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Cette actualité a été publiée le 12/12/2011 à 20h27 par Tanka.


LE LABEL "SANS OGM" FAIT DÉJÀ POLÉMIQUE

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Le label "sans OGM" fait déjà polémique

 
Le décret permettant de signaler des viandes ou biscuits sans OGM est sur le point d'être publié. Certains utilisent déjà cet argument marketing.

Après l'annulation du moratoire en France (lire ci-dessous), la question des organismes génétiquement modifiés (OGM) va s'inviter au supermarché. Le décret relatif à l'étiquetage des aliments sans OGM doit être publié "d'ici à la fin décembre", a indiqué la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) à La Tribune.

Compte tenu des délais d'entrée en vigueur, il devrait s'appliquer au 1er juillet 2012. Objectif : donner la possibilité aux industriels de signaler les produits animaux nourris sans OGM - porc, volaille, oeufs, poissons d'élevage - mais aussi les aliments "contenant des ingrédients d'espèces végétales concernées par les OGM" comme les biscuits à base de lécithine de soja.

En France, l'étiquetage est déjà possible pour le maïs, le soja et certains produits dérivés (tofu, lait de soja...) Mais certains n'ont pas attendu la loi pour apposer plus largement ces mentions. Carrefour revendique depuis un an 350 références de produits à sa marque estampillées "nourri sans OGM", notamment la viande de porc. Des industriels de la volaille, comme Loué ou Duc, font de même.

La démarche profite du vide juridique actuel mais agace les pro-OGM. "L'étiquetage "positif" [signaler les produits végétaux contenant plus de 0,9% d'OGM est obligatoire, Ndlr] nous semblait suffisant", déplore-t-on chez Initiatives Biotechnologies Végétales (IBV), un groupement d'organisations semencières. Car estampiller une côte de porc ou un poulet "sans OGM" est d'abord un argument marketing. Même s'il est difficilement chiffrable.

Surcoût

Au Brésil, les acheteurs industriels paient une prime de 5 à 10% par tonne de soja certifié sans OGM. "Le surcoût est en partie amorti lors des étapes suivantes de transformation, et il s'inscrit souvent dans d'autres démarches, type bio ou label rouge. Mais un poulet de Loué peut être vendu 30% plus cher qu'un produit non étiqueté", explique Charles Pernin, de l'association de consommateurs CLCV. "Un jambon de marque Carrefour - nourri sans OGM - est vendu à un prix comparable aux autres marques nationales", indique Lionel Desencé, directeur qualité en charge des affaires scientifiques de l'enseigne. Soit tout de même 15 à 30% plus cher que les marques distributeurs non étiquetées.

Surtout, la mesure reste controversée. "Une fois le maïs ou le soja ingérés par l'animal, il n'y a plus trace du gène modifié !", rappelle l'IBV. Et comme 75 à 80% du soja importé en France pour nourrir les animaux est génétiquement modifié, les Français consomment depuis longtemps de la viande nourrie aux OGM... sans problème particulier. "Ce n'est pas qu'une question sanitaire. La motivation des consommateurs peut aussi être liée au type d'agriculture en jeu", rétorque Olivier Andrault, chargé de mission alimentaire chez UFC-Que choisir. Pour sa part, l'IBV souligne que "dans les pays où le consommateur a le choix, il choisit massivement le produit le moins cher. OGM ou pas !"

INTERVIEW de Michael Doane, vice-président de Monsanto, en charge de l'agriculture durable : "Monsanto n'a pas de projet d'OGM en France à court terme"

En France, le Conseil d'État a annulé le 28 novembre dernier le moratoire sur la culture du maïs MON 810 de Monsanto. Cette décision doit vous réjouir...

J'en suis très satisfait. Elle confirme notre position, selon laquelle les agriculteurs devraient avoir partout la possibilité de choisir la semence qu'ils souhaitent utiliser. C'est aussi la reconnaissance d'une disposition réglementaire [l'arrêt de la Cour européenne de justice de septembre qui condamnait le moratoire français, Ndlr] basée sur des fondements scientifiques.

Les agriculteurs français peuvent donc acheter des semences de maïs génétiquement modifié MON 810 ?

Nous restons bien sûr à l'écoute de nos clients. Mais Monsanto n'a pas de projet en France à court terme dans les OGM. Il est selon nous trop tôt pour prendre position et recommencer à vendre nos semences. Nous devons d'abord évaluer la politique française en la matière.

La France n'est pas le seul pays à être réticent sur cette question. Pourquoi les citoyens européens ont-ils un problème avec les OGM ?

La question n'est pas là. L'Europe dispose d'une législation claire en ce qui concerne les OGM. Tout ce qui devait être fait de ce point de vue l'a été. Le problème est que les États membres ne font pas respecter cette législation, alors qu'ils devraient la mettre en oeuvre car elle se base sur des fondements scientifiques. Ce n'est pas un enjeu pour les citoyens ou les consommateurs. La question est de faire respecter par l'Europe ses propres lois.

Le maïs MON 810 est tout de même interdit dans six autres pays européens (Allemagne, Hongrie, Luxembourg, Grèce, Autriche et Bulgarie)...

Les OGM sont utilisés dans 29 pays, ils représentent 10 % des surfaces cultivées mondiales et ont un historique d'utilisation sûre. Prenez l'exemple du Brésil : il y a dix ans, la politique de ce pays n'était pas claire. Le nouveau gouvernement a mis en place une politique basée sur les connaissances scientifiques, comme en Europe. Mais lui l'a faite respecter.

Résultat : nous avons beaucoup investi dans ce pays et en 2010, nous avons développé un trait OGM spécifiquement pour le marché brésilien. Être sûr de la politique menée par les États est essentiel pour pouvoir nous y développer.
 

Un article de Audrey Tonnelier, publié par La Tribune
 

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Auteur : Audrey Tonnelier

Source : www.latribune.fr

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