Le déclin alarmant du phytoplancton - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 19/09/2010 à 07h42 par Frédéric Lepers.

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Le déclin alarmant du phytoplancton



Pour la première fois, une étude permet d'affirmer que les océans perdent environ 1 % de leur plancton végétal chaque année.

Le phytoplancton se raréfie, et pour la planète, c'est une très mauvaise nouvelle. Car ces microscopiques végétaux marins qui vivent en suspension dans l'eau sont « le carburant de l'écosystème marin », rappelle Daniel Boyce, de l'université Dalhousie à Halifax (Canada).

Avec son équipe, il a compilé un demi-million de données remontant à 1899 pour obtenir ce résultat chiffré : globalement, la masse de plancton végétal recule d'environ 1 % par an en moyenne dans huit des dix régions océaniques.

Depuis 1950, 40 % a disparu. Avec d'importantes variations régionales. Seul l'océan Indien enregistre une augmentation, pour une raison ignorée.

Or, le phytoplancton constitue une source majeure de production de l'oxygène que nous respirons et un des principaux puits du carbone que nous émettons.

C'est aussi la base de la chaîne alimentaire de toute la vie océanique, des minuscules organismes du zooplancton aux grands mammifères marins (baleines...), en passant par les oiseaux de mer et la plupart des poissons.

Pour étudier l'évolution du phytoplancton sur une large période, Daniel Boyce a utilisé les mesures recueillies grâce à un instrument très simple, le disque de Secchi.

Inventé en 1885 par Pietro Angelo Secchi, ce disque de 20 cm de diamètre, coloré en quatre quarts alternativement blancs et noirs, est attaché à une corde et plongé dans l'eau jusqu'à ce qu'il disparaisse à la vue. Reste à mesurer alors la longueur de la corde.

Des milliers de mesures de turbidité dans les océans ont depuis été effectuées. Plus il y a de phytoplancton, moins les eaux sont claires : la corrélation est étroite.

Les conclusions de l'étude sur un siècle recoupent parfaitement les observations satellitaires plus récentes, lesquelles ne pouvaient cependant donner de tendance puisqu'elles ne sont accumulées que depuis une décennie.

Selon les mesures, cette diminution de la présence de phytoplancton est associée à une température plus élevée des eaux de surface.

La principale hypothèse émise pour expliquer ce recul incrimine donc le réchauffement climatique.

Explication : la différence de température entre la surface et les couches inférieures empêche le brassage des eaux. D'où une moindre remontée des nutriments présents en profondeur. Lesquels constituent une nourriture indispensable au plancton.

Ce schéma est à vérifier et devrait rapidement faire l'objet de travaux complémentaires, c'est du moins ce que plaide l'équipe canadienne.

REPERES

Le phytoplancton regroupe des organismes très divers, de la bactérie à la cellule de 1 mm et aux colonies gélatineuses de plusieurs millimètres. La plupart sont de véritables plantes qui fabriquent leur matière organique par photosynthèse.

Diatomées, cyanobactéries et haptophytes constituent les principales familles du phytoplancton.

Le phytoplancton stocke trois milliards de tonnes de carbone contre 600 milliards pour les plantes terrestres et notamment les arbres.

Base de la chaîne alimentaire, il assure tous les ans 45 % environ de la fixation du CO2 en carbone organique qui sera ensuite absorbé par les poissons.

 

Pour en savoir plus sur la situation planétaire

 

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Auteur : Loïc Chauveau

Source : www.sciencesetavenir.fr

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