESCENT D'OSTREOCOCCUS

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Le trompe-l'oeil fluorescent d'Ostreococcus

La fluorescence du phytoplancton - détectée depuis l'espace - est utilisée pour estimer la capacité des océans à émettre de l'oxygène et à fixer le CO2 atmosphérique.

Cette méthode pourrait cependant entraîner une surestimation de la productivité des océans.

Pierre Cardol et ses collègues ont en effet mis le doigt sur une adaptation photosynthétique de l'écotype océanique d'Ostreococcus.

Si la fluorescence émise par ces organismes reste «normale», les quantités d'oxygène qu'ils émettent et de CO2 qu'ils fixent en sont nettement réduites.

A la base de la majorité des chaînes alimentaires, les organismes photosynthétiques assurent la production primaire.

Définie comme la quantité de matière organique produite à partir de matière inorganique via la photosynthèse, elle est exprimée en tonne de carbone par km2 et par an.

Les organismes autotrophes qui constituent le premier maillon d'une chaîne alimentaire, et qui sont appelés producteurs primaires, sont présents aussi bien sur terre que dans les océans.

Près de la moitié de la productivité primaire globale est d'ailleurs réalisée à la surface de ceux-ci grâce au phytoplancton.

«Jusqu'il y a peu les deux grands types d'algues considérées comme responsables de la majorité de la productivité primaire des océans étaient les cyanobactéries et les diatomées», explique Pierre Cardol, chercheur qualifié au laboratoire de Génétique des Microorganismes (Prof. Claire Remacle) de l'ULg.

«Mais il existe une troisième catégorie d'algues importantes en termes de productivité primaire, des algues vertes pico-eucaryotes négligées jusqu'ici en raison de leur taille réduite», poursuit le chercheur.

Parmi celles-ci, on compte Ostreococcus tauri, découverte en 1994 dans l'étang de Thau –lagune d'eau salée séparée de la méditerranée par un cordon de sable littoral- dans le sud de la France, et décrite comme un genre nouveau et une espèce nouvelle appartenant à la classe des Prasinophycées.

Depuis la mise au jour d'Ostreococcus tauri, les scientifiques ont tenté d'identifier cette algue, ainsi que d'autres pico-eucaryotes, dans différents environnements marins et de comprendre leur rôle dans ces écosystèmes.

Et il s'est avéré que ce type d'algue est présent un peu partout dans les océans ! «Il y a notamment un écotype d'Ostreococcus qui a été identifié à 100m de profondeur au milieu de l'Atlantique», indique Pierre Cardol.

Dans le cadre de son post-doctorat, Pierre Cardol a effectué un séjour de recherche au sein d'un laboratoire de référence sur les chloroplastes et la photosynthèse à l'université de Paris VI.

Au cours de ce séjour, le chercheur liégeois et ses collègues se sont intéressés aux propriétés de cet écotype océanique de l'algue verte et les ont comparées à celles de la souche côtière trouvée dans l'étang de Thau.

«Les régions océaniques du milieu de l'Atlantique sont pauvres en nutriments, elles sont souvent sujettes à des carences en phosphates, nitrates, fer et autres minéraux. Ce sont des zones dites «oligotrophes» , précise le chercheur. «De plus, à 100 mètres de profondeur, la quantité de lumière disponible pour effectuer la photosynthèse est fortement réduite», poursuit-il.

Alors que le comportement photosynthétique de l'écotype côtier d'Ostreococcus est similaire à celui des plantes et des autres algues vertes, les chercheurs ont mis le doigt sur une particularité du processus photosynthétique chez l'écotype océanique.

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La fluorescence du phytoplancton, un reflet bancal de la productivité des océans ?

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La mesure de la fluorescence issue de la photosynthèse réalisée par ces organismes océaniques entraîne une surestimation de leur émission d'O2 et de leur fixation du CO2.

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Ces données devraient permettre non seulement d'affiner les estimations de la productivité des océans mais également, tout simplement, de mieux comprendre la physiologie des organismes qui composent le phytoplancton des zones océaniques oligotrophes et qui jouent un rôle majeur dans les cycles biogéochimiques de notre planète.

Source : reflexions.ulg.ac.be

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Information recueillie par Frédéric

 

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