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Cette actualité a été publiée le 08/01/2010 à 19h59 par Tanka.


LE RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE MINE LES COURSES ALPINES

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Le réchauffement climatique mine les courses alpines

Information recueillie par Tanka

La fonte des glaciers rend de plus en plus dangereuses nombre de courses classiques. Une nouvelle donne qui oblige les professionnels à une réévaluation des risques

La démonstration n'est plus à faire. Le phénomène s'observe d'évidence en superposant des photographies de différentes époques : les glaciers alpins régressent. Une constante depuis le milieu du XIXe siècle, avec parfois des courtes périodes de répit, comme dans les années 1960, mais qui s'accélère aujourd'hui.

« On assiste à un changement environnemental majeur en haute montagne depuis les années 1980, souligne le glaciologue Sylvain Coutterand (1). Une pénétration beaucoup plus profonde du front de dégel de la roche, qui provoque un désenglacement des parois et de plus en plus d'éboulis. Conséquence pour l'alpinisme : nombre d'ascensions classiques sont délaissées, car elles deviennent trop dangereuses. »

Des pans entiers s'effondrent, comme sur la célèbre face ouest des Drus en 1997, 2003 et 2005, provoquant la disparition pure et simple d'itinéraires mythiques, notamment sur le célèbre pilier Bonatti. Depuis, les guides Martial Dumas et Jean-Yves Fredriksen, en 2007, sont les seuls à avoir ouvert une nouvelle voie, au prix d'un incroyable « nettoyage » des fissures.

« Des ascensions classiques deviennent trop dangereuses »

La face nord de l'Eiger, marquée par un effondrement massif en 2006, ne se réalise presque plus aujourd'hui. En septembre dernier, d'autres chutes de pierres obligeaient la fermeture des classiques voies italiennes du Cervin. L'aiguille Verte du Mont-Blanc par le célèbre couloir de Whymper n'est quasiment plus possible en juillet et août.

« Quand les étés sont très chauds et secs, comme en 2003 ou en 2009, nombre de voies ne sont plus praticables durant cette saison, explique l'alpiniste et guide Christian Trommsdorff. Globalement, le danger s'accroît sur de nombreuses zones situées entre 3 500 et 4 000 mètres sur les faces orientées nord-nord-ouest. La pratique de fait se décale, et il vaut mieux privilégier l'alpinisme d'hiver. »

Autre changement : la difficulté nouvelle sur l'attaque de certains itinéraires. La remontée des glaciers se traduit parfois par une longueur supplémentaire qui donne du fil à retordre aux grimpeurs l'été, comme sur le pilier Gervasutti du mont Blanc du Tacul.

« Il vaut mieux privilégier l'alpinisme d'hiver »

Les guides s'adaptent de fait à cette nouvelle donne. Une habitude pour eux, sur leur terrain de jeu en perpétuelle évolution. Mais les conséquences du réchauffement climatique rendent encore plus indispensable aujourd'hui leur rigueur en matière de sécurité.

« La dégradation actuelle des voies exige une vigilance accrue, d'autant qu'à cela s'ajoute une multiplication des phénomènes exceptionnels, avec notamment des variations météo très brusques, bien plus qu'avant », reprend Christian Trommsdorff. Des précautions qui ne sont pas toujours respectées par les grimpeurs qui défient les Alpes.

« Les alpinistes locaux sont parfaitement conscients des risques, assure Yann Giezendanner, météorologue et routeur de nombreuses expéditions. Mais des grimpeurs étrangers, en provenance des États-Unis, de l'Est ou d'Allemagne et d'Autriche provoquent plus volontiers la chance. Avec les nouveaux matériels (des piolets et crampons plus performants) on grimpe plus vite, et on croit du coup s'exposer moins. À tort parfois. »

« Une vigilance accrue est exigée »

Les accidents en montagne recensés par la préfecture de Haute-Savoie ne cessent d'augmenter depuis quatre ans. Certes, ils ne concernent pas que les massifs du Mont-Blanc, et les drames touchant l'alpinisme pur et dur ont plutôt tendance à se stabiliser, randonnées et VTT gonflant de plus en plus les statistiques des opérations de secours.

Mais si l'accidentologie alpine de haut niveau ne connaît pas de pics, c'est surtout pour une raison simple : « La pratique régresse depuis quelques années, les gens se tournant plus volontiers vers l'escalade, le mur, la randonnée », souligne Yann Giezendanner.

Baisse de la fréquentation dans les refuges haut perchés, perte de 9 000 adhérents ces dernières années pour la Fédération française des clubs alpins de montagne (de 90 000 à 81 000), diminution de la clientèle française pour les guides, l'alpinisme est pour les pessimistes en phase de déclin, pour les optimistes en profonde mutation. Les modifications climatiques participent, même si elles ne sont évidemment pas seules en cause, aux bouleversements des pratiques.

Jean-Luc FERRE - Source : la-croix.com


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