Le climat comme arme - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 05/10/2010 à 21h38 par Fred.

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Le climat comme arme


L'histoire troublante de la géoingénierie

Existe-t-il une solution technologique au réchauffement climatique?

Où pourrions-nous placer un «thermostat planétaire» et qui en contrôlerait les paramètres?

L'histoire longue et tragicomique du contrôle climatique –celle des faiseurs de pluie, des détraqueurs de nuages et des guerriers du climat– nous démontre à quel point de telles idées sont tirées par les cheveux.

Introduire dans la stratosphère une dose d'acide sulfurique pour transformer un beau ciel bleu en ciel blanc neige ne semble pas être une très bonne idée, pas plus que de balancer du lisier dans l'océan afin que des algues s'y développent et lui donne une belle couleur vert sombre.

Une forêt globale d'arbres artificiels?
Entasser pour toujours des quantités massives de dioxyde de carbone sous nos pieds?
Une flottille de navires pompant de l'eau de mer vers les nuages?
Tout cela semble très très très improbable...

La géoingénierie du climat mondial n'a jamais fait l'objet de test, ne peut en faire l'objet, et ses conséquences pourraient défier notre imagination tant elles sont potentiellement dangereuses.

John von Neumann, mathématicien et pionnier en la matière, nous en a formellement averti en 1955.

Répondant à la fois aux fantasmes américains d'utiliser le climat comme une arme et aux délires soviétiques visant à modifier l'Arctique afin de réhydrater la Sibérie, il exprima son inquiétude face aux «effets secondaires extraordinaires» que de telles démarches pourraient entraîner, sur une échelle difficile à imaginer et impossible à prévoir.

«Tenter de modifier la température de la Terre ou la circulation générale de l'atmosphère, déclara-t-il, entraînera une interdépendance et des conflits d'intérêts pour toutes les nations d'une ampleur qui dépassera la menace nucléaire ou toutes les conséquences de guerres passées.»

À ses yeux, toute tentative de contrôle du climat et de la météo ne pouvait qu'entraîner des ruptures dans les relations naturelles et sociales, provoquant des formes de conflits jusqu'alors inimaginables.

De telles manipulations auraient altéré la planète entière et anéanti l'ordre politique établi.

De fait, l'histoire nous offre une perspective riche d'enseignements face à un défi qui pourrait sans cela nous apparaître comme sans précédent.

La géoingénierie est depuis longtemps dans les tuyaux.

Dans les années 1950, le prix Nobel Irving Langmuir voulait provoquer des tempêtes contrôlées dans tout le Pacifique.

Dans les années 1960, les Russes déclarèrent la guerre au permafrost et envisagèrent des méthodes pour vider l'Arctique de sa glace.

Une décennie avant que nous ne nous inquiétions de la couche d'ozone, dans les années 1970, un météorologue, Harry Wexler, avait identifié des réactions chimiques catalytiques pouvant dévaster la stratosphère –une potentielle «bombe au bromure».

Dans les années 1990, un comité de l'Académie Nationale des Sciences suggéra l'utilisation de pièces de marine (certaines portent à plus de 40km, NdT) pour tirer des sulfates dans la couche supérieure de l'atmosphère, ce qui coûterait moins cher que de réduire les émissions de carbone.

Les auteurs du vénérable Oxford Dictionnary se trompent lorsqu'ils tentent de définir la géoingénierie comme «la modification de l'environnement ou du climat dans sa globalité afin de renverser ou d'améliorer les changements climatiques».

Assigner un objectif spécifique à la géoingénierie n'a pas de sens et ce pour une première bonne raison: cette science n'existe pas encore. On peut au mieux parler de «spéculation géo-scientifique».

Deuxièmement, une pratique d'ingénierie définie par son échelle (géo) ne doit pas être limitée aux seuls effets positifs pouvant en résulter, comme le fait de renverser ou d'améliorer les changements climatiques.

(...)

Des techniques de manipulations à l'échelle planétaire, comme toutes les pratiques d'ingénierie, peuvent être utilisées à des fins positives ou négatives.

(...)

La géoingénierie est une science dangereuse.
Nous ne la comprenons pas, nous ne pouvons la tester à une échelle moindre que celle d'une planète et nous ne disposons pas hélas du capital, de la sagesse ou de la volonté politiques pour la gouverner.

(...)

Surtout, et de manière plus inquiétante, en transformant le bleu du ciel en blanc étincelant, le bleu foncé des océans en un vert profond, en atténuant la luminosité et en confiant le thermostat du globe à des bureaucrates et à des technocrates, la géoingénierie altèrerait de manière fondamentale la relation que l'homme entretient avec la nature.

Pour lire la totalité de cet article, cliquer sur "Source"

 

Pour en savoir plus sur la situation planétaire

 

........

 

Auteur : James Rodger Fleming, traduit par Antoine Bourguilleau

Source : www.slate.fr

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