Le prix de la vérité : Irène Frachon et le scandale du Mediator (4/5) - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 23/01/2013 à 22h01 par Jacky.


LE PRIX DE LA VÉRITÉ : IRÈNE FRACHON ET LE SCANDALE DU MEDIATOR (4/5)

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Le prix de la vérité : Irène Frachon et le scandale du Mediator (4/5)

Image revisitée par Jacques, lanceur d'alerte
 

En 2007, Irène Frachon, Pneumologue au CHU de Brest, signale à l'Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) que certains de ses patients traités au Mediator, un médicament des laboratoires Servier, souffrent d'atteintes cardiaques. Elle découvre que ce produit comprend le même composé toxique que l'Isoméride, autre coupe-faim de Servier, interdit en 1997 pour cause de maladie mortelle. En mars 2009, elle déclare onze cas.

Paris Match. Vos révélations, ce fut le grand saut ?

Irène Frachon. Quand j'ai réalisé que des gens s'empoisonnaient chaque jour, j'ai basculé. Il fallait y aller. Par des confrères, je soupçonnais ce dont les laboratoires Servier étaient capables : coups de fil nocturnes, livraison de couronnes mortuaires, filatures... Des méthodes de barbouzes, mais je me disais que le scandale de l'Isoméride avait dû les calmer. Ce que j'ai découvert relève plutôt d'une pharmacodélinquance institutionnalisée !

De quoi être prudente, non ?

Je l'ai été dès le départ, en 2007. J'ai relu de façon obsessionnelle mes premiers dossiers de pharmacovigilance, ces formulaires qu'on transmet à l'Afssaps quand on découvre un cas suspect : je n'avais pas droit à l'erreur. Plus j'avance dans mon enquête sur les méfaits du Mediator, plus je comprends l'ampleur du drame. Une course contre la montre commence début 2009. Je deviens très fébrile. Je ne dors plus. Je ne parle que de ça à mes enfants et à mon mari. Qui m'a toujours soutenue.

Commencez-vous à avoir peur ?

La vraie peur viendra avec la parution de mon livre en 2010. Après le retrait du Mediator, je me dis qu'il faut que j'écrive, que je témoigne du crime, puisque, oui, c'est un crime ! J'ai vu mourir des gens foudroyés par ce poison. Les collègues m'avertissent : “C'est une bombe atomique, ça !” Là, tout bascule. La toubib inconnue de province, brave mère de quatre enfants, va devenir un objet de détestation.

«L'hostilité à mon encontre n'est pas finie»

Surtout quand Servier attaque le livre pour son sous-titre, “Combien de morts ?”.

Le lundi suivant la mise en rayons, les avocats de Servier au tribunal de grande instance de Brest plaident avec de tels mensonges que je ne peux croire que ça va prendre. Or, nous voilà condamnés! Le ciel m'est tombé dessus ! J'étais effondrée. La justice était capable d'accepter ça ! J'ai soudain été très inquiète pour le futur de nous voir si mal protégés... Ce sont les moments les plus durs. Le livre reparaît grâce au courage de mon éditeur, avec la mention “sous-titre censuré”, mais on n'arrive pas à le remettre en place dans les librairies. Trop tard. Comme quoi, la censure, ça marche. Je suis très atteinte. Et puis, mon sauveur arrive : le député Gérard Bapt qui va s'emparer du dossier et pousser l'Afssaps dans ses retranchements. Bien plus tard, le jugement en faveur de Servier sera annulé.

Vous le referiez ?

Sans hésiter. Je ne suis pas chef de service, je n'ai pas une équipe de recherche qui dépend de moi ; je ne fais pas partie d'un cénacle parisien qui m'aurait peut-être lié les mains ; j'aime mon métier, mais je ne suis pas carriériste. L'hostilité à mon encontre n'est pas finie. Pas de menaces directes. Je suis juste devenue un mouton noir pour certains labos et médecins. Au moment d'indemniser les victimes, je vois l'inertie confinant au mépris, à la non-assistance à personnes en danger. Je ne lâcherai pas ces gens. Je sais que je suis un “lanceur d'alerte” privilégié : fonctionnaire, j'ai été soutenue par mes confrères, par l'administration hospitalière, ma ville, mes concitoyens. Un strict combat citoyen.

 

Un article de Maryvonne Ollivry, publié par parismatch.com et relayé par SOS-planete

 

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Auteur : Maryvonne Ollivry

Source : www.parismatch.com