Le plan secret d'Areva pour se restructurer - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 19/10/2011 à 19h28 par Kannie.


LE PLAN SECRET D'AREVA POUR SE RESTRUCTURER

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Le plan secret d'Areva pour se restructurer

Le président du directoire d'Areva, Luc Oursel

 

Pour améliorer sa rentabilité, le groupe nucléaire va tailler dans ses effectifs et fermer des sites. Production d'uranium, fabrication des réacteurs ou retraitement du combustible: l'état des lieux exclusif de l'Expansion.

On l'appelle PAS -pour Plan d'action stratégique. Lancé dans l'urgence par Luc Oursel, lorsqu'il a pris la direction du groupe nucléaire en juin dernier, ce plan ne sera rendu public qu'en décembre prochain. Et silence radio jusqu'à cette date. Pourtant, une étape vient d'être franchie. "Nous avons fait la moitié du travail, commente, anonyme, un cadre dirigeant. Luc Oursel va en donner une première esquisse à ses actionnaires, cette fin de semaine, lors d'un comité stratégique. "Que va-t-il leur annoncer ? D'ores et déjà, nous pouvons en donner les grandes lignes.

De toute évidence, il y aura des réductions d'effectifs et des fermetures de sites -notamment en Allemagne et en Belgique. Et un énorme programme de réductions de coûts et d'investissements va être lancé.

Luc Oursel ne s'en cache pas : toutes les activités sont, actuellement, passées à la paille de fer. L'amont, c'est-à-dire la production de combustible (uranium), la fabrication des réacteurs, mais aussi l'aval de la chaîne, à savoir le traitement du combustible usé. Avec, toujours, la même question : que peut-on élaguer ? "Il n'y a aucun tabou", assène Luc Oursel, lors des réunions de direction. Revue de détail.

1 - Amont: l'usine belge de Dessel va fermer

Pour Areva, l'arrêt des réacteurs japonais et allemands a été terrible. Il a privé le groupe français de deux gros clients. La sanction n'a pas tardé : les usines de transformation d'uranium (les sites de la Comurhex, dans l'Aude et la Drôme) vont interrompre leur production en novembre et décembre. Aucun licenciement n'a été évoqué pour l'instant. Ce serait du reste très délicat, à huit mois de l'élection présidentielle. Et les salariés ? En attendant 2012, ils sont priés de prendre des congés ou de suivre une formation.

Pour les sites qu'Areva possède à l'étranger, l'avenir est en revanche moins assuré. Deux filiales pourraient payer un lourd tribut. D'abord, ANF, en Allemagne. Plusieurs sites sont visés : Lingen (fabrication de composants et d'assemblages de combustible), Offenbach et Erlangen (ingénierie). A Areva, on comptait en effet beaucoup sur le marché de la modernisation des réacteurs allemands, estimé à plusieurs centaines de millions d'euros, pour occuper les bataillons d'ingénieurs. En annonçant pour l'Allemagne la sortie du nucléaire, Angela Merkel en a décidé autrement.

Conséquence directe, près de 800 postes, selon nos informations, vont être supprimés sur ces trois sites. "Il y a de nombreux salariés âgés, explique une source interne. Ce sont eux qui seront concernés en premier lieu par le plan."

En Belgique, c'est la Franco-Belge de fabrication du combustible (FBFC) qui est menacée. Il est pratiquement acquis que l'usine de Dessel, qui produit des assemblages de combustible, fermera ses portes dans les trois ans. Le plan social serait même déjà bouclé...

Outre-Atlantique, les nouvelles sont aussi mauvaises. Dans l'état-major d'Areva, on ne donne pas cher du projet d'usine d'enrichissement Eagle Rock, dans l'Idaho, dont la construction devait commencer en 2011. Report ou annulation pure et simple ? La décision finale n'a pas encore été prise.

2 - Gisement d'uranium namibien : tout est stoppé

Au siège du groupe nucléaire, on s'interroge beaucoup sur l'avenir de l'activité minière, récemment filialisée. Dans l'idéal, il faudrait investir plus de 2 milliards d'euros dans cette activité très capitalistique. Hors de question dans le contexte actuel, où l'on cherche à réduire les investissements. Certaines mesures auraient déjà été prises.

Le démarrage de l'exploitation du gisement d'uranium d'Imouraren, au Niger, serait reporté après 2013. Plus grave, il est fortement question d'annuler le projet namibien de Trekkopje. "Nous devons nous adapter à l'évolution de la demande mondiale", dit-on, en haut lieu, à Areva.

Pour trouver du cash, on évoque, en interne, une mise en Bourse de la branche minière, Areva Mines. Mais ce ne sera pas le cas. L'Etat a plutôt décidé de procéder à une augmentation de capital. Plusieurs pistes sont à l'étude. D'abord, faire entrer un opérateur électrique (coréen, par exemple) dans le capital d'Areva Mines. Il est aussi question d'y inviter des investisseurs financiers (fonds qatari ou chinois). Autre possibilité, la participation d'un groupe minier étranger. "Nous travaillons aussi sur des combinaisons entre ces différentes formules", confie-t-on en interne.

3 - L'ingénierie va être préservée

Quid, maintenant, de la fabrication des cuves de réacteurs, le coeur de métier d'Areva ? A priori, cette activité sera moins touchée que les autres. Il faut dire que l'appel d'offres d'EDF, tombé ces dernières semaines, arrive à point nommé. L'électricien français doit en effet renouveler les 44 générateurs de vapeur de ses centrales françaises. Un marché de 1,5 milliard d'euros, qu'Areva a pu capter en partie. L'industriel en produira un peu plus de la moitié. Un vrai bol d'air, alors que les projets de contrats de réacteurs EPR subissent revers sur revers. Reste le Royaume-Uni, où l'électricien EDF envisage de construire plusieurs EPR. Encore faut-il pouvoir les financer. Là aussi, le programme prend du retard. "Au moins un an", dit-on à Areva.

Dans ces conditions, que vont devenir les centaines d'ingénieurs recrutés ces dernières années pour anticiper le boom du marché des réacteurs ? "A priori, ils n'ont pas trop de souci à se faire, tempère une source interne. Le département ingénierie, c'est le saint des saints. On n'y touche pas."

D'autant qu'une solution s'impose d'elle-même : transférer ces compétences à la branche services, où l'on s'occupe notamment de la modernisation des centrales nucléaires en fonctionnement.

Un business en hausse : les stress tests réalisés dans les centrales, partout dans le monde, donneront du grain à moudre aux ingénieurs d'Areva.

 

Un article de Charles Haquet, publié par lexpansion.lexpress.fr

 

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Auteur : Charles Haquet

Source : lexpansion.lexpress.fr

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