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Cette actualité a été publiée le 29/11/2009 à 18h08 par Tanka.


LE MONDE EST UNE GOUTTE D'EAU POISSONNEUSE

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Le monde est une goutte d'eau poissonneuse

Information recueillie par Tanka.

Rien de ce qui se voit n'est vraiment important. Prenez le plancton, né il y a 3,5 milliards d'années.Il est invisible à l'oeil nu. S'il disparaît, on est mal. On est mort.

Dans les yeux binoculaires du microscope, un ballet de cils vibrants, de la bijouterie de diamantaire, la danse des sept voiles. De quelle terre inconnue, les deux explorateurs qui vous mettent ces sortilèges dans la prunelle, reviennent-ils ? D'une mare de la plage d'à côté. D'une goutte d'eau salée.

Ces formes étranges qui grouillent, c'est du plancton. C'est-à-dire une pincée de levain de la vie. De la poussière de mer. Des micro-organismes qui vont se transformer en algues (phytoplancton) ou en crevettes (zooplancton). Puis en poisson. Au départ, on a un banc de plancton. Et à l'arrivée, un thon.

Même dans le champagne !

Quand on demande à Maëlle Thomas-Bourgneuf et à Pierre Mollo, enseignants-formateurs, ce qu'est du plancton, ils répondent : « C'est l'enfant des volcans et de l'invivable. Voilà 3,5 milliards d'années, il a organisé la vie. C'est invisible à l'oeil nu et pourtant c'est essentiel. Ça épure, ça filtre, ça nettoie, un peu comme des acariens de la mer. Ça fournit même des médicaments et des emplois. Et ça nous produit la moitié de notre oxygène. On parle beaucoup de l'Amazonie mais le second poumon du monde, c'est le plancton. Un hectare d'océan produit vingt fois plus qu'un hectare de forêt ».

Ces deux baroudeurs de flaques d'eau et de grands fonds nous reviennent de leur odyssée avec des histoires plein les poches. Ils ont fait un tour de terre de cette biomasse invisible et omniprésente, complexe et fragile qui se laisse porter au fil de l'eau et remplit le garde-manger de la grande machinerie salée qui recouvre 70 % du globe.

Dans l'indifférence presque générale : « Le malheur du plancton, c'est que l'on n'en fait pas des peluches comme les ours blancs ou les dauphins. Pour s'en faire une idée, je prends souvent l'image d'un grenier. Posez-vous sous le vasistas quand le soleil donne dessus. Vous verrez de la poussière. Eh bien, la mer, c'est votre grenier. Et cette poussière qui vole, c'est le plancton. On ne le voit nulle part et il est partout. Partout vraiment : vous connaissez les falaises d'Étretat ? C'est du plancton. Quand vous buvez un verre de champagne extrait d'un terroir crayeux, vous pouvez avoir une pensée pour lui ».

Lui faire un cadeau

Comment lui rendre hommage ? « En ne l'oubliant pas. Que faire pour le plancton ? C'est bien plus facile que pour les baleines à bosse. Pour une baleine, vous pouvez pétitionner mais pour le plancton, chacun peut agir à son niveau. Dans mon jardin, au lieu de balancer mes déchets au ruisseau, je me fais un compost, je fais un cadeau au plancton ». Et je n'oublie pas que le monde est une poissonnerie. Pas une cochonnerie.

Pour en savoir plus sur la situation planétaire