Le train de la désertification en Chine - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 09/06/2010 à 14h39 par Frederic.


LE TRAIN DE LA DÉSERTIFICATION EN CHINE

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Le train de la désertification en Chine

Il est un train, le K43-T69, qui traverse la Chine d'ouest en est.

Il y a 30 ans, il longeait des paysages verts et des prairies.

Aujourd'hui, ces terres se transforment peu à peu en désert.

Au moins 400 000 kilomètres carrés se sont désertifiés.

Les journalistes Patrick Alleyn et Benoit Aquin photographient (voir ici) depuis plusieurs années ces terres en mutation et viennent de réaliser un magnifique webdocumentaire (à voir ici) diffusé sur le portail de documentaires "Portrait d'un nouveau monde" de France5.fr.

Après un voyage de 5 000 kilomètres et six escales, ils montrent le désastre écologique qui touche la Chine.

En Mongolie, jadis connue pour ses steppes florissantes, une police de l'herbe doit interdire le pâturage.

Dans les villes surpeuplées, la vie s'arrête quand le vent se lève et remplit l'atmosphère de sable en suspension.

Le gouvernement doit mener une politique de « migration écologique » : des villes entières sont déplacées pour permettre à l'herbe de repousser.

Des dizaines de millions de personnes doivent migrer, rappelant les situations désespérées des Raisins de la colère de John Steinbeck.

Thibaut Schepman

Commentaire sur le site de france5.fr :

Une catastrophe écologique planétaire

Les déserts occupent 18% du territoire chinois : 78% sont naturels, 22% sont le fait de l'activité humaine.

Presque tous longent le parcours du train K43-T69 qui traverse la Chine d'ouest en est, de Pékin à Kashgar en passant par la Mongolie-Intérieure, le Ningxia, le Gansu et enfin le Xinjiang.

(...)

Les Chinois, responsables de la création de nouveaux déserts

Fermiers et bergers chinois ont transformé à ce jour 400 000 kilomètres carrés de terres agricoles et de prairies verdoyantes en nouveaux déserts - soit l'équivalent des trois-quarts de la superficie de la France.

Les bergers ont pratiqué le surpâturage des steppes, conduisant leurs moutons et chèvres à manger l'herbe jusqu'à la racine.

Les fermiers, eux, ont défriché des prairies fragiles et pompé excessivement les rivières et les eaux souterraines donnant vie aux oasis.

Le sol fertile, une fois dénudé, est emporté par les vents dans des tempêtes de poussière aux proportions historiques, s'abattant sur la capitale, Pékin, puis sur le Japon et la Corée.

Certains nuages jaunes particulièrement gigantesques franchissent le Pacifique et atteignent l'Amérique du Nord.

La perte du précieux sol arable pour l'agriculture chinoise devient source de pollution des villes du pays et d'une partie du monde.

L'expression « Dust Bowl » (bol de poussière) a été inventée durant la sécheresse des années 1930 dans le Midwest des États-Unis et les prairies canadiennes.

Le « Dust Bowl » américain avait obligé trois millions de familles à abandonner leurs terres, pour se réfugier en Californie.

En Chine, l'exode pourrait se calculer en dizaines de millions.

UNE GRANDE MURAILLE VERTE CONTRE LES TEMPÊTES DE SABLE

Pour éviter la catastrophe, le gouvernement Chinois tente de mettre en place une politique écologique.

Depuis 1978, les ingénieurs forestiers chinois dirigent la plantation de la Grande Muraille verte.

Longue de 4500 kilomètres, la barrière végétale est censée arrêter d'ici 50 ans la désertification en mettant les terres à l'abri du vent.

Partout dans les régions menacées, des bataillons de paysans plantent arbres et arbustes.

Dans les immensités désertiques, des bosquets surgissent, des rideaux d'arbres se dressent contre les vents.

Au boisement massif s'ajoute un autre projet hors de proportion: le Nan shui bei Diao (« Transfert de l'eau du Sud vers le Nord »).

Il s'agit, d'ici 2050, de redistribuer 50 milliards de mètres cubes d'eau, depuis les rivières et les fleuves du Sud de la Chine, vers le Nord, à travers des milliers de kilomètres de canaux.

Le projet anéantira de nombreux sites patrimoniaux et redessinera le paysage chinois.

LE MONDE ENTIER MOBILISÉ

La communauté internationale est résolument sur le terrain : la Banque mondiale, la Banque asiatique de développement, les Nations unies, le Fonds pour l'environnement mondial, l'Allemagne, la Belgique, les États-Unis, l'Australie, l'Italie, le Canada, le Japon, la Corée, tous ces pays ou institutions multilatérales participent au plan anti-désertification de la Chine par des investissements directs ou l'envoi d'experts et de scientifiques.

Malgré des succès locaux remarquables, la situation globale de la désertification en Chine demeure critique.

En 2006, 17 tempêtes de poussière se sont abattues sur le nord de la Chine, dont la pire a répandu 330 000 tonnes de poussière sur Pékin en une seule nuit !

 

Pour en savoir plus sur la situation planétaire

 

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Auteur : Benoit Aquin & Patrick Alleyn

Source : www.france5.fr