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Cette actualité a été publiée le 22/02/2011 à 22h33 par Tanka.


LE MINISTÈRE DE L'AGRICULTURE COURT APRÈS LE BIO

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Le ministère de l'Agriculture court après le bio

 
Le Grenelle de l'environnement a fixé à 6 % la part des surfaces agricoles françaises à consacrer au bio d'ici 2012. Un objectif ambitieux.

Marché porteur, agriculteurs toujours plus nombreux à se “convertir” : le bio a le vent en poupe. En un an, l'agriculture biologique s'est ainsi étendue de 17 000 à quelque 20 000 exploitations en France pour occuper, début 2011, 2,6 % de la surface agricole utilisée (SAU) de l'Hexagone. Une progression régulière mais toutefois encore insuffisante en comparaison avec les 6 % fixés par le Grenelle de l'environnement à l'horizon 2012.

La faute, dénonce la Fédération nationale d'agriculture biologique (Fnab), à des “déséquilibres persistants” en faveur de l'agriculture conventionnelle. “Les moyens ne sont pas là”, regrette son président, Dominique Marion, qui dénonce la baisse du “crédit d'impôt bio” aux agriculteurs en conversion que vient d'imposer le ministère. “Passer au bio suppose un accompagnement financier soutenu pour pallier les baisses des rendements les deux premières années”, insiste Philippe Colin, porte-parole de la Confédération paysanne, qui demande au ministre Bruno Le Maire de “revoir financièrement sa copie”, sinon “les agriculteurs n'auront aucun intérêt à se convertir”.

Pourtant, la Rue de Varenne a multiplié les actions en faveur du bio depuis 2008. “En 2011, 84 millions d'euros accompagneront la production biologique, contre 71 millions d'euros en 2010”, fait savoir le ministère, qui détaille : 50 millions d'euros seront distribués pour le maintien de l'agriculture biologique et 34 millions pour l'aide à la conversion.

“Le bio supposant davantage de technicité, nous avons développé la formation aux exploitants tant en formation initiale qu'en formation continue”, précise Éric Allain, directeur général des politiques agricole, agroalimentaire et des territoires au ministère. Plusieurs BTS et licences professionnelles sur l'agriculture bio ont ainsi été créés dans les lycées agricoles.

Efforts tardifs

L'Institut national de l'origine et de la qualité (Inoq) et l'Agence bio ont par ailleurs vu leurs missions renforcées. Le premier est un établissement public administratif chargé de veiller aux cahiers des charges des agriculteurs et au respect des labels bio, la seconde est un groupement d'intérêt public qui oeuvre en faveur du développement et de la promotion de l'agriculture biologique.

“Le ministère, l'Inoq et l'Agence bio valorisent les projets et structurent la filière en organisant les circuits de collecte et de transformation”, résume Éric Allain. Pour le directeur général, cette politique volontariste permettra de tenir l'objectif de 6 % du Grenelle. D'autant plus que le gouvernement s'est fixé l'objectif, pour 2012, de 20 % de produits bio dans la restauration collective publique dépendant de l'État.

Ces efforts importants de soutien à la filière sont certes reconnus par les syndicats, mais ils interviennent tardivement au regard de l'engouement déjà ancien du grand public pour le bio. Au point qu'ils paraissent aujourd'hui largement insuffisants pour équilibrer l'offre de production à la demande des consommateurs. “Le ministère doit s'intéresser davantage à la demande, observe Jean-Luc Lemétayer, l'ancien président de la FNSEA. Et puisque la demande pour le bio est forte, il doit donner les moyens au monde agricole de dépasser les 6 % fixés au Grenelle.”

Mais une telle ambition a un coût et les caisses de l'État, dit-on, sont presque vides. Question de priorités, répond en substance la Fédération nationale d'agriculture biologique. “Il faut que Bruno Le Maire ose y aller, exhorte son président, Dominique Marion, en marquant un soutien moins appuyé à la filière conventionnelle.” Du côté des syndicats, on s'accorde à dire que le monde agricole, pourtant réputé conservateur, est prêt à ce basculement vers le bio. Alors, il n'y a plus qu'à...
 

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Auteur : Sylvain Henry

Source : www.acteurspublics.com

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