Le négateur du climat a un maigre CV en climatologie - #WikiSurTerre

Retour : Accueil

Cette actualité a été publiée le 24/06/2010 à 22h33 par Tanka.


LE NÉGATEUR DU CLIMAT A UN MAIGRE CV EN CLIMATOLOGIE

  • Google+
  • FaceBook
  • Twitter
  • LinkedIn
Le négateur du climat a un maigre CV en climatologie

En voilà des travaux qui ne manqueront pas de faire couler de l'encre. Dans la dernière livraison des Annales de l'Académie américaine des sciences (PNAS), quatre chercheurs tentent d'évaluer la crédibilité des experts qui publient sur le réchauffement climatique (1). Et devinez quoi? Les négateurs font pâle figure.

Bien évidemment, le nom de l'auteur principal de ces travaux fera bondir les Claude Allègre et autres négateurs du réchauffement climatique. Car Stephen Schneider est l'un des piliers du GIEC depuis longtemps. Il n'empêche, ce travail solide apporte un éclairage à ce que les journalistes qui connaissent bien le climat savent depuis longtemps: les scientifiques qui nient le rôle humain dans l'évolution du climat sont moins qualifiés dans le domaine que ceux qui partagent les analyses du Groupe d'experts sur le climat de l'ONU (Giec).

Après avoir établi un classement, parmi une base de 1372 chercheurs en climatologie, étudié leurs travaux et analysé leurs prises de positions (2), Schneider et ses collègues constatent que 2% du Top 50 des climatologues ne sont pas convaincus du rôle humain dans le réchauffement en cours. En élargissant le panel au Top100, le chiffre grimpe à 2,5% et reste voisin de 3% en analysant les travaux du Top200 des climatologues.

Autrement dit, 97% des climatologues réputés partagent les vues du GIEC. Et à regarder la quantité de travaux signés des uns et les autres, il apparait qu'en moyenne, les négateurs ont bien moins publié sur le climat que ceux qui partagent le consensus exprimé par les rapports du Giec. Deux fois moins, pour être précis. 80% des chercheurs « négateurs » ont publié moins de 20 papiers sur le climat de la planète. Et pour finir, l'analyse des 50 chercheurs les plus prolifiques de chacun des deux groupes confirme cette analyse: les négateurs les plus experts ont publié 89 articles en moyenne, contre 408 pour les « réchauffistes » les plus experts.

On objectera évidemment que cette vision comptable de l'expertise ne reflète pas fidèlement la réalité. C'est vrai, mais c'est sans doute la seule manière de procéder. Schneider et ses trois collègues ont pris quelques précautions. Pour classer les chercheurs, ils ont comptabilisé le nombre d'articles publiés, mais aussi les indices de citation de ces travaux. Un critère comme un autre, mais sans doute l'un des moins mauvais si bien qu'il sert à l'évaluation des chercheurs. Et pour éviter les biais, Schneider ont pris une moyenne des citations, car un papier unique très cité ne suffit pas à établir la réputation d'un scientifique. Il mesure plutôt la capacité de cet article à poser une controverse.

Même si personne ne pourra jamais se mettre d'accord sur une méthode idéale permettant de déterminer l'expertise des uns et des autres dans le débat sur l'évolution du climat, les travaux publiés ce matin dans les PNAS tendent à confirmer ce que savent depuis longtemps les journalistes et les politiques qui se penchent sur la science du climat. Le consensus proposé par le Giec est partagé par la quasi-totalité des climatologues réputés, et toute volonté donner un même temps de parole aux chercheurs « réchauffistes » et « négateurs » au nom de l'objectivité journalistique est un biais!

(1) Expert credibility in climate change, William Anderegg, James Prall, Jacob Harold et Stephen Schneider, Annales de l'académie américaine des sciences du 21 juin 2010.

(2) Les chercheurs ont compilé une liste de déclarations soutenant (rapport du GIEC, déclaration de Bali, etc.) ou contredisant (lettres aux premiers ministres canadiens et au secrétaire général de l'ONU, rapport NIPCC, tribune du Cato Institute, etc.) la thèse d'un réchauffement climatique lié aux activités humaines.

Pour en savoir plus sur la situation planétaire

.





Auteur : Denis Delbecq

Source : effetsdeterre.fr