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Le littoral breton sous la menace du béton - Le Vrai d'UFO's ;o)

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Cette actualité a été publiée le 29/08/2011 à 00h30 par geof.

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Le littoral breton sous la menace du béton

 
2730 kilomètres de plages, des petites criques, de landes, de falaises... La côte bretonne fait l'objet de très fortes convoitises. Un port ici, une usine de dessalement là, une grande surface un peu plus loin : les projets ne manquent pas. Pour les contrer, des associations, élus et écrivains se mobilisent.

Locquirec, Finistère. Depuis la route de la Corniche, pas une maison, mais, à perte de vue, la grève découverte par la marée. Des chaos de rochers affleurent entre les trous d'eau, les vasières, les herbiers, les bancs de sable et de galets. Non loin, vers le couchant, un grain noir comme l'encre s'annonce derrière la pointe de Beg-an-Fry.

Juste le temps de courir se mettre à l'abri au Caplan, le petit bistrot-librairie adossé au talus, et de s'abîmer, devant un café, dans la contemplation des rafales qui fouettent la baie vitrée. Quand soudain, sans crier gare, le soleil, perçant sous les nuages, repeint tout à neuf... Miracle sur mer !

Ici, comme dans tant d'autres sites tout au long des 2 730 kilomètres du chemin des douaniers qui, de falaises en pouliers et de plages en abers, fait le tour de la Bretagne, on touche à la beauté du monde. Pour combien de temps encore ?

Le littoral breton n'est pas la Côte d'Azur. Mais ici aussi, pour voir la mer et se la garder pour soi, la pression est forte. De la part des Bretons eux-mêmes, qui lui avaient longtemps tourné le dos, et surtout des neuf millions de touristes qui débarquent chaque année. Face à cette manne – qui ne dure qu'un mois par an –, les spéculateurs salivent, et des élus s'égarent. Ces derniers, souvent pour de louables intentions, comme « créer de l'emploi », « favoriser le commerce », « améliorer l'accueil ». Mais une fois le permis signé, les pelleteuses dans la lande, le béton pris, la verrue est là, à jamais.

“Non à la Breizh Riviera !
Non au tourisme hors-sol !”

Et rien n'y fait : ni les contraintes de la loi littoral qui, depuis 1986, réglemente (en principe) tout aménagement dans les communes du bord de mer, ni les recommandations européennes en matière de protection des oiseaux et des zones humides, pas même les études sur les attentes des touristes, qui aprécient « cette ambiance un peu rude et authentique qui fait le sel de ce pays », comme le dit Michael Dodds, directeur du comité régional du tourisme.

Citant les propres mots de son patron, Jean-Yves Le Drian, président de la Région, il insiste : « Non à la Breizh Riviera ! Non au tourisme hors-sol ! » Pourtant, en suivant le trait de côtes, on en croise des projets trop gros, trop chers, et qui pour longtemps risquent de marquer le paysage...

A l'entrée de la baie de Morlaix (Finistère nord), l'anse du Diben, sur la commune de Plougasnou, n'est peut-être pas la plus belle ni la plus intacte. Bordée de maisonnettes « de style breton », elle ne manque cependant pas de charme avec sa jetée mal fichue qui abrite une douzaine de chalutiers, ses petits bateaux à l'ancre couchés sur le flanc à marée basse et ses hauts-fonds, rendez-vous, l'hiver, des oiseaux migrateurs. C'est là, au bout de la baie, où la roche affleure, que depuis trente ans couve l'idée de creuser un port de plaisance. (...)

Ce n'est pas gagné, d'autant que le port a ses opposants. Déter­minés, mais constructifs, à l'image d'Eric Robillot, responsable de ­l'Association pour un petit port breton sympa : « Nous sommes tous ­persuadés que la baie du Diben ga­gnerait à être aménagée, mais en douceur. Il y a, derrière la digue, en cassant quelques cailloux, la possibilité de créer pour beaucoup moins cher un petit port de trois cents places que les plaisanciers partageraient avec les pê­cheurs. »

L'écrivain Michel Le Bris, un voisin, s'emporte aussi contre ce qu'il considère comme une absurdité : « Plutôt que de soutenir cinq cents micro-initiatives dont cinquante donneront quelque chose, nos élus préfèrent engloutir de grosses sommes dans des infrastructures bien voyantes qu'ils peuvent inaugurer devant la presse locale. En l'occurrence, un parking à bateaux qui, pour beaucoup, ne sortiront que trois jours par an ! »

“Pendant qu'on s'empoigne sur le port, on oublie
le véritable scandale breton : les algues vertes,
dues à l'agriculture intensive.”

(...)

 


 

A moins de cinq cents mètres du rivage, les bulldozers
s'activent sur une future grande surface de bricolage.

A Belz (Morbihan), en revanche, c'est trop tard. Les aménageurs ont gagné. Malgré le recours déposé par l'association les Amis des chemins de ronde, ils ont pu entamer les travaux d'un de ces équipements qui, avec les ronds-points, constituent, en Bretagne comme ailleurs, la plaie de nos entrées de villes et de villages : une zone commerciale.

De grosses boîtes aux enseignes criardes. Sur douze hectares, en plein dans la lande, à proximité d'un dolmen classé et à moins de cinq cents mètres du rivage, les bulldozers s'activent sur une future grande surface de bri­colage, alors qu'il en existe déjà deux – à Lorient et à Auray – à moins de quinze kilomètres.

Au-delà de la laideur intrinsèque de ces installations, il y a là de quoi se poser des questions sur la validité de leur modèle économique et la pérennité des emplois qu'elles sont censées créer. Qu'en restera-t-il dans quinze ans ? Des friches en campagne et des centres-villes encore plus déserts ?...

Seule consolation : les défenseurs de l'environnement avaient réussi à faire classer en « arrêté de biotope » une petite parcelle de quelques milliers de mètres carrés où, sous les pins, poussaient des asphodèles – des fleurs protégées. Las ! c'est justement sur cette surface libre car épargnée par le chantier que l'entreprise a garé ses camions. Les asphodèles ont perdu.

 
Pour lire l'article dans sa totalité, cliquez ici

 

Un article de Luc Le Chatelier, publié par Telerama

 

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Auteur : Luc Le Chatelier

Source : www.telerama.fr

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