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Cette actualité a été publiée le 26/01/2010 à 22h41 par Tanka.


LE MILLIARDAIRE QUI ACHÈTE LA TERRE POUR SAUVER LA PLANÈTE

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Le milliardaire qui achète la terre pour sauver la planète

Information recueillie par Tanka

En Argentine, dans le sanctuaire de Los Esteros del Ibera, l'Américain Douglas Tompkins, fondateur de la marque Esprit, affronte les fermiers pour rendre leurs exploitations à la nature sauvage.

La péninsule d'Ibera est un bout du monde. Peuplée de carpinchos (capybaras), - une variété de rongeur au corps d'ourson - de caïmans et d'oiseaux rares, cette contrée vaste comme dix fois la Camargue, forme un royaume lagunaire dont le prophète est un milliardaire philanthrope.

L'Américain, Douglas Tompkins, 66 ans, rachète les terres cultivables du sanctuaire de Los Esteros del Ibera, l'«eau qui brille» dans la langue des Indiens Guaranis, pour les convertir en un parc national de 1,3 million d'hectares. Il acquiert les unes après les autres les fermes d'élevage et les démantèle. Il retire le bétail, démonte les barbelés, laisse à l'abandon les rizières pour rendre les terrains aux espèces en voie d'extinction. Le seigneur des marais veut réintroduire des espèces disparues comme le fourmilier et peut-être un jour le jaguar. Une utopie qui suscite la méfiance et l'hostilité parmi les petits exploitants agricoles de la Mésopotamie argentine.

À Esteros del Ibera, chaque camp défend sa vision de la nature. Celle des autochtones partis en croisade contre le nabab «yankee» est traditionaliste. Ils combattent pour continuer à exploiter leurs terres comme ils l'entendent. Celle de Douglas Tompkins et de sa femme, Kristine McDivitt, est universelle. Le couple est convaincu que la course à la consommation conduit à la catastrophe. «Nous les humains, nous nous construisons un magnifique cercueil dans l'espace appelé planète Terre», affirme-t-il. L'ex-homme d'affaires américain, fondateur des marques de vêtements Esprit et The North Face et son épouse, ancienne patronne de la firme Patagonia, se sont reconvertis en pionniers de l'écologie «profonde», une philosophie new âge. Leurs partisans en pantalon de toile plissée et chapeau à bord large de gaucho n'hésitent pas à descendre dans la rue à cheval lorsqu'il s'agit de protester devant un tribunal contre la construction d'un barrage par un grand propriétaire.

Voici peu, le conflit a pris une tournure politique. Un groupe de députés allant des nationalistes péronistes à la gauche a monté, sans succès, une campagne au Congrès pour confisquer les biens de Douglas Tompkins au nom de l'intérêt supérieur de la nation. Le magnat a riposté en précisant qu'il était disposé à léguer sa réserve à l'État dans quinze ou vingt ans...

«Le gringo veut dicter sa loi»

Douglas Tompkins n'en est pas à son coup d'essai. Il s'est déjà offert des fjords déchiquetés sur les côtes de Patagonie et des forêts sur les flancs de volcans au Chili. Ses parcs publics ou privés représentent aujourd'hui un territoire de la taille de la Corse.

Ex-skieur olympique, Douglas Tompkins tombe amoureux de l'Amérique du Sud en grimpant les cimes enneigées du Chili. En 1979, sa fibre environnementaliste se traduit par la création d'un parc de séquoias sur le toit de l'immeuble d'Esprit à San Fransisco. Dix ans plus tard, il vend ses entreprises. Le roi de la fringue a entre-temps découvert Arne Naess, un gourou de l'écologie radicale, mort l'an dernier à 96 ans, qui prêche l'abandon de la société techno-industrielle. Le voilà dans les habits d'un sauveur de la planète. «La vague en faveur de l'environnement ne s'arrêtera pas. Les problèmes écologiques naissent de la notion erronée selon laquelle les humains sont prioritaires alors qu'ils doivent arriver en second», assure Douglas Tompkins.

Dans les marais argentins, son quartier général de Rincon del Socorro se niche au milieu d'une immense propriété. Équipé d'une piste d'atterrissage pour son avion personnel qu'il aime piloter, il abrite une équipe de techniciens chargés de mettre en musique ses projets. «Les terres se dégradent en raison du surpâturage et de la culture intensive du riz. L'objectif est de les transformer en parc», explique Sebastien Cirignoli, le biologiste de la maison. Le milliardaire promeut une reconversion de l'économie locale dans l'écotourisme. Il donne l'exemple avec l'ouverture d'un hôtel de luxe sur la pelouse de sa résidence et de complexes touristiques dans le village voisin de Colonia Carlos Peligrini.

En quelques années, la petite bourgade habitée par des familles d'ouvriers agricoles s'est transformée en «Tompkins City». Le philanthrope qui emploie une centaine d'habitants dans sa compagnie, la Conservation Land Trust (CLT), subventionne les gardes-forestiers, la mairie, les projets sociaux.

Source : lefigaro.fr


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