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Cette actualité a été publiée le 24/11/2009 à 12h52 par Tanka.


LE MOUSTIQUE ANTI-MALARIA, GÉNÉTIQUEMENT MODIFIÉ

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Le moustique anti-malaria, génétiquement modifié

Information recueillie par Tanka.

Des chercheurs américains ont créé les premiers moustiques génétiquement modifiés, dont l'organisme détruit le Plasmodium falciparum, le parasite responsable du paludisme, qui se développe habituellement dans le corps de ces insectes.

"Ce sont les premiers moustiques génétiquement modifiés résistants au parasite Plasmodium grâce à une modification de leur système immunitaire", se félicite George Dimopoulos, professeur à l'Institut de recherche sur le paludisme de l'Université Johns Hopkins à Baltimore, qui dirige l'équipe de chercheurs.

Plus de 300 millions nouveaux cas de paludisme sont diagnostiqués chaque année dans le monde et près d'un million de personnes en meurent, dont surtout des enfants en bas âge en Afrique, rappelle-t-il.

Jusqu'à présent ces chercheurs ont créé deux groupes de moustiques génétiquement modifiés. Dans le premier, le gène provoquant la destruction du Plasmodium par le système immunitaire du moustique a été activé dans les tissus intestinaux de l'insecte où le parasite s'installe initialement. Dans la seconde catégorie de moustiques, la modification génétique a fait agir le système immunitaire contre le Plasmodium au niveau d'un organe du moustique jouant le rôle du foie.

Les généticiens de Johns Hopkins cherchent maintenant à créer un moustique génétiquement modifié dont le système immunitaire interviendra à ces deux niveaux.

Modifier une bactérie de l'intestin du moustique

Mais répandre ces gènes dans les populations de moustiques dans la nature s'est avéré difficile notamment en l'absence de reproduction croisée entre les différentes espèces de ces insectes porteurs du parasite.

Pour remédier à cette difficulté "l'idée est désormais de modifier génétiquement une bactérie vivant naturellement dans l'intestin des moustiques pour qu'elle sécrète une substance fatale au parasite Plasmodium mais pas à ces insectes", explique Marcelo Jacobs-Lorena, professeur de microbiologie moléculaire au JHMRI (Johns Hopkins Malaria Research Institute), le principal auteur des recherches sur les moustiques génétiquement modifiés.

Cette approche présente un avantage car il est beaucoup plus facile de cultiver de vastes quantités de bactéries génétiquement modifiées que de faire reproduire des armées de moustiques OGM, souligne-t-il.

Ce chercheur travaille actuellement sur différentes techniques pour disséminer ces bactéries dans les populations sauvages de moustiques en créant des refuges artificiels contenant des boules de coton imprégnées de sucres et de bactéries génétiquement modifiées où les insectes iront se nourrir.

Toutefois les techniques de modifications génétiques des vecteurs du paludisme, bien que très prometteuses pour combattre cette maladie, ne sont pas suffisantes. "Nous aurons encore besoin de plusieurs autres armes dans notre arsenal pour venir à bout du paludisme", juge George Dimopoulos.

"Dans certaines régions, un vaccin (plusieurs candidats font actuellement l'objet d'essais cliniques) pourrait être le plus efficace, alors que dans des zones plus isolées d'autres techniques à bas coûts pourraient être mieux adaptées", ajoute-t-il.

Belga


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