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Le capitalisme met en cause l'idée de progrès - Demain l'Homme

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Cette actualité a été publiée le 24/04/2013 à 01h04 par mich.

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Le capitalisme met en cause l'idée de progrès

 

Être oublieux du monde naturel en détournant notre aptitude à transformer notre environnement dans le but de nourrir la finance et quelques privilégiés est une voie sans issue qui ne mène qu'à des catastrophes écologiques.

L' évolution des espèces a donné à la famille des hominidés puis en particulier aux homo sapiens la possibilité d'agir de plus en plus efficacement sur leur environnement, d'affiner leurs pensées et de communiquer de manière de plus en plus précise avec leurs congénères. Le propre de l'activité humaine est qu'elle s'accomplit par l'intermédiaire de deux médiateurs, l'outil pour les rapports êtres humains/nature et le signe pour les rapports avec les autres et avec soi-même.

En outre l'activité humaine se caractérise par son déploiement dans un temps long : l'anticipation, le projet, la mise en oeuvre attentive, l'analyse des résultats. Ces facultés ont permis aux êtres humains de franchir un saut qualitatif original dans le règne animal : la capacité de développer à l'extérieur de leur organisme individuel un monde d'objets matériels et spirituels, véritables concentrés d'activités potentielles. Avec ce développement, ils acquièrent la possibilité de s'émanciper peu à peu de leur déterminisme biologique et de transformer leurs capacités physiques et psychiques.

Le pire et le meilleur

Depuis l'homo sapiens, chaque génération a apporté sa contribution au grand chantier de l'humanité. Ce que nous sommes devenus et ce dont nous pouvons profiter actuellement, nous le devons à nos prédécesseurs et nos contemporains qui ont contribué à édifier l'histoire de l'humanité.

Songeons à tous les objets aussi bien matériels que spirituels qui constituent le monde de l'être humain : les outils dont nous nous servons, les expressions langagières que nous prononçons, les voies et les moyens de communication que nous empruntons, les infrastructures dont nous bénéficions, les lieux que nous habitons, les livres que nous lisons, les musiques qui nous enchantent, les concepts philosophiques qui fondent notre raisonnement, les organisations sociales qui nous entourent, les institutions qui participent à la gestion publique, les paysages ruraux et urbains que nous façonnons, les savoirs et savoir-faire que nous pouvons nous approprier...

Ils ont été pensés, imaginés, projetés, conçus, créés, construits, modifiés, recomposés, affinés, structurés, testés, parachevés, transmis, dispensés... par nos prédécesseurs et nos contemporains. Si la nature a produit homo sapiens, c'est l'humanité qui a produit l'Homme d'aujourd'hui, qui reste en perpétuel devenir.

Nous devons « assumer pleinement la responsabilité de prolonger l'hominisation biologique d'avant homo sapiens puis sociale jusqu'à aujourd'hui en une humanisation future de plus en plus civilisée, pleinement porteuse de sens pour l'ensemble des humains » (Lucien Sève) et respectueuse dans ses liens à la nature.

Lorsque le développement du monde de l'être humain est ainsi enchâssé dans un projet civilisationnel, l'idée de progrès devient véritablement la ligne d'horizon qui encadre toutes les activités humaines. Mais nous ne pouvons que constater la non-linéarité de l'histoire réelle de notre monde. Elle est pleine de ratés et même de reculs considérables parfois. Le pire y côtoie souvent le meilleur.

Nous sommes porteurs de deux en-communs fondamentaux, le monde naturel et le monde de l'être humain. Marx n'a jamais cessé de penser ensemble l'Homme et la nature et a vigoureusement dénoncé la rupture engendrée par le capitalisme de « l'interaction métabolique » entre la nature et les sociétés humaines.

Gommer cette unité dialectique et minimiser le monde de l'être humain en espérant retrouver ainsi les vestiges d'un éden primordial, est une dérive profonde qui a conduit à des drames majeurs. Être oublieux du monde naturel en détournant par exemple notre aptitude à transformer notre environnement dans le but de nourrir la finance et quelques privilégiés est une voie sans issue qui ne mène qu'à des catastrophes écologiques.

Le développement actuel des connaissances et des savoir-faire est véritablement inouï. Mais le monde, dans l'organisation capitaliste de la société, se fragilise considérablement et nous vivons la plus historique des crises de sens, signe manifeste que, d'une façon ou d'une autre, nous nous trouvons à l'orée d'une nouvelle civilisation.

« Il n'est pas de question plus importante à poser aujourd'hui que celle des buts des activités humaines : quelle humanité voulons-nous être, quel vivre-ensemble social voulons-nous édifier, vers quels horizons historiques voulons-nous nous diriger ? » (Lucien Sève) La nouvelle phase qui s'ébauche ainsi sous nos yeux pose l'alternative suivante :

- ou bien l'émancipation humaine, dans le respect des biens communs de l'humanité (le climat, l'air, l'eau, les forêts, les sols, les zones humides, les océans, la biodiversité, l'énergie... mais aussi, les réseaux informationnels, la culture...) et dans la vigilance soutenue exercée à l'égard de l'évolution des équilibres naturels, devient le but absolu de toutes les productions que nous engageons. Alors un monde où il fait bon vivre peut émerger ;

- ou bien c'est le productivisme qui l'emporte et nos sociétés se dirigent vers leur déshumanisation progressive, la déstabilisation non maîtrisée et la dégradation des écosystèmes, la marchandisation de l'être humain et de tout ce qui l'entoure, c'est-à-dire l'aliénation la plus totale et la fin de l'idée de progrès.

Il n'y a aucun automatisme, ni dans un sens ni dans l'autre. Le progrès n'est pas un don du ciel, c'est un combat. n

 

Roland Charlionet est chercheur à l'INSERM.

Luc Foulquier est ingénieur, chercheur en écologie à l'IRSN.


La Revue du projet, n° 23, janvier 2013

 

Un article de Roland Charlionet et Luc Foulquier, publié par mediapart.fr et relayé par SOS-planete

 

Ce post vous est transmis grâce au dispositif mis en place par l'équipe bénévole des lanceurs d'alerte de  

SOS-planete

 

N'acceptez pas le crime organisé ! Rejoignez la Force ! Apportez votre petite pierre à une évolution joyeuse, compatible avec la Vraie Vie...

 

 

Le site étrange qui dérange même les anges !

 

      

 

Auteur : Roland Charlionet et Luc Foulquier

Source : blogs.mediapart.fr

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Commentaires des internautes

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Commentaire laissé par penseurmaladif le 24/04/2013 à 10h46

Suite et fin.

Le progrès qui a fait de nous ce que nous sommes actuellement doit mettre un terme à son invasion, pour que l'homme puisse s'apporter de tous autres principes permettant de lui garantir un bien-être à tous les niveaux et en découvrant enfin l'harmonie absolue avec ce qui le sépare. Seule notre dignité collective peut nous réveiller de ce mauvais pas. C'est une bataille face à nos acquis qui ne pourra s'engager tant que nous régresseront en nous enfermant ainsi.

Commentaire laissé par penseurmaladif le 24/04/2013 à 10h45

Toute la chaîne du vivant est imbriquée dans une forme d'énergie continue, ce qui crée le support nécessaire pour que la vie puisse s'y incarner. Ainsi, tout ensemble du vivant (cellules végétales ou animales) entretient des rapports continus avec le non-vivant (oxygène, carbone,..)
Il n'existe aucun déséquilibre en son sens. Seule la conscience anime les contradictions à cet équilibre. Les langages que nous possédons apportent la culture nécessaire à l'élaboration de notre conscience, il en va de soi, mais elle dévie également de sa trajectoire la relation qu'entretient le vivant avec le non-vivant. De plus, elle induit la notion d'appartenance à un groupe, dissociant tout cet ensemble en des entités dénombrables variées et infinies. L'exemple le plus frappant dont l'humanité se doit d'en sortir avec le plus de courage possible est bien sûr l'économie, qui se basé sur ce principe, destituant à un ensemble de personnes les biens qui leurs appartiennent au bénéfice d'une élite qui dirige cette règle qui ne peut justement pas se révéler satisfaisante dès lors qu'elle s'applique. Cela ne peut qu'alimenter ainsi les inégalités et réduire les hommes à autoalimenter leurs déséquilibres, cela juste par des mécanismes purement arbitraires. Dans un tel contexte, il ne pourra certainement jamais exister une autre approche qui puisse véritablement engager l'homme à pouvoir s'émerveiller des choix qui lui incombe de réaliser. Dès lors et comme toujours, lorsque l'homme se retrouve face au mur, il n'engagera qu'à ce moment précis les actions nécessaires aux corrections de ses erreurs, soit par une nouvelle expérimentation, ou par nécessité vitale à son organisation. Fatalité ou choix forcé? Ni l'un ni l'autre si nous étions attentifs à ce qui nous rassemble.