Le dernier combat de Geronimo - #WikiSurTerre

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Cette actualité a été publiée le 05/05/2011 à 10h51 par Tanka.


LE DERNIER COMBAT DE GERONIMO

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Le dernier combat de Geronimo

 
Geronimo ne repose pas en paix. Cent ans après sa mort au camp militaire de Fort Sill en Oklahoma, son esprit, assurent ses descendants, continue d'errer sans fin. Faute d'un enterrement convenable de sa dépouille mortelle ; faute d'un retour sur la terre même de sa naissance, près de l'arbre où fut déposé son cordon ombilical, aux sources de la rivière Gila, à l'ouest du Nouveau- Mexique.

"Cette idée me tourmente et continue de m'obséder, affirme Harlyn Geronimo, arrière-petit-fils du guerrier apache, et chef de file des gardiens de sa mémoire. Comment accepter l'idée que le plus grand guerrier indien de tous les temps, celui qui, jusqu'au bout, défendit sa terre, son peuple, sa liberté, sans jamais être vaincu, ne puisse achever sereinement le grand cycle de sa vie ? Nous lui devons une sépulture conforme à ses souhaits. Cent ans après sa mort, il est urgent de le libérer."

Un court silence. Puis cette annonce : "Avec dix-neuf autres descendants directs, j'ai attaqué en justice le président américain ainsi que les secrétaires à la défense et aux armées afin d'obtenir le transfert des restes de Geronimo sur sa terre natale. J'espère un résultat avant la fin de l'année."

Le ton est calme, le regard droit, pénétrant comme une lame. Et l'on cherche spontanément une ressemblance avec la première photo connue de l'aïeul, en 1884, fusil en main, mâchoire serrée, l'oeil perçant. Et l'homme en est heureux qui, invité exceptionnel de la 25e Heure du livre au Mans (Sarthe) puis de l'université du Maine les 10, 11 et 12 octobre, entend porter très haut la bannière de cet arrière-grand-père dont l'aura a illuminé son enfance et auquel il a rendu hommage dans un joli livre écrit par Corine Sombrun (Sur les pas de Geronimo, Albin Michel, 2008).

N'a-t-il pas été bercé par les récits d'Iteeda, l'une des épouses de Geronimo, dont la vie fut assez longue - elle est morte en 1954 - pour transmettre à cet arrière-petit-fils, né en 1947, un petit bout de la légende ? Et n'a-t-il pas reçu d'elle bien plus que des souvenirs : le pouvoir, les connaissances et la culture des chamans ?

"Disons que je connais les plantes et que je sais soigner, dit Harlyn Geronimo. Je maîtrise aussi les prières et je peux officier dans les cérémonies apaches. Et puis je fais des rêves, des rêves prémonitoires."

Il raconte que, dans la nuit du 10 au 11 septembre 2001, un rêve le conduisit à réveiller sa femme pour lui décrire une vision apocalyptique de New York qu'il retrouva, avec horreur, le lendemain, sur les écrans de télévision. Mais il lui arrive aussi de recevoir, dans ses rêves, les réponses aux questions posées dans une prière. Un don commun avec Geronimo. "C'était un chaman de guerre que l'on consultait avant les combats. Ses rêves lui dictaient la conduite à adopter pour gagner ; parfois, ils le prévenaient des attaques-surprises des Blancs. C'est ce qui le rendait quasiment invincible."

Invincible et mythique. Les parachutistes américains - notamment pour le Débarquement en Normandie - ont fait de Geronimo un cri de guerre qu'ils hurlaient en se jetant dans le vide. La vie du chef apache a été portée maintes fois à l'écran. Sa tombe, dans l'Oklahoma, est devenue une attraction touristique, au point que certains s'inquiètent de la voir déménager. Harlyn en est conscient qui juge ironique cet enthousiasme à récupérer une figure que l'armée américaine, en son temps, n'eut de cesse d'exterminer. Geronimo lui-même s'en étonnait, quand, retenu prisonnier les vingt dernières années de sa vie, il a vu débarquer des touristes avides de s'approprier les objets dont les Apaches se servaient, et prêts à payer un bon prix pour son chapeau, son arc, son carquois, pourvu qu'il y appose sa signature. Même à son époque, alors qu'il ne possédait rien et voyait sa famille et son peuple disparaître, décimés par la maladie, son nom valait de l'or.

"Pour sa parade inaugurale en mars 1905, raconte Harlyn, le président Theodore Roosevelt l'a fait défiler à cheval sur la grande avenue de Washington. Les spectateurs lançaient leurs chapeaux en criant "Hourrah pour Geronimo !" Ce fut lui la vedette du jour !" Mais quand, quelques jours plus tard, il supplia "le Grand Chef blanc" de le libérer afin de le laisser mourir sur sa terre natale, Roosevelt fut intraitable. Et Geronimo s'éteignit, après une ultime tentative de fuite, 1 000 kilomètres à l'est des sources de la Gila.

Si la moitié de la puissance qui remplit le monde de terreur, si la moitié de la richesse accordée aux armées et aux tribunaux étaient consacrées à sauver l'esprit humain de l'erreur, on n'aurait besoin ni d'arsenaux ni de forts.

dernières paroles de Géronimo en 1909 : j'attends que les choses changent.

 

Un article publié par Le monde

 

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Source : www.lemonde.fr

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