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Cette actualité a été publiée le 09/02/2010 à 22h00 par Phil.


LE CUIR, UNE INDUSTRIE ALLIANT CRUAUTÉ ET POLLUTION

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Le cuir, une industrie alliant cruauté et pollution

Issu du tannage de la peau d'animaux d'élevage (vaches, moutons, chèvres, kangourous, autruches, crocodiles...), le cuir est un matériau issu de la souffrance animale mais aussi humaine lorsque cette industrie est délocalisée dans des pays du tiers monde.

De plus, la fabrication du cuir est à l'origine d'importants problèmes environnementaux.

Cuir et souffrance animale

L'industrie de la viande et du cuir fonctionnent souvent de pair et constituent à eux deux, un lobby de poids.

Le cuir représente en moyenne 40% des profits tirés d'un animal, parfois bien plus lorsque ces animaux sont essentiellement élevés pour leur peau comme les crocodiles ou certains serpents par exemple.

En portant du cuir, nous cautionnons des pratiques d'élevage industriel faisant fi de la souffrance animale. Le transport des animaux vers l'abattoir s'effectue dans des conditions atroces la plupart du temps et l'abattage, même s'il a été soumis à de nombreuses réglementations en France reste extrêmement violent.

De plus, les peaux sont également achetées en masse à des pays qui sont beaucoup moins regardant en quant aux conditions de transports et d'abattage des animaux.

Cuir et élevage riment avec problèmes environnementaux.

L'élevage industriel est à l'origine de très importantes pollutions, aux nitrates notamment et il joue un rôle majeur dans le réchauffement climatique.

Non seulement l'élevage bovin industriel - au Brésil, on compte par exemple plus de 164 millions de têtes de bétail, une production essentiellement destinée à l'exportation - rejette de titanesques quantités de méthane, un gaz à effet de serre, contribuant au réchauffement climatique mais il est également à l'origine d'une déforestation massive.

En Amazonie, on déboise pour créer de nouvelles zones de pâturages mais également d'immenses monocultures de soja dont les tourteaux viendront alimenter le bétail du monde entier et notamment français.

Le tannage pollue les rivières et les nappes phréatiques

Les tanneries utilisent une importante quantité d'eau et de composés chimiques (pour certains toxiques) afin de façonner, assouplir et teinter les peaux avant leur commercialisation.

Les 3700 entreprises européennes concernées sont aujourd'hui soumises à plusieurs directives et au règlement REACH afin de diminuer l'impact sur l'environnement des émissions de gaz, de boues chromées et des autres polluants.

Néanmoins, pour contourner ces mesures environnementales, cette industrie n'hésite pas à délocaliser dans des pays où la législation est au mieux plus laxiste au pire inexistante.

L'industrie du cuir délocalise pour mieux polluer

De nombreuses tanneries sont installées en Tunisie ou au Bengladesh par exemple et leurs activités posent des problèmes environnementaux et sanitaires majeurs.

Diverses enquêtes ont montré que les produits chimiques, un cocktail d'environ 300 substances différentes dont nombreuses sont toxiques, sont rejetées après utilisation directement dans les cours d'eau avoisinants.

Il n'existe aucun traitement des déchets qui sont déversés dans les rivières dont l'eau sert à arroser les cultures au Bengaldesh par exemple. En Tunisie, sur 440 entreprises, seules 2 possèdent un système d'épuration.

De plus, ces tanneries n'offrent peu ou aucune protection aux travailleurs (parfois des enfants) qui barbotent à longueur de journée dans les produits toxiques.

La plupart souffrent de graves problèmes de santé et au Bengladesh, on estime que 90% des ouvriers ne dépasseront jamais les 50 ans.

Dans ce pays, on exporte chaque année l'équivalent de 141 millions d'euros de peaux tannées, majoritairement vers l'Europe afin d'alimenter une industrie de la chaussure et de la maroquinerie bon marché.

Pour One Voice, l'industrie cruelle du cuir et son impact social et environnemental sont inacceptables, c'est pourquoi l'association en appelle au public pour qu'il cesse de la cautionner.

De plus, des alternatives éthiques et écologiques existent.

Source : One-voice

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