Le grand retour des expéditions naturalistes - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 19/11/2009 à 19h32 par Jacques Dusens.


LE GRAND RETOUR DES EXPÉDITIONS NATURALISTES

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Le grand retour des expéditions naturalistes

Information sélectionnée par Jacques

La France renoue avec les grandes expéditions scientifiques pour recenser de nouvelles espèces animales et végétales. Deux programmes importants viennent de démarrer : « La Planète revisitée », soutenu par le Muséum national d'histoire naturelle, et le voyage autour du globe de la goélette « La Boudeuse ».

Avis aux nostalgiques des cabinets de curiosités : à cause de l'urgence climatique et de la pression sur les espèces, le recensement de la biodiversité s'accélère. « L'engouement du public pour la biodiversité a révélé la masse d'ignorance des scientifiques sur le sujet. Après des décennies de purgatoire, les missions naturalistes sont donc de retour pour remplir les vitrines. Or, avec le contingent encore inexploré du vivant, le champ exploratoire est considérable », considère Olivier Pascal, directeur des programmes de l'ONG Pro-Natura International.

Pour inaugurer l'année internationale de la biodiversité, c'est au Mozambique que ce botaniste, rompu à la logistique des grandes explorations naturalistes, a décidé d'aller tendre ses filets ce mois-ci. Accompagné de 25 scientifiques pendant cinq semaines, il ratissera une « zone blanche » (encore inexplorée), d'environ 20.000 kilomètres carrés avec l'ambition de dresser un inventaire exhaustif de la flore et de la faune de la région.
25 sites mondiaux prioritaires

Au nord-est du pays, les forêts côtières de Cabo Delgado figurent parmi les 25 sites mondiaux prioritaires pour la conservation et sont considérées comme l'un des 10 écosystèmes d'Afrique les plus menacés de disparition. « Elles offrent une chance unique de comprendre la formation d'une mosaïque végétale sans doute reliquaire des forêts préglaciaires, détaille le botaniste. En perçant les mystères de ce réservoir du vivant, on saura comment certains écosystèmes complexes favorisent l'explosion de la vie. »

Un second volet exploratoire réunissant une quinzaine de chercheurs et de techniciens placés sous la direction de l'océanographe et systématicien Philippe Bouchet, appareillera au printemps prochain de l'extrême sud de Madagascar.

L'objectif sera de caractériser au moins 2.000 espèces animales et végétales (sur 235.000 répertoriées au total dans les océans) en draguant les hauts fonds d'une enclave maritime connue des collectionneurs de coquillages pour la présence remarquable d'eaux froides dans l'environnement tropical de l'océan Indien.

Les deux campagnes, labellisées par le Muséum d'histoire naturelle sous le programme « La Planète revisitée », nécessiteront 2 millions d'euros de budget collectés auprès de plusieurs fondations. « C'est une chance pour la famille de chercheurs en voie de disparition que nous formons », témoigne un taxonomiste de l'université d'Aix-Marseille, l'une des rares en France à former de jeunes docteurs à cette discipline désuète.

Collecter le vivant, identifier, classer, compter, comparer les espèces... C'est d'abord aux Etats-Unis que les chercheurs ont dépoussiéré le genre. Sous l'impulsion du biologiste Dan Janzen, un vaste programme baptisé « All Taxa Biodiversity Inventory » a été lancé en 1998 dans le Great Smoky Mountains National Park, au sud des Appalaches.

Chaque année, le chercheur parvient à lever entre 250.000 et 400.000 dollars pour enrichir sa collection de lichens, d'insectes et autres gastéropodes. En dix ans, son équipe a ainsi découvert près de 6.000 espèces nouvelles dans le périmètre du parc, dont 874 étaient jusqu'alors inconnues de la science.
« Zones blanches »

Ces résultats conduisent d'autres équipes de chercheurs sur le terrain. « L'exploration physique et géographique de la planète est achevée. Nous entrons maintenant dans l'âge d'or de l'exploration biologique », parie Olivier Pascal. Sur la carte planétaire de la biodiversité, les « zones blanches » représentent encore neuf dixièmes de la surface du globe. Seulement 1,8 million d'espèces a été répertorié à ce jour, soit probablement moins de 20 % de ce qui reste à découvrir.

La conquête de l'or vert s'organise d'abord à l'Est, « La Mecque de la biodiversité », selon Philippe Bouchet, qui est également directeur de l'unité de taxonomie du Muséum national d'histoire naturelle à Paris. En 2006, l'expédition Santo qu'il avait coorganisée était présentée comme la plus ambitieuse mission scientifique de collecte du vivant. Elle avait permis d'échantillonner plusieurs milliers de spécimens au coeur d'un réservoir vierge du Pacifique-sud. Presque 160 chercheurs originaires de 25 pays avaient contribué au succès de la campagne consignée dans 300 pages de description de nouvelles espèces

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