Le système alimentaire international et la crise climatique - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 08/10/2009 à 00h56 par Michel WALTER.


LE SYSTÈME ALIMENTAIRE INTERNATIONAL ET LA CRISE CLIMATIQUE

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Le système alimentaire international et la crise climatique

Information recueillie par Michel

GRAIN

Aujourd'hui, le système alimentaire mondial, malgré ses semences hi-tech et ses emballages sophistiqués, est incapable de nourrir le monde. L'énormité de l'échec est patente, mais on n'envisage pas, dans les coulisses du pouvoir, de changer de direction. Des mouvements de plus en plus importants réclament le changement à grands cris, mais les gouvernements et les agences internationales persistent dans le même sens : toujours plus d'agrobusiness, plus d'agriculture industrielle, plus de mondialisation. Alors que la planète entre dans une période de changement climatique précisément causé, en grande partie, par ce modèle d'agriculture, une telle incapacité à se décider sérieusement à l'action va rapidement faire empirer une situation déjà intolérable. Le mouvement mondial pour la souveraineté alimentaire est toutefois porteur d'espoir.

Cette année, plus d'un milliard d'humains vont souffrir de la faim, tandis que cinq cent mille autres souffrent d'obésité. Les trois quarts de ceux qui ne mangent pas à leur faim sont des paysans et des ouvriers agricoles (ce sont eux qui produisent la nourriture); mais la poignée d'entreprises d'agrobusiness qui contrôle la chaîne alimentaire (ceux qui décident où va la nourriture) continuera, quant à elle, à amasser des milliards de dollars de bénéfices. De plus, les dernières études scientifiques prédisent que si l'on poursuit le même scénario, la montée des températures, des conditions climatiques extrêmes et les problèmes sévères de sols et d'eau qui en découleront, feront grossir encore de quelques millions de pauvres les rangs des affamés. Alors que l'augmentation de la population accroît la demande de nourriture, le changement climatique sapera encore nos capacités de production. Certains pays qui se battent déjà avec des problèmes de famine sévères pourraient voir leur production de nourriture divisée par deux avant la fin du siècle. Et pourtant, quand les élites se rencontrent pour parler du changement climatique, les conséquences sur la production et l'approvisionnement en nourriture sont à peine mentionnées et rien n'est fait pour trouver des réponses.

Il existe une autre dimension à cette relation entre le changement climatique et le système alimentaire global qui souligne l'urgence de la situation : non seulement le système alimentaire actuel, empêtré dans ses dysfonctionnements, est absolument inadapté au changement climatique, mais il est en fait l'un des principaux facteurs de ce changement. Le modèle d'agriculture industrielle qui approvisionne le système mondial s'appuie essentiellement sur la conversion du pétrole en nourriture, produisant ainsi d'énormes quantités de gaz à effet de serre (GES). L'usage de vastes quantités d'engrais chimiques, l'expansion de l'industrie de la viande et la disparition des savanes et des forêts du monde pour les remplacer par des marchandises agricoles, sont responsables d'au moins 30 % des émissions mondiales de GES qui sont à la source du dérèglement climatique.1

Mais tout cela ne représente qu'une partie de la façon dont le système alimentaire actuel contribue à la crise climatique. Faire de la nourriture une marchandise industrielle mondiale provoque un gigantesque gaspillage d'énergie fossile : il faut en effet la transporter, la transformer, la stocker, la congeler et l'acheminer jusqu'à la table des particuliers. Toutes ces étapes contribuent à alourdir la facture climatique. Si l'on prend tous ces éléments en compte, il n'est pas exagéré d'affirmer que le système alimentaire de nos jours est probablement responsable de près de la moitié des émissions de GES à travers le monde.

Le bien-fondé et l'urgence d'un bouleversement complet du système alimentaire n'ont jamais été aussi évidents. D'un point de vue pratique, rien n'empêche de passer à un système plus sain et partout, les gens sont apparemment prêts à changer, que ce soit les consommateurs en quête de nourriture plus locale ou les paysans édifiant des barricades sur les routes pour défendre leurs terres. Mais c'est la structure même du pouvoir qui bloque tout. C'est cette structure, essentiellement, qu'il va falloir transformer.

La famine en prévision

En 2007, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) a publié un rapport très attendu sur l'état du climat de la planète. Ce rapport déclare sans ambiguïté qu'un changement climatique est en cours et qu'il est « très probablement » causé par l'homme ; il prévoit avec une certaine prudence que la Terre se réchauffera de 0,2 °C tous les dix ans, si rien n'est fait pour réduire nos émissions de GES. Selon ce rapport, un réchauffement compris entre 2 et 4 °C – température qui pourrait être atteinte d'ici la fin du siècle

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