Le dauphin, expert en acoustique - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 10/08/2011 à 22h28 par Fred.

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Le dauphin, expert en acoustique

 
Sans être exceptionnellement intelligent, l'ancêtre terrestre des cétacés a spécialisé son cerveau dans le traitement des ondes sonores.

Fans de « Flipper », à vos mouchoirs : le dauphin n'est peut-être pas l'animal étonnement intelligent que le laissait supposer le feuilleton star des années 1960. « Depuis l'antiquité, on idéalise les capacités cognitives des cétacés », estime aujourd'hui Fabienne Delfour, une des meilleures spécialistes de l'espèce, directrice des programmes de recherche au delphinarium du parc Astérix.

De récents travaux ont mis à mal bon nombre de lieux communs. Le dauphin n'est pas un maître nageur sauveteur de marins à la dérive ; il ne combat pas les requins chasseurs de surfeurs ; c'est un piètre soldat, plus enclin à prendre le large qu'à obéir aux missions de minage ; il ne parle pas aux hommes, pense à manger plus qu'à jouer et n'essaie pas de tirer la manche des shérifs pour rattraper de dangereux criminels...

« Ce sont en revanche de formidables imitateurs, y compris dans le registre vocal », constate Maddalena Bearzi, une autre spécialiste des dauphins, présidente de l'Ocean Conservation Society.

L'indice de céphalisation (IC) du biologiste Harry Jerison, qui rapporte la taille du cerveau à celle du corps, classe les cétacés derrière l'homme et les grands singes. Mais de subtiles nuances distinguent leurs anatomies : alors que le cerveau des primates s'est développé en plusieurs lobes, dotés chacun de fonctions propres qui se recoupent, celui des dauphins présente de nombreuses circonvolutions étagées, un cortex plus mince et des zones pariéto-temporales plus fournies.

« Ce cerveau est une réponse adaptée aux dures contraintes du milieu marin », estime le docteur Laurie Marino, qui a passé le crâne du cétacé au crible de l'imagerie IRM. Sa conviction est faite : « Le système neuronal du dauphin est un engin spécialisé pour le traitement de l'information acoustique qui laisse peu de place à d'autres fonctions. »

Sonar et localisation

Ce que les dauphins perçoivent du monde extérieur provient de leur sonar. L'animal produit des sons dans sa cavité nasale qu'il transforme et amplifie dans un tissu graisseux (le melon) placé devant. L'écho des ondes émises (des ultrasons, mais aussi des infrasons, ce que l'on sait depuis peu sans savoir encore quelle est leur fonction) est reçu dans une partie de la mandibule inférieure reliée à l'oreille interne connectée au cerveau par le nerf auditif.

Avec cet instrument sommaire, le dauphin perçoit plus de son environnement que nous le faisons avec nos cinq sens. Il localise avec une précision redoutable tout ce qui vit dans ses parages mais également la densité de toutes choses dont il déduit de précieuses informations. Il peut aussi pénétrer l'intimité des organismes comme le ferait une échographie, mesurer le niveau d'excitation ou de stress de ses partenaires, et interagir avec ses congénères dans une organisation sociale complexe et intégrée.


 

En suivant une petite communauté d'une soixantaine de dauphins pendant huit ans dans les eaux de Nouvelle-Zélande, David Lusseau et Mark Newman ont ainsi confirmé que les échanges sonores régissaient l'organisation d'un réseau social très structuré composé, entre autres, de groupes en rapport avec l'âge et le sexe et d'intermédiaires (en général des femelles) qui leur servent de lien pour permettre la cohésion de l'ensemble.

Mais cela signifie-t-il qu'il soit intelligent ? De récents travaux sur les « sifflements-signature » jettent le trouble parmi les sceptiques. On connaît ces sons depuis les années 1960, mais on n'a compris que récemment leur utilité. « Une partie de cette fréquence est héritée de l'apprentissage maternel, une autre est propre à chaque individu, explique Fabienne Delfour. Les dauphins s'en servent comme nous le faisons de notre nom et de notre prénom pour s'interpeller ou signaler leur présence, même en l'absence de visibilité. »

La chercheuse a donc eu une idée : enregistrer et utiliser cette signature pour appeler individuellement chaque sujet du delphinarium. « C'est incroyable, constate-t-elle, car on croyait que cette capacité à distinguer la musique et le rythme d'une identité était le propre de la culture humaine. »

Une autre observation récente intrigue les chercheurs : dans les eaux australiennes, plusieurs femelles ont été vues portant une éponge conique sur leur rostre pour fouiller le fonds abrasif sableux à la recherche de nourriture. « Les dauphins sont connus pour adapter leur stratégie de chasse, mais c'est la première fois qu'on les voit utiliser un objet, et transmettre son usage à d'autres membres du groupe », s'émerveille Maddalena Bearzi.

Ce comportement marque-t-il une nouvelle étape de l'espèce vers la conquête d'une forme d'intelligence évoluée ? C'est peu probable, répondent les généticiens. Alors, quelle est l'intelligence du dauphin ? « Il faut la situer dans une triade entre l'éléphant, les grands singes et le chien », estime Fabienne Delfour.

 

DIAPORAMA Ces animaux qui nous ressemblent

 

Un article de PAUL MOLGA, publié par lesechos.fr

 

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Auteur : PAUL MOLGA

Source : www.lesechos.fr

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