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Cette actualité a été publiée le 11/07/2011 à 09h52 par Tanka.


LE SATELLITE ERS-2 TIRE SA RÉVÉRENCE (ESA)

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Le satellite ERS-2 tire sa révérence (ESA)

 
C'est fini pour le satellite ERS-2, annonce l'Agence spatiale européenne. Ce satellite fut lancé en 1995, et a fonctionné depuis.

Sa mission : observer la Terre - océans, surfaces continentales, atmosphères, glaces polaires... - avec plusieurs instruments.

Parmi eux, un radar à synthèse d'ouverture, un moyen très puissant car il permet d'observer par tout temps, jour et nuit, à l'inverse des détecteurs optiques et capable de distinguer des variations d'altitude extrêmement petites. C'est ainsi que l'image ci-contre (cliquer dessus pour lancer l'animation) montre la "respiration" - une image pour parler du gonflement/dégonflement de son volume - du volcan Etna en Sicile entre 1992 et 2001.

Comment un satellite lancé en 1995 a t-il pu observer l'Etna en 1992 ? C'est qu'en réalité, ERS-2, comme le chiffre de son nom l'indique, avait été précédé par son frère jumeau, ERS-1, lancé en 1991 et opérationnel jusqu'en 2000. Ce fut le premier satellite d'observation de la Terre de l'ESA. Les instruments étant identiques, il a été possible de raccorder les observations des deux satellites, offrant ERS_Groenland ainsi près de 20 ans de mesures aux scientifiques.

Les observations et résultats des deux satellites sont innombrables et ont alimenté tant la recherche de milliers de scientifiques que des dossiers à caractère politique comme celui du climat, de la pollution des océans, du suivi des navires marchands et de pêche, de la mesure des inondations fluviales, la mesure de l'ozone dans l'atmosphère, de la température des océans, de leur niveau, de la déforestation tropicale, etc.

Parmi les observations, à gauche, une animation (cliquer) montrant les variations de l'altitude des glaces qui recouvrent le Groënland entre 1992 et 2003. On y observe d'abord une diminution puis une augmentation de 2001 à 2003. Par la suite, d'autres observations satellites, altimétriques et gravimétriques, ont montré à l'inverse une diminution du volume des glaces de l'Inlandsis.

Glacier-ERS1-2_1992-2011_L Parmi ses dernières observtions, il a ainsi pu montrer l'accélération de la vitesse d'un glacier du Groënland, le Kangerdlugssuaq, (en face de l'Islande). En comparant des images datant de 1992 prises par ERS-1 et celle de cette année par ERS-2, un recul de 5 kilomètres du front du glacier a été Glacier-ERS2-Mars mai mesuré (image à gauche, cliquer dessus pour lancer l'animation montrant les deux positions du front du glacier.

(...)

ERS-2 a reçu l'ordre d'utiliser ses dernières ressources en carburant pour descendre de son orbite de 800 km d'altitude à 500 kilomètres. Il ne peut aller plus loin faute de carburant, mais cela devrait suffire pour qu'il aille se suicider dans l'atmosphère de la Terre d'ici 25 ans au plus tard en raison du freinage dû aux quelques molécules qui subsistent encore sur cette orbite. Cette prodécure permet de ne pas encombrer l'orbite terrestre par un déchet... et surtout de ne pas prendre le risque qu'une collision fasse exploser le satellite en des milliers de petits débris capables de tuer un astronaute ou de détruire un satellite.

Je garde un petit sentiment pour ERS, cité de nombreuses fois dans mes articles, en raison d'un épisode de ma vie professionnelle. J'ai publié mon premier article dans Libération le 18 avril 1995. Et c'était un portrait, paru dans le défunt cahier Sciences du journal, le portrait de Guy Duchossois, l'un des pères de ces deux satellites, à l'époque responsable de l'observation de la Terre à l'ESA. En souvenir, voici ce texte, dont l'intérêt pour l'internaute est de saisir la longue durée des programmes spatiaux :

«Emu, impatient, inquiet... mais confiant». Guy Duchossois se voit ainsi, dans quelques jours. La nuit du 20 avril précisément. Dans la moiteur équatoriale, sur le spatiodrome de Kourou, en Guyane française, une Ariane emportera dans sa coiffe un satellite d'observation de la Terre. ERS-2 (Earth observing satellite), ira rejoindre son frère jumeau, ERS-1, lancé en 1991, à 780 kilomètres d'altitude. Parmi les ERS-2 VIP de la salle Jupiter d'où l'on dirige les opérations, Guy Duchossois, responsable des missions d'observation de la Terre à l'Agence spatiale européenne, se prédit un double soupir de soulagement.

Le premier à l'injection du satellite sur son orbite. Le second lors du déploiement des antennes et des panneaux solaires. Pour le compte de milliers de chercheurs, un radar surveillera océans, glaces de mer, calottes glaciaires, forêts tropicales, sols cultivés, volcans... avec une technologie qui se joue des nuages et opère jour et nuit. Assurément, Guy Duchossois peut être fier de son bébé. (A droite, ERS-2).

Qui dit bébé dit père. A l'Agence spatiale européenne, on n'hésite pas. Si quelqu'un doit assumer la paternité de l'usage intensif que les scientifiques font des données de ERS-1, c'est bien lui qui a pris son bâton de pèlerin, tout au long des années 80, pour convaincre les chercheurs que ce tout nouvel engin ­un radar en orbite­ pouvait leur fournir des données de qualité en abondance. 270 «investigateurs principaux», des centaines de laboratoires répartis dans le monde entier, des milliers d'utilisateurs... le bilan est éloquent. ERS a évité le «pire», selon Guy Duchossois: «Engranger des données ­à la vitesse d'une bible par seconde­ et les laisser moisir sur une étagère.» Pourtant, il récuse l'exclusivité de cette paternité encombrante et s'empresse de la partager «avec mes collègues».

Détection de navires Lui ne se voit qu'agent de liaison. Simple passerelle entre les exigences des scientifiques et les contraintes des ingénieurs. Il comprend, dit-il, le jargon des uns et des autres et se contenterait de faire collaborer les deux communautés. On le croit sans hésiter. D'ailleurs, avec ses yeux bleu pâle et son bon sourire, on lui donne le bon Dieu sans confession. Et, du coup, on est plutôt enclin à donner crédit aux compliments qui l'environnent. (A gauche, détection de navires porteurs ou non de balises par ERS).
 

(...)
 

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Un article de Sylvestre Huet, publié par Sciences.blogs.liberation
 

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Auteur : Sylvestre Huet

Source : sciences.blogs.liberation.fr

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