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Cette actualité a été publiée le 24/05/2010 à 19h52 par Tanka.


LE JOURDAIN , PEUT-ÊTRE BIENTÔT UN SOUVENIR

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Le Jourdain , peut-être bientôt un souvenir

Le fleuve du Proche-Orient pourrait se tarir l'an prochain, selon l'ONG Les Amis de la Terre. Les experts, moins pessimistes, reconnaissent que son état est inquiétant

Non loin de Jéricho, en Cisjordanie, au bout d'une petite route défoncée, un soldat israélien ouvre à l'occasion le cadenas d'une grille donnant accès au site de Qasr-El-Yahoud, entouré de champs de mines et de rouleaux de fil de fer barbelé.

Le Jourdain, qui charriait il y a un siècle jusqu'à 1,3 milliard de mètres cubes d'eau douce par an dans l'embouchure toute proche de la mer Morte, n'est plus ici qu'un mince filet d'eau boueux et malodorant où les pèlerins s'immergent pieusement. Selon un récent rapport des Amis de la Terre, le fleuve, surexploité, n'est alimenté chaque année sur son cours méridional que par 20 millions de mètres cubes d'eaux polluées et pourrait carrément disparaître dès 2011.

« Faux », répond le service hydrologique d'Israël, selon lequel 100 à 200 millions de mètres cubes d'eau douce par an se déversent en moyenne dans le bas Jourdain . À la pointe sud du lac de Tibériade, l'eau est endiguée et filtrée sur un kilomètre, au barrage de Degania, puis bloquée à celui d'Alumot (deux ouvrages construits à l'époque du mandat britannique en Palestine). Installé en aval dans ses bureaux du kibboutz Beit Hachita, Ramon Ben Ari, directeur de l'Office régional du drainage, reconnaît néanmoins que « l'état du fleuve est déplorable ».

Mais il précise que les 20 millions de mètres cubes évoqués par les Amis de la Terre seront bientôt purifiés grâce à un plan directeur lancé en 2009. Il prévoit l'aménagement d'une zone touristique et la création d'une usine de traitement des eaux usées de la région et des eaux salées captées dans le lac. Une station d'épuration, également en construction, nettoiera en outre l'or bleu des torrents arrosant les kibboutz du secteur, notamment le Nahal Haroud.

Le Jourdain sert pour l'heure encore de canal d'évacuation
À sa sortie du lac de Tibériade, après un court périple en territoire hébreu, le Jourdain franchit en larges méandres 320 km dans une vallée encaissée bordée par la Cisjordanie occupée et la Jordanie. De part et d'autre, serres, cultures maraîchères et palmeraies se profilent à perte de vue. Mais, malgré le traité de paix israélo-jordanien de 1994, la frontière reste délimitée par la « barrière de sécurité », parfois submergée par de violentes crues, comme en février 2003.

En Israël, les eaux vertes du fleuve apparaissent brièvement au détour d'un virage, et l'unique lieu où on peut y tremper les mains est « l'îlot de la paix » de Naharaïm. L'équipe de Ben Ari est donc limitée dans son action, car elle n'a pas accès aux rives du Jourdain en Cisjordanie – la région relevant de l'administration militaire israélienne.

Toujours est-il que le Jourdain sert pour l'heure encore de canal d'évacuation, où se déversent les égouts de quelque 370 000 riverains, dont les 40 000 habitants de la ville de Tibériade. « Malheureusement, vu l'impasse prolongée des négociations de paix israélo palestiniennes, la coopération régionale est au point mort », déplore un responsable de l'Autorité pour l'eau qui siège à Tel-Aviv. Selon lui, la Jordanie a ainsi récemment décliné une offre du Japon pour le financement des travaux de restauration d'un vieux pont et d'un antique pont romain.

Chacun voit midi à sa porte. La Syrie retient presque toutes les eaux du Yarmouk au barrage d'Al Wahda (« l'union ») et n'est guère généreuse avec ses voisins de Jordanie, où les robinets sont souvent à sec en été. Pour Israël, de son côté, il n'est pas question de cesser de pomper dans le lac de Tibériade, aussi appelé mer de Galilée ou Kinereth (« violon ») à cause de sa forme.

Israël y ponctionne chaque année 500 millions de mètres cubes d'eau
L'État hébreu y ponctionne chaque année quelque 500 millions de mètres cubes, dont 50 millions d'eau potable au profit de la Jordanie, conformément à une clause des accords de paix. C'est son principal réservoir naturel, puisqu'il pourvoit au tiers de ses besoins grâce aux turbines d'un immense canal de dérivation, bâti il y a quatre décennies, qui parvient jusqu'aux confins du désert du Néguev (sud). Le reste est puisé dans la nappe phréatique et les ressources de surface.

Bon an, mal an, la Compagnie nationale des eaux Mekorot, véritable État dans l'État avec ses 2 000 employés, veille à la bonne gestion des disponibilités. Mais, après trois ans de sécheresse, le lac est dans le rouge. Impossible de siphonner au-delà, car le taux de salinité du lac augmenterait dangereusement, avec des conséquences dramatiques pour l'environnement et la biodiversité.

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Auteur : Joël DAVID

Source : www.la-croix.com