Le chantre des populations indigènes a été élu dimanche président du Pérou - #WikiSurTerre

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Cette actualité a été publiée le 09/06/2011 à 18h08 par Tanka.


LE CHANTRE DES POPULATIONS INDIGÈNES A ÉTÉ ÉLU DIMANCHE PRÉSIDENT DU PÉROU

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Le chantre des populations indigènes a été élu dimanche président du Pérou

 

“La tâche sera difficile, mais je travaillerai à unir le peuple péruvien sans aucun type de discrimination.” La formule pourrait paraître bien anodine dans la bouche d'un président nouvellement élu, pressé de se faire reconnaître par tout un peuple et pas seulement par la cohorte de ses électeurs. Mais dans son premier discours “officiel”, prononcé à chaud devant quelques milliers de supporteurs réunis dimanche soir sur la plaza Dos de Mayo à Lima, Ollanta Humala, qui a remporté la présidentielle avec au moins 51,4% des suffrages contre son adversaire, Keiko Fujimori (droite), a fait mouche.

Plébiscité dans le centre, le sud et les zones les plus reculées du pays, le “guerrier qui voit tout” - traduction de son nom d'origine aymara - s'est fait le chantre des populations indigènes, principales laissées pour compte de la croissance péruvienne des dix dernières années (une moyenne de 5% l'an).

Quechuas. Ollanta Moisès Humala Tasso, 48 ans, candidat nationaliste de gauche sous la bannière du mouvement Gana Perú (le Pérou gagne), a été propulsé au Palacio del Gobierno, l'Elysée local, par un petit peuple d'origine indienne, majoritaire au Pérou (45% de la population) mais traditionnellement écarté des rouages du pouvoir au profit des métis et des Blancs. Le Pérou est en effet divisé entre la côte et les Andes, les espaces économiquement développés autour de la capitale, Lima, et les hauts plateaux et l'Amazonie peuplés d'Indiens quechuas et aymaras qui vénèrent encore le dieu Soleil de leurs ancêtres incas.

Cette fracture ethnique a permis à l'ancien militaire, qui s'était brièvement rebellé à la tête de son unité d'artillerie contre l'ex-président Alberto Fujimori (1990-2000) à la fin de son mandat, de triompher de sa rivale - fille aînée de ce dernier - censée représenter les intérêts de l'oligarchie locale. Souvent raciste et méprisante à l'égard des populations indigènes, cette élite n'hésite pas à parler ouvertement de la “mancha india” (la tache indienne) pour désigner les zones andines.

Dans les régions d'Arequipa, de Cuzco, de Huancavelica ou d'Ayacucho par exemple, toutes situées dans les montagnes, Humala réalise des scores souvent supérieurs à 75% au deuxième tour. A Puno (sud-est), il totalise même plus de 77%. C'est là, selon la tradition, que Manco Capac, le premier Inca, serait sorti du lac Titicaca sur les ordres du dieu Soleil pour fonder l'empire inca.

Mais au-delà des populations andines, Ollanta Humala a également su capitaliser les voix d'une intelligentsia du centre et de gauche, lassée des extrêmes disparités sociales et économiques du pays, fatiguée de deux législatures du très décevant Alan García (centre droit), et rétive à voir Keiko Fujimori prendre ses quartiers à la présidence. A 36 ans, elle était accusée de n'être qu'un clone de son père, qui purge actuellement une peine de vingt-cinq ans de prison pour violation des droits de l'homme et corruption durant ses deux mandats.(...)

Retraite. Francophile et père de trois enfants, Humala a étudié les sciences politiques à la Sorbonne en compagnie de son épouse, Nadine Heredia. Cette dernière dirige la branche jeunesse du Parti nationaliste péruvien (PNP), que le couple a fondé en 2005.

Dans son programme, le nouveau président affirme vouloir mieux répartir la richesse, taxer les profits miniers (or, argent, cuivre, zinc), lutter contre la corruption, augmenter les salaires et instaurer la retraite à 65 ans pour tous. Avant sa prise de fonction, en juillet, il devra forger des alliances au Parlement, où son parti ne dispose que de 47 sièges sur 130. Il lui restera ensuite à gérer l'immense attente sociale née de ses promesses de campagne et à vaincre l'extrême méfiance des marchés et du patronat local, inquiets du virage à gauche pris par le Pérou.
 

Un article publié par Icrainternational

 

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Source : www.icrainternational.org