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Cette actualité a été publiée le 11/11/2010 à 22h30 par Tanka.


LE POIDS CROISSANT DES ÉMERGENTS COMPLIQUE LA DONNE CLIMATIQUE

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Le poids croissant des émergents complique la donne climatique

La hausse des émissions de gaz à effet de serre (GES) en Chine et dans d'autres pays émergents réduit peu à peu la responsabilité historique des pays riches dans le réchauffement de la planète, ce qui pourrait compliquer la conférence de Cancun sur le climat qui s'ouvre à la fin du mois.

Washington affirme qu'un "Mur de Berlin" injuste sépare un groupe de 40 pays industrialisés sommés de réduire fortement leurs émissions de GES à l'horizon 2020, et les autres pays qui n'auront comme obligation que de ralentir la progression de leurs propres émissions dans le même délai.

Ces principes ont été arrêtés dans la convention climatique adoptée lors du sommet de la Terre à Rio en 1992.

Les quarante, représentant un cinquième de la population mondiale, ont été classés dans l'"annexe 1". Ils doivent être les premiers à réduire leurs émissions de GES car on considère qu'ils ont été les premiers à nourrir le réchauffement en consommant la majeure part des énergies fossiles depuis la Révolution industrielle.

Mais la conférence de Cancun, du 29 novembre au 10 décembre, devrait être le théâtre d'appels plus insistants en faveur de la création d'une nouvelle échelle de responsabilités afin de refléter le poids croissant de pays comme la Chine, l'Inde ou le Brésil depuis 1992.

"Les émissions des pays en développement, en particulier celles de la Chine et de l'Inde, sont dans le haut de la fourchette" des projections dans un rapport des Nations unies de 2007 qui sert de référence aux gouvernements, souligne Niklas Höhne, du cabinet d'études sur le climat Ecofys.

"Mais en termes d'émissions par tête, c'est une tout autre affaire. La Chine est à peu près dans la moyenne mondiale et reste quatre fois plus faible que les Etats-Unis", dit-il.

NOUVEAU PARADIGME

La hausse des émissions de GES dans de nombreux pays émergents, conséquence d'une croissance économique rapide qui réduit la pauvreté - une priorité de la communauté internationale -, contraste avec leur baisse dans de nombreux pays riches, favorisée par la crise économique.

Plus les années passent, plus la proportion des émissions de GES par les pays industrialisés baisse.

Dans un discours prononcé le mois dernier, l'émissaire américain sur le climat, Todd Stern, évoquait la nécessité de définir un "nouveau paradigme" étant donné que les pays développés ne représentent plus aujourd'hui que 45% des émissions de GES, une proportion qui tombera à 35% d'ici 2030.

Il soulignait que, en chiffres cumulés, la Chine était passée devant la Russie en tant que deuxième pays émetteur derrière les Etats-Unis, et dépassait la France en niveau d'émissions par tête.

Plusieurs analystes jugent toutefois que les appels de Todd Stern sont un peu prématurés.

"Il est un peu tôt" pour parler d'un grand transfert de responsabilité, estime Susanne Dröge, directrice de recherches sur les questions mondiales à l'institut allemand pour les affaires internationales et de sécurité.

Celle-ci pense que Washington cherche à détourner l'attention de ses propres lacunes en matière de lutte contre le climat. Malgré les espoirs du président Barack Obama, les Etats-Unis n'ont pas adopté de loi pour réduire les émissions de GES et la large victoire des républicains aux élections de mi-mandat, le 2 novembre, a renvoyé l'idée aux calendes grecques.

LA CHINE RATTRAPE LA FRANCE

Terry Barker, directeur du centre de Cambridge sur le climat, estime que la croissance plus forte que prévu des pays émergents signifie que ces derniers devront avancer d'un an ou deux leurs projets de réduction des émissions de GES, "s'ils sont sérieux quant à la réalisation de leurs objectifs".

Des pays comme Singapour ou la Corée du Sud ont depuis longtemps dépassé le niveau d'émissions par tête de certains des 40 pays de l'annexe 1, comme l'Australie ou la Russie. Mais les pays en développement redoutent de perdre de leur influence s'ils se retrouvent divisés.

Certains experts jugent exagéré de déclarer, comme Todd Stern, que la Chine a dépassé la France en termes d'émissions par tête.

Stern ne précisait pas à quel type d'émissions il faisait référence, mais le critère le plus facile à évaluer est celui des émissions de gaz carbonique liées à la production d'énergie.

Selon les statistiques du groupe BP pour 2009, le niveau de la France était de 6,3 tonnes par tête et celui de la Chine de 5,6 tonnes.

L'écart est grand, mais le rythme de croissance de la Chine reste impressionnant. Le pays connaîtra, d'après les projections de l'OCDE, une croissance de 11,1% en 2010 et de 9,7% en 2011.

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Auteur : Jean-Stéphane Brosse

Source : www.lexpress.fr