Le Grand Orion - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 05/12/2009 à 01h08 par Michel WALTER.


LE GRAND ORION

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Le Grand Orion

Photo de la constellation d'Orion, sélectionnée par Michel

Poème de Gérard Manset

La mort d'Orion (extrait du début)

Où l'horizon prend fin,
Où l'oeil de l'homme jamais n'apaisera sa fin,
Au seuil enfin de l'univers,
Sur cet autre revers,
Trouant le ciel de nuit
D'encre et d'ennui
Profond,
Se font et se défont les astres.

Par delà les grands univers
Où les colonies de la terre
Prolifèrent
Et dans la grande nébuleuse noire
Dont, voici dix mille ans, fut l'histoire.

Depuis qu'ils cheminaient par dix et cent de milles
Pour délaisser la terre et ses anciennes villes,
Depuis qu'ils voulaient voir
Ce peuple fou, ailé, la nébuleuse noire,
Depuis donc et déjà tant de siècles passés
Qu'ils avaient délaissé
La terre,
Ce peuple solitaire
S'éprit de ses vestiges
Et voulu en revoir la tige.

Or, pendant que coulaient
Tous ces millions d'années
Sur la planète mère,
Les survivants damnés
Redoraient le parvis
De leur vie,
Cependant que croulait interminablement
Un bruit de poussière et de vent
Et que s'affaissait le béton
Que coulait le peuple d'Orion.

On a vu bien d'autres étoiles depuis,
Allumées comme au fond d'un puits.
Sur Orion que la mort attend,
Un prêtre fait asseoir les hommes à genoux
Et le peuple incompris
Prie.

Orion ne reverra plus jamais le pays
Et la lune, sa soeur, aura bien loin d'ici
Des ailes.
Les cieux comme un taudis,
Privés de leur dentelles
Baissent les yeux

Au milieu des cerisiers blancs,
Sur son cheval,
Le prêtre a des ciseaux d'argent.
Il a les mains couvertes de papier doré
Et le devant de son visage est décollé.

Les grands arbres se dressent, les yeux mouillés
Et leurs cheveux comme des tresses
Qui cachent le soleil,
Les fleurs sont comme des oreilles, décollées.

Nous,
Même si nos membranes fragiles
Nous rendent un peu moins agiles
Ensemble,
S'il faut venger nos morts,
S'il faut souffrir encore,
Nous incinèrerons leurs corps
Si on veut de nous encore, encore,
Si on veut de nous encore, encore.

Et l'autel est dressé
Sur ses deux mains, sur ses bras blessés,
Regardant vers le nord,
Les mains tendues comme une plante carnivore.

Et du plus loin que l'on entende les rires
Déjà morts au sortir de leur bouche de cire,
Il faut les laisser faire.
Ce ne sont que des mammifères
Dans ce monde de prose
Où rien ne tient quand on le pose.

Nous,
Même si nos yeux sont trop clairs,
Nous retournerons sur la terre
Ensemble.
Nous franchirons les mers
De notre planisphère,
Reprendrons nos mines de fer
Si on nous laisse faire,
Si on nous laisse faire.

Nous,
Même si nos membranes fragiles
Nous rendent un peu moins agiles
Ensemble,
S'il faut venger nos morts,
S'il faut souffrir encore,
Nous incinèrerons leurs corps
Si on veut de nous encore,
Si on veut de nous encore.

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