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Cette actualité a été publiée le 15/01/2011 à 13h33 par Tanka.


LE RAYONNEMENT GAMMA DES ORAGES

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Le rayonnement gamma des orages

Une mission spatiale a détecté au-dessus de zones orageuses des rayons gamma d'une énergie inédite, ce qui relance le débat sur l'origine de ces émissions.

Sylphes, elfes, trolls, halos, jets géants... Un orage produit non seulement des éclairs, mais aussi, au-dessus des nuages, toutes sortes d'émissions lumineuses fugitives aux noms féériques et que l'on étudie depuis une vingtaine d'années.

Ce n'est pas tout. À partir de 1994, des satellites dédiés à la mesure des rayons gamma dans l'espace ont détecté par hasard, au-dessus d'orages, de brèves émissions de rayons gamma (TGF, pour Terrestrial Gamma Flashes, flashs de rayons gamma terrestres) comparables aux émissions cosmiques, et dont l'énergie pouvait atteindre 30 mégaélectronvolts.

On pensait que ces flashs étaient le fruit des collisions des rayons cosmiques (particules de haute énergie qui arrivent de l'espace, émises notamment par le Soleil) avec les molécules du nuage orageux. Le scénario envisagé était le suivant : une rafale de rayons cosmiques arrache des électrons aux molécules des régions supérieures du nuage ; ces électrons, accélérés par le puissant champ électrique créé par la répartition des charges du nuage (positives en haut, négatives en bas), sont projetés vers l'ionosphère, émettant alors des rayons gamma au gré de leurs collisions avec les molécules de l'air. Mais les dernières mesures de la mission spatiale italienne AGILE remettent en cause ce scénario.

Le satellite AGILE a en effet détecté des TGF de 100 mégaélectronvolts, des énergies trop élevées pour être expliquées par ce modèle. D'autres pistes sont envisagées : « Les sylphes, émissions rouges en forme de colonne, présentent des filaments lumineux très fins où l'on observe une forte accélération des électrons, qui pourrait leur conférer une énergie cinétique suffisante pour expliquer celle des TGF. Mais peut-être existe-t-il aussi plusieurs types de TGF », explique Elisabeth Blanc, géophysicienne au Commissariat à l'énergie atomique.

Pour l'heure, les données sont insuffisantes pour conclure. Cela devrait changer d'ici quelques années : le Centre national d'études spatiales vient d'accepter de financer la construction du satellite TARANIS, dédié à la détection de toutes les émissions associées aux orages, y compris les électrons. « Cette approche globale devrait aider à mieux comprendre les mécanismes physiques en jeu et à évaluer l'impact de ces phénomènes sur leur environnement », souligne E. Blanc, membre du projet. Les mesures devraient commencer en 2015.

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Auteur : Marie-Neige Cordonnier

Source : www.pourlascience.fr