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Cette actualité a été publiée le 14/12/2010 à 16h07 par Mich.


LE GAZ DE SCHISTE, NOUVEAU POISON ?

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Le gaz de schiste, nouveau poison ?

Les couches de schiste, de par leur composition feuilletée, renferment d'importantes quantités d'hydrocarbures. Celles-ci ne manquent pas d'intéresser les géants du secteur...

Pour leurs fournitures en hydrocarbures, de plus en plus de pays se tournent vers l'extraction des gaz dits de schiste, une catégorie particulière de gaz naturel. Une manne économiquement séduisante mais potentiellement dévastatrice sur le plan environnemental.

A travers des slides interactifs, nos confrères d'Owni se sont attachés à montrer comment l'exploitation des gaz de schiste, sous son apparente simplicité, dissimule de graves dangers sanitaires pour la population.

Le principe de cette technique est assez basique. On commence d'abord par forer un puits pour atteindre une couche de roche appelée schiste, laquelle se situe entre 2 300 et 3 000 mètres de profondeur.

Ledit schiste est ensuite consolidé avec des coffres en béton et on y place une charge explosive pour fracturer cette couche où se trouve justement le gaz. Reste ensuite à le faire remonter. C'est le rôle du liquide de fracturation, propulsé à 600 bars de pression dans le puits et qui doit pousser le gaz vers la surface.

Une recette aussi secrète que celle du Coca-Cola

Ce liquide suscite bien des interrogations, à plus forte raison parce qu'il est mis au point par la société Halliburton – dont les négligences dans la marée noire du golfe du Mexique ont été pointées par les experts.

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Car c'est sur le chemin de la remontée des gaz que les dégâts peuvent survenir. A chaque fracturation de la couche de schiste, pas moins de 7 à 15 000 m3 d'eau sont nécessaires dans la composition du liquide .

Or la moitié tout au plus remonte à la surface. Des fissures peuvent par ailleurs apparaitre dans le coffre de béton, d'où des échappements de gaz et de liquide de fracturation qui se retrouvent ensuite dans les nappes phréatiques et dans les robinets des habitations...

Chaque fracturation s'accompagne aussi d'une séparation des gaz et de l'eau remontée à la surface. Les gaz recueillis sont alors séparés des autres composants dans un condensateur, ce qui occasionne la fuite de vapeurs d'hydrocarbures – dioxyde de carbone, monoxyde et dioxyde d'azote et autres gaz à effet de serre (GES). La gabegie écologique nécessite enfin la mise en place d'un ballet de centaines de camions, ce qui n'arrange en rien l'état de l'atmosphère...

Malgré tous les secrets et accusations qui tournent autour de cette technique, celle-ci semble promise à un bel avenir. Elle n'est, pour l'heure, que l'apanage de l'Amérique du Nord, mais un projet de prospection géant a été lancé depuis le début du printemps dernier en France, dans une zone s'étendant de Montélimar (Drôme) à Montpellier (Hérault)...

Trois permis exclusifs ont été signés par Jean-Louis Borloo en personne pour explorer 10 000 kilomètres carrés de terres. Une « fleur » aux groupes français Total et à l'entreprise américaine Texan Schuepbach.

Montée des doutes

De l'autre côté de l'Atlantique, l'Agence américaine de protection de l'environnement a esquissé un début de révolte en demandant à un producteur de gaz de schiste, Range Resources, de fournir de l'eau potable à de nombreuses personnes dans le Texas, en raison de la pollution de la nappe aquifère dans cette région, une responsabilité sans surprise rejetée par l'intéressé.

Le Colorado, autre Etat où la technique se développe, voit de son côté son sol criblé de points blancs, symbolisant tous les puits de gaz de schiste qui se développent – à peu près un tous les 200 mètres !

Le Canada, lui, s'interroge sur la viabilité économique et écologique de cette invraisemblable entreprise. Les terres de l'Alberta, déjà mises à très rude épreuve avec les gisements pétroliers des sables bitumineux, n'échappent cependant pas à son extension.

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Si cette technique s'étend dans nos contrées, elle ne manquera pas de transgresser quelques règles, le Grenelle de l'environnement ayant fixé pour objectif de « garantir l'approvisionnement durable en eau de bonne qualité propre à satisfaire les besoins essentiels des citoyens ».

Un point capital qui entre en contradiction avec les pratiques des acteurs du gaz de schiste, ce à trois niveaux : l'utilisation de quantités astronomiques d'eau pour les différentes fracturations, la pollution des nappes phréatiques en raison des fissures et, plus localement, la sécheresse endémique qui frappe la Drôme et l'Ardèche.

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Auteur : Gwendal Perrin