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Cette actualité a été publiée le 26/05/2011 à 12h29 par Mich.


LE NUCLÉAIRE A DÉJÀ UN PIED DANS L'AGROALIMENTAIRE

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Le nucléaire a déjà un pied dans l'agroalimentaire

 

L'irradiation des aliments est une pratique de conservation des aliments qui progresse depuis une dizaine d'année. Pour autant, elle reste difficile à identifier pour le consommateur. Faut-il en avoir peur ? Le point sur un sujet fort peu médiatisé.

Officiellement appelée « ionisation » (moins péjoratif), l'irradiation des aliments est l'une des trouvailles de l'industrie nucléaire pour les applications civiles de l'atome. Cette technique utilisée par l'industrie agroalimentaire depuis une cinquantaine d'année a pour objectif d'augmenter la durée de conservation des aliments en leur infligeant une dose radioactive « légère ».

Cette dose ne produit pas d'aliments « contaminés », c'est-à-dire radioactifs. Mais est-ce vraiment une garantie d'innocuité ? La question, qui fait débat depuis le début de cette pratique, a été évacuées par les agences sanitaires. Les consommateurs, eux, se montrent beaucoup plus méfiants.

En Europe, l'irradiation est autorisée, en principe, pour un nombre limité de denrées : les herbes aromatiques séchées, les condiments et les épices (directive 1999/3/CE du Parlement européen et du Conseil du 22 février 1999). Dans les faits, chaque État membre est libre de maintenir les autorisations qui lui sont propres. La libre circulation des marchandises fait le reste.

Ainsi, dans la pratique, l'irradiation de nombreuses denrées est autorisée partout en Europe : abats de volaille, ail, oignon, échalote, blanc d'oeuf, céréales, condiments végétaux, crevettes, cuisses de grenouilles congelées, farine de riz, flocons et germes de céréales pour produits laitiers, herbes aromatiques, légumes et fruits secs, viandes de volailles, etc.

Le Codex Alimentarius (le code alimentaire international, lire notre précédente édition) a par ailleurs donné son feu vert à l'irradiation de tous les aliments en 2003. Les États, eux, restent néanmoins plus restrictifs, sans doute du fait de l'impopularité de l'irradiation. Mais pour combien de temps ? On sait que les litiges commerciaux internationaux sont souvent réglés par l'OMC sur la base du Codex.

Le conflit commercial autour du boeuf aux hormones peut se reproduire pour les aliments irradiés, et l'Europe se voir accusée de « protectionnisme ». En clair, les consommateurs ne sont pas à l'abri d'une arrivée forcée de produits irradiés en provenance des pays non membres de l'UE, ou de pénalités financières pour entrave à la liberté du commerce mondial.

La France approuve l'irradiation

« La littérature scientifique récente n'apporte pas d'éléments nouveaux qui permettraient, sous l'angle toxicologique notamment, de remettre en question les conclusions des évaluations conduites jusqu'à présent concluant à la sécurité des aliments traités par ionisation », explique l'Afssa.

L'agence française pour la sécurité sanitaire des aliments se veut rassurante pour le consommateur (elle rassure aussi, de fait, l'industrie agro-alimentaire...). Mais peut-on vraiment faire confiance à ses conclusions ? Le Collectif français contre l'irradiation des aliments s'est livré à un décryptage des derniers avis sanitaires de l'Afssa.

Pour lui, l'agence « donne des informations fallacieuses parce qu'incomplètes, concernant notamment les quantités irradiées dans l'Union européenne, la recommandation de la norme Codex ou la réalité des contrôles, déformant ainsi les faits ».

Depuis 2001, le droit français a mis en oeuvre la directive cadre européenne 1999/2/CE, par le décret n°2001-1097 du 16 novembre 2001 relatif au traitement par ionisation des denrées destinées à l'alimentation de l'homme et de l'animal. L'arrêté du 20 août 2002 a fixé la liste des catégories de denrées pour lesquelles le traitement par irradiation est autorisé.

Grâce à l'autorisation prévue par la directive européenne et forte des avis favorables donnés par le CSAH, la France continue d'autoriser l'essentiel des produits précédemment agréés : les herbes aromatiques, les épices, les condiments, l'oignon, l'ail, l'échalote, les légumes et fruits secs, les flocons et germes de céréales pour produits laitiers, la farine de riz, la gomme arabique, la volaille, les cuisses de grenouilles congelées, le sang séché et le plasma, les crevettes, l'ovalbumine (additif alimentaire), la caséine et les caséinates (additifs alimentaires).

Seuls le camembert au lait cru et les fraises ont disparu de sa liste. Ces ingrédients se seraient-ils montrés trop sensibles au traitement ? Il semble que ce soit bien le cas du camembert, les lipides animales ayant tendance à rancir à la suite de l'irradiation...

Laxisme. En France comme en Europe, l'étiquetage est obligatoire, mais les contrôles sont tellement peu fréquents, surtout en France, que le laxisme pourrait bien être la règle... Dans l'hexagone, au niveau de la commercialisation, seuls 216 échantillons ont été contrôlés en 2006, avec un taux de fraude de 14,8 % (crustacés et mollusque surtout) !

En 2007, seulement 117 échantillons (taux de fraude : 5,13 %) ont été examinés. Non seulement ce faible échantillonnage ne permet pas de juger de la situation correctement, mais il est aussi à comparer avec les 3 744 échantillons allemands (qui irradient dix fois moins que les Français), bien plus représentatifs (avec un taux de fraude de seulement 1,47 %).

On mesure, à cet écart, le professionnalisme de l'État français qui devrait plutôt s'inspirer de la rigueur germanique avant de délivrer des avis sous forme de « tranquillisants sanitaires » pour faire face à l'anxiété des consommateurs devant leur assiette.

(...)

 

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Note : L'irradiation est suspectée de provoquer sur les aliments des mutations moléculaires toxiques, plus particulièrement dans les graisses, qui supportent mal ce traitement. « Si un aliment irradié ne devient pas radioactif, sa nature est cependant profondément altérée par la formation de radicaux libres très réactifs et par des recombinaisons chimiques donnant naissance à des molécules nouvelles comme le cyclobutanone dans les lipides, dont plusieurs études montrent la toxicité », explique Brigitte Zaccaria, consultante pour l'association de consommateurs Food and Water Watch Europe.

 

Un article publié par AgoraVox

 

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Auteur : AgoraVox

Source : www.agoravox.fr