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Cette actualité a été publiée le 25/02/2010 à 12h50 par Tanka.


LE DÉBAT PUBLIC SUR LES NANOTECHNOLOGIES N'A PAS FAIT BOUGER LES POSITIONS

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Le débat public sur les nanotechnologies n'a pas fait bouger les positions

La séance de clôture du débat national sur les nanotechnologies, mardi 23 février, à la Maison de la chimie à Paris, aura été la plus calme des réunions tenues depuis quatre mois. Echaudés par la contestation, les organisateurs s'étaient prudemment cantonnés à un public choisi de deux cents invités, composé principalement d'experts. De leur côté, les opposants au "nanomonde" avaient préféré tenir un débat alternatif, au même moment et à Paris, mais au siège de la Coordination des intermittents et précaires –, les lieux aussi sont symboliques.

Tirant le bilan de cette consultation, Jean Bergougnoux, président de la Commission particulière du débat public, a reconnu les difficultés d'une opération commanditée par "un maître d'ouvrage polycéphale" (pas moins de sept ministères), mais qui n'a pas la maîtrise des orientations stratégiques sur ce dossier, celles-ci relevant du niveau interministériel. D'ici à deux mois, la Commission remettra à ces ministères un rapport de synthèse qui sera rendu public et qui, assure M.Bergougnoux, traduira la diversité des positions.

Celle, tranchée, des Amis de la Terre, qui réclament un moratoire général sur les nanotechnologies, y compris sur leur usage médical, considéré comme le "cheval de Troie" – parce que le moins suspect de constituer une menace – de ces technologies invasives. Celle, plus modérée, du réseau associatif France Nature Environnement (FNE), favorable à un moratoire partiel sur certains nanomatériaux ou nanoparticules, aujourd'hui mis sur le marché sans que leur impact sanitaire et environnemental soit connu.

Ou celle, sans réserves, des plus fervents partisans des systèmes miniaturisés susceptibles de réduire la consommation d'énergie, de rendre les panneaux solaires plus performants, de stocker efficacement l'hydrogène des piles à combustible ou d'améliorer les procédés d'épuration des eaux.

"UNE SIMPLE MISE EN ORDRE"

Les préoccupations exprimées au fil des réunions, telles que les rapporte la Commission, n'offrent guère de surprises par rapport aux contributions fournies dès le départ par les groupements professionnels, les organisations syndicales ou les associations de défense de l'environnement et des consommateurs. Elles distinguent entre les applications usuelles, informatiques et médicales des nanotechnologies.

Dans le premier cas, qui touche à la vie quotidienne (alimentation, produits de beauté, vêtements, automobiles, produits d'entretien...), l'accent est mis sur l'insuffisance des études sur la toxicologie et l'écotoxicologie des nanoparticules: 3% seulement des budgets publics de recherche sur les nanotechnologies leur sont aujourd'hui consacrés, l'essentiel des financements allant au développement des produits. S'agissant des usages informatiques, les craintes tournent davantage autour des libertés individuelles, mises en danger par de futurs dispositifs de surveillance indétectables, capables de pister les citoyens à la trace.

Quant au domaine médical, il fait naître l'espoir de nouvelles approches thérapeutiques (imagerie plus précise, nanomédicaments plus sélectifs, traitement des troubles neurodégénératifs comme la maladie de Parkinson), mais aussi redouter des interventions sur le cerveau visant, par des implants, à créer des "plus qu'humain", ou des "hommes augmentés".

"Ce sont les décisions que le gouvernement prendra à la suite de ce rapport qui permettront de juger si le débat a été utile", souligne le président de la Commission. Celle-ci ne formulera pas de recommandations – ce n'est pas la vocation d'une telle consultation –, mais une simple "mise en bon ordre des arguments".

Par Pierre Le Hir - Source : lemonde.fr

Information recueillie par Tanka

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