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Cette actualité a été publiée le 10/10/2009 à 18h19 par Tanka.


LE CORAIL MENACÉ PAR LA FAMINE

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Le corail menacé par la famine

Information recueillie par Tanka.

L'Homme rejette de plus en plus de dioxyde de carbone dans l'atmosphère. En contribuant au réchauffement climatique, le CO2 menaçait déjà les coraux en favorisant leur blanchiment, mais à l'avenir, il le fera aussi en les affamant. Des chercheurs de l'Université du Queensland ont montré qu'un taux élevé de CO2 et l'acidification des eaux pourraient détruire les algues symbiotiques des coraux.

Les coraux dépendent à 99% de l'apport nutritif de leurs symbiontes, des micro-algues appelées zooxanthelles. Sans elles, c'est la mort assurée. Tout ce qui affecte ces micro-algues et leur photosynthèse rendra les coraux plus vulnérables au blanchiment, aux maladies et à toute autre menace.

L'équipe des docteurs Alicia Crawley et Sophie Dove, du Centre d'Etudes Marines de l'Université du Queensland, a découvert qu'en exposant les zooxanthelles aux taux prévus si les émissions de carbone ne sont pas contenues, la production d'une certaine enzyme est réduite de 50%. Cette enzyme tient un rôle clef dans la protection des symbiontes (l'algue) face aux rayonnements solaires et, sans elle, le stress oxydatif causé entrave la photosynthèse et donc leur capacité à nourrir leur hôte, le corail. Quand cela persiste, le corail expulse ses zooxanthelles, c'est le phénomène de blanchiment. S'il ne récupère pas rapidement des zooxanthelles fonctionnelles, le corail meurt de faim.

CO2: le double effet kisscool

Même si la photosynthèse des micro-algues peut profiter de taux de CO2 un peu plus élevé, ce n'est pas le cas au rythme actuel des rejets de dioxyde de carbone. Les chercheurs affirment que ce nouvel impact est indépendant du réchauffement climatique (chaleur, élévation du niveau de la mer) et qu'il est causé uniquement par les taux de CO2 et l'acidification des eaux. Rappelons que l'acidification a deux origines, les pluies acides dues aux émissions industrielles et la dissolution du CO2 dans l'eau avec la formation d'ions HCO3- et CO32-, mais surtout de H+, responsable de l'acidité. Il semblerait que ces deux phénomènes soient liés, le premier favorisant le second.

Cette combinaison négative risque d'exacerber les autres effets du changement climatique, d'aggraver les risques de blanchiment et d'affecter les quelque cinq cents millions d'individus qui dépendent du corail (pêche, tourisme, protection contre les vagues). « C'est une autre bonne raison de réduire nos émissions » assène A. Crawley. Cette enzyme n'est qu'un des éléments affectés par les taux de CO2, d'autres le seront sûrement, il faut que « les dirigeants australiens agissent dès à présent pour s'attaquer au problème du changement climatique. Le futur de nos récifs coralliens en dépend ».