« Le syndrome du Titanic » - #WikiSurTerre

Retour : Accueil

Cette actualité a été publiée le 30/09/2009 à 08h02 par Tanka.


« LE SYNDROME DU TITANIC »

  • Google+
  • FaceBook
  • Twitter
  • LinkedIn
« Le syndrome du Titanic »

Information recueillie par Tanka.

Par Pierre Rabhi.

J'ai eu l'avantage, sur invitation de son auteur, d'assister à l'une des toutes premières projections du film "le Syndrome du Titanic" de mon ami Nicolas Hulot, assisté de Jean-Albert Lièvre pour la réalisation. Avec un titre pareil, nous ne sommes plus dans le registre auquel Nicolas nous a habitué : à savoir donner à connaître, à comprendre et à admirer les splendeurs de la planète qui nous héberge ainsi que les singularités des peuples, leur culture et traditions, etc. Cette fois, l'option est résolument anthropologique, mais dans ce qu'elle a de tragique.

Mon impression, "à chaud" comme on dit, n'a d'autre prétention que d'être ce qu'elle est, celle d'un écologiste et humaniste, profondément convaincu de l'extrême urgence de donner une réponse à la problématique qui détermine irrévocablement la suite de l'histoire du genre humain. J'ai d'emblée été touché par le ton sensible, authentique, qui accompagnera, jusqu'au bout du film, des images implacables.

Le véritable Nicolas Hulot, celui que la médiatisation voile plus qu'elle ne le révèle, celui dont la conscience, en dépit de toutes les interprétations et les considérations, s'est véritablement dévouée à la cause de la vie, celui qui m'est devenu cher, est bien présent.

Le film permet, une fois de plus, de comprendre cette sorte de traquenard, imputable à elle-même, dans lequel notre espèce s'enlise et se débat. La notion d'espèce ou de "phénomène humain" prend en l'occurrence un relief pathétique qui le circonscrit étrangement au sein d'un vaste réel qui semble tranquille et comme indifférent à notre sort. Il nous réduit à une sorte d'épiphénomène sans importance.

La souffrance provoquée par nos comportements semble, à côté des attributs positifs, être une composante majeure dans un destin collectif singulier. Faute d'explication rationnelle pour élucider cet état des choses, la raison est acculée à admettre la fatalité, voire la malédiction, comme principe irrévocable. Et si nous n'y prenions garde, nous validerions le vieille croyance selon laquelle l'humanité serait sous l'emprise de puissantes entités maléfiques contre lesquelles elle est totalement impuissante sans l'intervention divine.

Comme le mystère reste entier, la question reste également ouverte et chacun peut ainsi se donner la réponse qui lui convient. Il reste aussi qu'un nombre en croissance continue d'êtres humains n'adviennent au monde que pour y subir tous les supplices leur vie durant jusqu'à ce que la mort compatissante les soustraie à l'enfer terrestre. Des enfants naissent non pour vivre mais pour entrer en agonie, faute des biens vitaux pourtant surabondants mais qui leur sont confisqués. Comment admettre tous ces arbitraires qui blessent la raison et le coeur ?
L'hypothèse de la fatalité, comme celle des entités maléfiques, est commode et les rassasiés proclament même que nous vivons une époque passionnante...

Tout cela à l'avantage de nous permettre toutes les digressions et dédouane la gouvernance du monde de sa responsabilité à l'égard des êtres humains qu'elle est sensée protéger du malheur engendré par l'homme contre l'humain. Évidemment, il manque à l'intendance du monde des politiciens aux âmes fortes profondément imbues de leur magistère, et non de leur personne et de leur pouvoir infantile...

Plus que toute autre époque, la nôtre requiert des visionnaires et des responsables matures en ces temps de séismes géopolitiques sans précédent où la violence multiforme, des champs de bataille à la loi du marché, conduit à l'évidence, si rien n'est fait, au naufrage généralisé. Expliquer les mécanismes du désastre est facile : les bibliothèques regorgent de doctes analyses et considérations, les thèses et antithèses prolifèrent, les médias ne sont pas en reste et cette pléthore de constats, plus que nous donner la force et la détermination nécessaire pour agir, met en évidence notre impuissance à agir.

Probablement paralysés par l'ensorcellement qu'exercent sur nous nos prouesses technologiques non contrôlées, notre capacité à servir la mort par nos puissances de feu, nous négligeons le bien suprême que représente la vie. Pire encore nous génocidons par anticipation les générations déjà présentent parmi nous et qui dans la morosité du monde nous font offrande de leur confiance en nous et dans la vie.

Expliquer les causes de toutes ces défaillances est difficile car elles sont à débusquer au coeur même de l'être humain. Un être humain qui a fait allégeance à la puissance du lucre, lui donnant les pleins pouvoirs sur la nature et le destin du genre humain.

Pour lire la suite de cet article, cliquer sur "Lien utile"